09/09/2026
HÔPITAL DU SUROÎT | Réponse à M. Miguel Lemieux, maire de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield
Monsieur le maire,
Travailler en équipe est une très bonne idée! Depuis 2018, je travaille activement sur le dossier de l’hôpital du Suroît et c’est la première fois que je vous sens aussi interpellé par ce dossier de grande importance pour notre région. Est-ce en raison de votre allégeance au candidat du PQ? Sûrement? Bizarre que ce dossier ressorte en pleine campagne électorale!
Il y a un 200 millions de $ qui est prévu au Programme québécois des infrastructures et il y est toujours. Et c’est suite à mon travail que ce montant a été prévu au programme. Je vous rappelle que du temps où vous étiez au bureau de l’ancien député péquiste, le dossier n’a pas évolué comme il aurait dû. Je suis fier du travail accompli actuellement, mais il y en a encore et c’est pourquoi je souhaite continuer de représenter le comté de Beauharnois à l’Assemblée nationale en octobre prochain.
Sachez que j’ai encore et toujours à cœur l’avenir de l’hôpital du Suroît. Vous pouvez en parler au directeur général de Santé Québec Montérégie-Ouest.
Et il me ferait plaisir d’en discuter avec vous! La porte de mon bureau est toujours ouverte.
É𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗾𝘂é𝗯é𝗰𝗼𝗶𝘀𝗲𝘀 𝟮𝟬𝟮𝟲
𝗘𝗻𝗷𝗲𝘂 𝗻𝗼 𝟭 : 𝗜𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝘀𝗮𝘂𝘃𝗲𝗿 𝗹’𝗵ô𝗽𝗶𝘁𝗮𝗹 𝗱𝘂 𝗦𝘂𝗿𝗼î𝘁
Depuis plusieurs années déjà, notre communauté est le qui-vive concernant le futur de notre centre hospitalier une fois que l’hôpital-mammouth de Vaudreuil ouvrira ses portes. Une remarquable mobilisation citoyenne nous a d’ailleurs procuré une première victoire après avoir forcé l’ancienne direction du CISSSMO* à reculer sur l’infâme plan clinique qui avait été adopté en 2019.
Rappelons que ce plan prévoyait la délocalisation de 10 services de notre hôpital vers celui de Vaudreuil, tout en concentrant chez nous la psychiatrie et la gériatrie (avec du recul, c’est toujours aussi fascinant de réaliser à quel point on nous avait pris pour des imbéciles).
Depuis lors, la nouvelle direction est beaucoup plus à notre écoute et sensible à nos préoccupations. Je dirais même que c’est le jour et la nuit.
Mais ne nous racontons pas d’histoires : nous ne sommes pas sortis de l’auberge.
Sans intervention majeure, nos pires appréhensions sont malheureusement en voie de se concrétiser.
𝗢𝗻 𝘀’𝗮𝗽𝗽𝗿ê𝘁𝗲 à 𝘃𝗶𝗱𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝗵ô𝗽𝗶𝘁𝗮𝗹 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗲𝗻 𝗿𝗲𝗺𝗽𝗹𝗶𝗿 𝘂𝗻 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲
La preuve la plus éloquente : lors des premières vagues d’embauches pour le nouvel hôpital de Vaudreuil, la plupart des postes ont été comblés par des employés qui travaillaient déjà dans un autre établissement du CISSSMO, notamment dans notre propre hôpital.
Autrement dit, nous nous dirigeons vers une situation où l’on videra progressivement un hôpital pour en remplir un autre. Et dans cette histoire, nous serons les grands perdants.
Pourquoi?
Parce que le CISSSMO n’a toujours pas obtenu de Québec les outils nécessaires pour permettre à l’hôpital du Suroît de compétitionner avec un établissement plus grand et plus neuf situé à plus ou moins 30 minutes de voiture. Au contraire, plusieurs tentatives d’amélioration sont restées lettre morte depuis les dernières années.
Des exemples?
La subvention de 200 millions $ annoncée en grande pompe en 2022 pour la modernisation de l’urgence est demeurée sans suite. Le CISSSMO a reçu la directive de mettre le projet sur la glace. C’est là où nous en sommes 4 ans plus t**d.
Idem pour les 25 millions $ promis pour refaire le revêtement de l’hôpital et le rendre plus présentable. Les sommes n’ont finalement jamais été accordées.
Puis, il y a eu le dossier du couvent des Dominicaines.
La Ville avait conclu une entente avec le CISSSMO pour la vente de cet immeuble, idéalement situé à quelques mètres à peine de l’hôpital. Cette transaction aurait notamment permis d’y aménager une maison de naissances et d’y déplacer certains bureaux administratifs, libérant ainsi de précieux espaces dans l’hôpital pour les soins.
Rappelons d’ailleurs qu’à l’époque, ce bâtiment avait justement été acquis par la Ville sous l’administration de Denis Lapointe afin d’en faire une pièce maîtresse d’une cité de la santé et du savoir. Nous étions persuadés d’être enfin en mesure de concrétiser le projet. Malheureusement, Québec a refusé d’accorder au CISSSMO les sommes nécessaires et la vente est tombée à l’eau.
𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗻𝘃𝗲𝗿𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝘃𝗮𝗽𝗲𝘂𝗿
Il ne faut toutefois pas se décourager. Il est encore temps d’agir.
Pour maintenir l’attractivité de l’Hôpital du Suroît, il faut lui donner quelque chose d’unique qui lui permettra de se battre à a***s égales avec l’établissement voisin.
