09/20/2026
𝗜𝗔 : 𝗲𝘁 𝘀𝗶 𝗼𝗻 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗮𝗶𝘁 𝘂𝗻 𝗽𝗲𝘂 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝘂𝗮𝗻𝗰𝗲𝘀?
L’intelligence artificielle n’est pas née avec ChatGPT. Ses racines modernes remontent aux années 1950. En 1955, John McCarthy, Marvin Minsky, Nathaniel Rochester et Claude Shannon proposent le projet de Dartmouth consacré à l’intelligence artificielle. La rencontre de 1956 est aujourd’hui considérée comme l’un des moments fondateurs de l’IA comme domaine de recherche.
𝗕𝗿𝗲𝗳, 𝗹’𝗜𝗔 𝗺𝗼𝗱𝗲𝗿𝗻𝗲 𝗮 𝗲𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻 𝟳𝟬 𝗮𝗻𝘀. 𝗖𝗵𝗮𝘁𝗚𝗣𝗧 𝗻’𝗲𝗻 𝗲𝘀𝘁 𝗾𝘂’𝘂𝗻 𝗰𝗵𝗮𝗽𝗶𝘁𝗿𝗲 𝘁𝗿𝗲̀𝘀 𝗿𝗲́𝗰𝗲𝗻𝘁.
Au fil des décennies, différentes technologies liées à l’IA et au traitement du langage se sont intégrées à notre quotidien :
1996 — Antidote : aide à la rédaction et à la correction linguistique.
2006 — Google Traduction : traduction automatique.
2009 — Grammarly : aide à la grammaire, à l’orthographe et à la rédaction.
2017 — DeepL : traduction utilisant des réseaux neuronaux.
Sans oublier l’autocorrection et la prédiction de mots de nos téléphones, les assistants vocaux, la détection des pourriels, la retouche photo et bien d’autres technologies.
Aujourd’hui, différentes formes d’IA sont utilisées dans une multitude de domaines : santé, recherche scientifique, éducation, écriture et édition, photographie, graphisme, traduction, programmation, ingénierie, finance, comptabilité, droit, marketing, communications, ressources humaines, commerce et entrepreneuriat, pour ne nommer que ceux-là.
Selon le domaine, elle peut servir à analyser, corriger, traduire, organiser, détecter, assister, automatiser ou créer.
Puis est arrivée l’IA générative accessible au grand public, notamment ChatGPT.
𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗲́𝘃𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝘂𝗻𝗲 𝗱𝗶𝘀𝘁𝗶𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗻𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗼𝘂𝗯𝗹𝗶𝗲́𝗲 : faire faire le travail à l’IA et se l’approprier comme si on l’avait entièrement réalisé soi-même n’est pas la même chose que l’utiliser comme outil d’aide.
𝗘𝘅𝗲𝗺𝗽𝗹𝗲 𝗔 : une personne demande à l’IA de réaliser essentiellement le travail à sa place, apporte très peu au processus et présente ensuite le résultat comme entièrement réalisé par elle.
𝗘𝘅𝗲𝗺𝗽𝗹𝗲 𝗕 : une personne apporte son histoire, son vécu, ses émotions, ses idées, ses réflexions, son message et ses choix, puis utilise l’IA comme outil d’accompagnement pour travailler la mise en forme et la fluidité, tout en demeurant derrière le sens et les décisions de son projet.
Dans les deux cas, on pourra dire : « Cette personne utilise l’IA. »
𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗲𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗿𝗲́𝗲𝗹𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗺𝗲̂𝗺𝗲 𝗰𝗵𝗼𝘀𝗲?
Car derrière l’outil, 𝗶𝗹 𝘆 𝗮 𝘂𝗻 𝗵𝘂𝗺𝗮𝗶𝗻.
Une IA n’a pas vécu nos deuils, nos blessures, nos réussites, nos peurs ou nos rêves. Derrière une œuvre peuvent se trouver des années de vécu, des émotions, des blessures transformées en mots et une volonté de faire de son passé quelque chose de positif, qui pourra peut-être aider, toucher ou faire réfléchir quelqu’un d’autre.
Réduire toute cette démarche à « cette personne a utilisé l’IA », c’est parfois passer à côté de tout ce qui se trouve réellement derrière.
Bien sûr, l’IA soulève de véritables enjeux : droits d’auteur, emplois, transparence, données d’entraînement, désinformation… Ces discussions sont nécessaires.
Mais elles demandent aussi de la nuance.
La vraie question n’est peut-être donc pas seulement :
« As-tu utilisé l’IA? »
Mais plutôt :
«𝗤𝘂’𝗮𝘀-𝘁𝘂 𝗿𝗲́𝗲𝗹𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗲́ 𝗮̀ 𝗹’𝗜𝗔? »
Parce qu’utiliser un outil pour accompagner son travail et lui demander de faire le travail à sa place sont deux réalités bien différentes.
𝗨𝗻 𝗼𝘂𝘁𝗶𝗹 𝗻𝗲 𝗿𝗮𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲 𝗻𝗶 𝗹’𝗶𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲, 𝗻𝗶 𝘀𝗼𝗻 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲, 𝗻𝗶 𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗲 𝗮̀ 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲.