06/07/2026
Plusieurs de nos membres ont trouvé blessant le message de Jean François Lisée à propos d'Haroun Bouazzi député de Maurice-Richard. On en a entendu parler à plusieurs reprises lors de la vente trottoir. On publie la réponse d'Haroun et on se retrousse les manches pour préparer nos prochaines activités publiques !
Il est des paroles qui nous habituent au pire, à l’indigence de la pensée, à la vulgarité. La parole de Monsieur Lisée est de celles-là. Je ne m’abaisserai pas à y répondre, par respect pour les engagements que je porte, pour les causes que je défends et pour les citoyennes et citoyens que je représente. C’est d’ailleurs à elles et eux, à nous, que je choisis de m’adresser. Parce que ce qui compte, c’est ce que nous refusons et refuserons de devenir sous l’influence et la pression des irresponsables.
En réalité, ce n’est pas moi que vise M. Lisée. Ce qui l’obsède, c’est ce que je représente dans son esprit, c’est ce que des millions d’entre nous représentons : un Québec qui pratique la rencontre dans la différence et qui refuse l’essentialisation. M. Lisée sait très bien quel imaginaire il convoque quand il lâche que je ne suis pas assimilable. Cette parole affligeante lui appartient, elle est le reflet d’une vacuité de la pensée qui ne mérite de se faire opposer aucun contre-argument. Mais il est particulièrement déplorable que cette sortie se fasse aujourd’hui, quelques jours seulement après nos dénonciations unanimes de ceux qui « se souviennent d’un Québec blanc » et qui nient, par le fait même, la présence antérieure et continue des Premiers Peuples sur le territoire que nous partageons. Cette présence est un fait, pas une opinion, et elle a des conséquences concrètes : un projet de constitution ne peut pas nier les droits des peuples autochtones. Tenter de le faire malgré tout, en violation de nos obligations internationales, constitue un projet assimilationniste. Ceci est un fait.
Un dernier fait, pour terminer. Que cela plaise ou non, je suis Québécois et je fais partie de la nation québécoise. C’est d’ailleurs à ce titre, en ma qualité d’élu de la nation, que je m’exprime.
Heureusement, les faits sont têtus.