09/08/2026
🎯 Pour la première fois, presque tous les partis s'entendent sur l’objectif que le logement social, sans but lucratif atteigne 20 % du parc locatif, mais vu le flou persistant dans le langage utilisé, les retombées escomptées, pourraient ne pas être au rendez-vous.
Lors d’un récent débat électoral en habitation, les 4 partis représentés (CAQ, PLQ, PQ et QS) ont pris pris position en faveur d’une telle cible d’ici 2050. Or, jusqu’ici aucun parti n’a utilisé le même langage pour désigner le type de logements qu’il souhaite voir occuper une plus grande part du parc locatif. “Social et communautaire”,”sans but lucratif” ou “hors-marché” ont été employés. Dans le contexte actuel, vu les modifications récentes apportées par le gouvernement caquiste aux programmes, ces qualificatifs ne désignent pas la même chose. Les logements n’auront pas nécessairement la même abordabilité, ni les mêmes retombées économiques et sociales, ni la même gouvernance démocratique, ni non plus les mêmes garanties de pérennité à l’extérieur du marché privé. Pire, l’optimisation financière pouvant être imposée comme une condition, si les programmes gouvernementaux ne sont pas adaptés, la volonté d’atteindre cette cible pourrait venir avec une plus grande dépendance du logement social aux acteurs privés dont le secteur bancaire.
Si l’atteinte à tout prix d’un pourcentage devient un prétexte pour financer des logements plus chers, il est clair que les objectifs derrière une telle cible divergent.
Pour faire une réelle différence, il faut des logements accessibles financièrement dès le premier jour et pour toujours. Ne pas financer suffisamment de logements sociaux véritablement abordables a des coûts sociaux et économiques, il n’y a pas d’économie à faire en diminuant la contribution gouvernementale.
Le FRAPRU se réjouit de l’adhésion des partis qui risquent de former le prochain gouvernement à l’objectif de sortir davantage de logements de la logique du profit... d'ici 2050, mais l'urgence c'est que les partis se dotent d’objectifs chiffrés de développement de logements sociaux, à très court terme. Surtout, ils doivent clarifier combien de ce nombre seront des logements sociaux, accessibles financièrement pour les locataires à faible et modeste revenus, dont les loyers sont significativement moins chers que le loyer médian du marché. En matière de développement, le diable est dans les détails!
Pour clarifier les choses, les partis en lice de s’engager clairement à abandonner le nouveau logement “abordable intermédiaire” récemment imposé par la CAQ. Ils doivent aussi se commettre en faveur d’au moins un programme dédié au logement social sous différentes formes. Le temps est venu de mettre en place un programme de logements publics de type HLM afin de répondre aux besoins des milliers de personnes sur des listes d’attente. Jusqu'ici 2 partis ont pris des engagements chiffrés de développement pluriannuel de logements sociaux.
On surveille les prochains débats et le dévoilement des plateformes pour clarifier leurs engagements et on vous tient au courant. N'hésitez pas à interpeller avec nous les chef·fes et vos candidat·es locaux.
🔗 Communiqué: https://www.frapru.qc.ca/qc2026-20pourcent/
🔖Dépliant:https://www.frapru.qc.ca/wp-content/uploads/2026/07/elecprov-2026-final.pdf