07/09/2026
Parmi les jeunes professionnels attirés par les promesses du Nord québécois à la fin des années 1920, le notaire Raoul Baillargeon incarne un parcours aussi prometteur que tragiquement bref.
Originaire de la Beauce, fils d’un marchand et industriel, Baillargeon entreprend des études classiques à Lévis avant d’obtenir sa licence en droit à l’Université Laval. Il choisit alors de tenter sa chance dans une région en pleine effervescence. En janvier 1927, il s’installe à Rouyn, comme en témoigne l’édition du 7 janvier 1927 de La Gazette du Nord, qui souligne également l’arrivée du notaire Proulx.
À son arrivée, il s’associe à un ami, Louis de Gonzague Champoux, avocat, avec qui il partage un bureau. Ensemble, ils s’inscrivent dans le mouvement de jeunes professionnels venus structurer la vie juridique de cette ville nouvellement en émergence.
Mais à peine quelques mois après son installation, le destin de Raoul Baillargeon bascule. Le 3 avril 1927, il décède de la typhoïde, une maladie encore redoutable à l’époque alors qu’il est âgé de 24 ans. À son chevet se trouvent sa mère, son ami Me Champoux ainsi que le maire de Rouyn, Joachim Fortin, témoignant de l’estime et du soutien qui l’entouraient malgré son passage éclair dans la communauté.
Sa mère ramènera sa dépouille en Beauce, où il sera inhumé au cimetière de Saint Martin. À Rouyn, plusieurs figures locales tiennent à lui rendre un dernier hommage : parmi les porteurs de son cercueil jusqu’au train se trouve notamment Me Frédéric Hébert, qui sera d’ailleurs au cœur de notre prochaine chronique.
La courte trajectoire de Raoul Baillargeon rappelle les réalités difficiles de la vie en région à cette époque, où les ambitions et les espoirs des pionniers pouvaient être brutalement interrompus. Malgré sa présence éphémère, il demeure l’un de ces jeunes bâtisseurs qui ont contribué, même brièvement, à jeter les bases de la pratique notariale en Abitibi.