09/02/2026
💚 𝗤𝘂𝗮𝗻𝗱 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴é𝗲 𝗾𝘂𝗶𝘁𝘁𝗲 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗮𝘂𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲, 𝗰𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗲 𝗱é𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻.
Après plusieurs années au Centre Roland-Bertrand, Maria nous quitte. Elle part avec de beaux souvenirs, une profonde reconnaissance pour les personnes rencontrées et une grande affection pour le Hamac et notre équipe.
Mais elle nous laisse aussi une lettre qui mérite d’être lue.
Parce que derrière les statistiques, les services offerts et les heures d’intervention, il y a des personnes qui choisissent chaque jour de travailler auprès des plus vulnérables. Des personnes compétentes, humaines et engagées, qui portent des responsabilités immenses… souvent avec des moyens qui ne sont pas à la hauteur de la réalité.
Maria met des mots sur une réalité que nous connaissons trop bien dans le communautaire : aimer profondément son travail ne suffit pas toujours à pouvoir y rester.
Et c’est exactement pourquoi nous sommes Le communautaire à boutte.
Le 𝟭𝟱 𝘀𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 prochain, à Trois-Rivières, des milliers de personnes du communautaire se rassembleront pour rappeler que derrière chaque organisme, chaque service et chaque personne accompagnée, il y a des travailleuses et des travailleurs qui méritent eux aussi d’être reconnus, soutenus et rémunérés à la hauteur de leur contribution.
La lettre de Maria, c’est une voix parmi tant d’autres. Une voix calme, réfléchie et profondément humaine. Mais une voix qui nous rappelle pourquoi il est temps d’écouter.
Merci Maria pour ces années au CRB, pour ton engagement auprès des personnes accueillies au Hamac et pour cette lettre qui, nous l’espérons, contribuera à faire entendre la voix de celles et ceux qui prennent soin des autres.
Bonne route, Maria. 💚
Et merci de continuer, même autrement, à croire au communautaire.
On se voit le 15 septembre. 𝗣𝗮𝗿𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶, 𝗼𝗻 𝘃𝗲𝘂𝘁 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗲𝗿 à ê𝘁𝗿𝗲 𝗹à.
📄Voici la lettre de Maria:
Par la présente, je souhaite vous informer de ma démission de mon poste d’intervenante au Hamac, au sein du Centre Roland-Bertrand.
Depuis mon arrivée en 2019, j’ai eu la chance de côtoyer de nombreuses personnes qui ont profondément marqué mon parcours. Je garderai de cette expérience des souvenirs précieux et une grande reconnaissance envers les personnes rencontrées, les collègues avec qui j’ai travaillé et tout ce que ce milieu m’a permis d’apprendre.
Mon départ est principalement motivé par l’augmentation du coût de la vie et par la nécessité de faire des choix professionnels et financiers qui me permettent de mieux répondre à cette réalité. Je quitte donc à contrecœur un milieu auquel je suis profondément attachée, et ce départ n’est pas motivé par une insatisfaction envers le Hamac ou envers l’équipe.
Je tiens particulièrement à souligner l’importance du travail réalisé quotidiennement par les intervenantes. Intervenir auprès de personnes vivant des réalités telles que l’itinérance, la consommation de substances ou la détresse psychologique demande de l’adaptation, de l’empathie, du jugement et la capacité d’intervenir dans des situations parfois complexes et imprévisibles.
Dans un contexte où les organismes communautaires doivent composer avec des ressources limitées, je crois qu’il est non seulement important de réfléchir aux besoins de la clientèle, mais aussi à la façon de mieux soutenir les personnes qui travaillent auprès d’elle. Une rémunération à la hauteur des responsabilités assumées, de même que des moyens favorisant la formation continue et le développement des compétences, me semblent notamment des éléments importants à considérer. En effet, investir dans ceux et celles qui prennent soin des autres, c’est aussi investir dans la qualité et la pérennité des services offerts à la population.
Je suis consciente que ces enjeux dépassent largement la responsabilité d’un seul organisme et s’inscrivent dans une réalité sociale beaucoup plus large. Il me semblait néanmoins important de les soulever au moment de mon départ, dans l’espoir que la réalité des intervenantes du communautaire continue d’être entendue et reconnue.
Je souhaite finalement remercier sincèrement toutes les personnes avec qui j’ai eu la chance de travailler au cours des dernières années. Malgré les défis, je repars avec une profonde admiration pour la mission du Centre Roland-Bertrand et avec beaucoup de reconnaissance d’avoir pu contribuer, à ma façon, à celle-ci. Si, dans l’avenir, mes connaissances comme psychologue peuvent contribuer au soutien des intervenantes et de la clientèle, notamment par l’offre de formations et/ou ateliers pertinents, ce serait pour moi un réel plaisir de pouvoir à nouveau faire équipe avec le Centre Roland-Bertrand, un milieu qui aura toujours une place dans mon coeur.
Avec toute ma reconnaissance,
Maria