06/05/2026
Portrait du Chez-Nous : Sylvain Lacoste
Depuis huit ans, Sylvain Lacoste accompagne les personnes aînées dans la maladie. Animé d’un réel intérêt pour l’être humain qui se trouve à ses côtés dans le petit habitacle de sa voiture, il s’intéresse à leur histoire. Sylvain porte une attention particulière à leur état d’âme et tente d’alléger leurs soucis du mieux qu’il peut, en leur insufflant une bonne dose de positivisme. Une denrée qu’il cultive précieusement, un peu comme le petit potager qui se trouve dans sa cour arrière.
Pendant les quelques heures que dure son accompagnement, Sylvain s’emploie à être totalement présent. Il diffuse autour de lui une énergie apaisante. Il devient plus qu’un simple chauffeur : il emprunte les traits rassurants d’un confident. Il dissipe l’isolement.
Car s’il est beaucoup question de maladie dans son travail d’accompagnateur bénévole, il est encore plus question de solitude. Mais la solitude ne désarçonne pas Sylvain. Elle lui est familière. Pendant trente-sept ans, comme préposé aux bénéficiaires à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, il a pu constater que les personnes aînées sont trop souvent laissées seules face à la maladie. C’est un peu comme si on avait oublié l’art de prendre soin de nos proches, pressés par nos obligations et par le temps qui s’écoule toujours un peu trop vite. Mais qu’à cela ne tienne, Sylvain n’a pas envie de faire la morale à qui que ce soit. Encore moins de devenir le porte-parole d’une cause. Il s’efforce simplement de faire une différence dans la vie des gens qu’il accompagne.
Pourquoi alors mettre tant l’accent sur la solitude? Tout simplement parce que Sylvain est lui-même un grand solitaire. La seule différence, c’est peut-être qu’il l’a choisie. Pour lui, elle est synonyme de liberté. Et pour la dompter, il s’est créé tout un univers.
Son appartement est peuplé de photos qui lui rappellent de beaux moments. Grand bricoleur, il y a érigé des poutres de bois qui témoignent de son amour pour les demeures ancestrales. Il marche tous les jours. Il prend soin de « sa » ruelle verte avec son voisinage. Il se cuisine de bons petits plats. Et surtout, il exerce son esprit à toujours voir le bon côté des choses. Car plus que les petites pilules prescrites par son bon docteur, c’est son état d’esprit qui lui assure une vie saine.