S’il ne peut pas compétitionner sur la taille ou la nouveauté de ses infrastructures, il faut lui donner d’autres avantages.
Les possibilités sont nombreuses et nous ne prétendons évidemment pas avoir toutes les réponses.
Mais pourquoi ne pas, par exemple :
• créer un centre d’enseignement de haut calibre en partenariat avec le Cégep de Valleyfield, situé juste à côté;
• concentrer au Suroît certaines spécialités qui ne sont pas offertes ailleurs sur le territoire;
• créer un pôle d’excellence dans un domaine particulier afin que notre hôpital devienne clairement un chef de file dans ce secteur;
• ou encore y développer tout autre projet suffisamment ambitieux et distinctif pour attirer et retenir les meilleurs professionnels de la santé?
Bref, nous devons rapidement passer d’une situation où nous peinons à obtenir les sommes nécessaires pour simplement maintenir nos infrastructures à une situation où tout le monde comprend une chose fondamentale : sans intervention particulière, notre hôpital risque de se vider lentement, mais sûrement.
Et une fois que le personnel, les services et l’expertise seront partis, il sera trop t**d.
𝗟𝗮 𝗯𝗮𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗱é𝘀𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗰𝗮𝗺𝗽 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗻𝗱𝗶𝗱𝗮𝘁𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗰𝗮𝗻𝗱𝗶𝗱𝗮𝘁𝘀
L’Hôpital du Suroît se trouve dans une situation exceptionnelle au Québec : il devra compétitionner avec un autre centre hospitalier plus grand et plus récent, situé à très courte distance, sur un même territoire de soins.
Les questions que nous souhaitons donc poser à toutes les candidates et à tous les candidats sont simples :
𝗣𝗼𝘂𝘃𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲𝗿 à :
1. 𝙀𝙣𝙛𝙞𝙣 𝙙é𝙗𝙡𝙤𝙦𝙪𝙚𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙨 𝙦𝙪𝙞 𝙖𝙫𝙖𝙞𝙚𝙣𝙩 é𝙩é 𝙥𝙧𝙤𝙢𝙞𝙨𝙚𝙨 𝙚𝙣 2022 𝙚𝙩 𝙦𝙪𝙞 𝙨𝙤𝙣𝙩 𝙚𝙨𝙨𝙚𝙣𝙩𝙞𝙚𝙡𝙡𝙚𝙨 à 𝙡𝙖 𝙢𝙞𝙨𝙚 à 𝙣𝙞𝙫𝙚𝙖𝙪 𝙙𝙚 𝙣𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙝ô𝙥𝙞𝙩𝙖𝙡;
2. 𝙍𝙚𝙘𝙤𝙣𝙣𝙖î𝙩𝙧𝙚 𝙦𝙪𝙚 𝙡’𝙃ô𝙥𝙞𝙩𝙖𝙡 𝙙𝙪 𝙎𝙪𝙧𝙤î𝙩 𝙖 𝙖𝙗𝙨𝙤𝙡𝙪𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙗𝙚𝙨𝙤𝙞𝙣 𝙙’𝙪𝙣 𝙥𝙧𝙤𝙟𝙚𝙩 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞𝙘𝙪𝙡𝙞𝙚𝙧, 𝙖𝙢𝙗𝙞𝙩𝙞𝙚𝙪𝙭 𝙚𝙩 𝙨𝙩𝙧𝙪𝙘𝙩𝙪𝙧𝙖𝙣𝙩 𝙥𝙤𝙪𝙧 é𝙫𝙞𝙩𝙚𝙧 𝙙𝙚 𝙨𝙤𝙢𝙗𝙧𝙚𝙧;
3. 𝙁𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙙𝙪 𝙘𝙖𝙨 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞𝙘𝙪𝙡𝙞𝙚𝙧 𝙙𝙚 𝙡’𝙝ô𝙥𝙞𝙩𝙖𝙡 𝙙𝙪 𝙎𝙪𝙧𝙤î𝙩 – 𝙡𝙚 𝙨𝙚𝙪𝙡 à 𝙙𝙚𝙫𝙤𝙞𝙧 𝙘𝙤𝙢𝙥é𝙩𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣𝙣𝙚𝙧 𝙪𝙣 é𝙩𝙖𝙗𝙡𝙞𝙨𝙨𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙛𝙡𝙖𝙢𝙗𝙖𝙣𝙩 𝙣𝙚𝙪𝙛 é𝙧𝙞𝙜é à 𝙪𝙣𝙚 𝙨𝙞 𝙘𝙤𝙪𝙧𝙩𝙚 𝙙𝙞𝙨𝙩𝙖𝙣𝙘𝙚 - 𝙪𝙣𝙚 𝙥𝙧𝙞𝙤𝙧𝙞𝙩é 𝙞𝙣𝙘𝙤𝙣𝙩𝙤𝙪𝙧𝙣𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙖𝙪𝙥𝙧è𝙨 𝙙𝙚 𝙫𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞 𝙚𝙩 𝙙𝙪 𝙥𝙧𝙤𝙘𝙝𝙖𝙞𝙣 𝙜𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩?
Parce qu’au-delà des chiffres, des bâtiments et des annonces gouvernementales, il y a une réalité toute simple : nous avons besoin de notre hôpital. Et notre hôpital a besoin que l’on se tienne debout pour lui.
*L’organisation a depuis été rebaptisée Santé Québec Montérégie-Ouest, mais pour une question de clarté, j’ai choisi de toujours utiliser le terme CISSSMO.