24/09/2026
Mputu Molobeli
j'ai pris le temps d'écouter très attentivement l'intervention de Madame la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à l'occasion de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations Unies de 23h a 02h du matin.
Pourquoi ?
Parce qu'il y a des discours politiques qu'on écoute.
Et puis il y a ceux qu'il faut prendre le temps de comprendre.
Je me suis donc posé une question toute simple :
Qu'est-ce que Madame la Première ministre est réellement en train de dire au monde ? Et qu'est-ce que cela signifie pour nous, Congolais ?
J'ai essayé de vous le traduire dans des termes simples.
1. LA RDC NE VEUT PLUS QUE LA QUESTION DES FDLR SERVE DE JUSTIFICATION À UNE PRÉSENCE MILITAIRE ÉTRANGÈRE
Le message est assez clair.
La RDC reconnaît qu'elle a ses propres défis sécuritaires et qu'elle doit y apporter des réponses.
Mais reconnaître nos difficultés ne signifie pas accepter qu'elles deviennent indéfiniment un argument permettant de justifier une présence militaire étrangère sur notre territoire.
En termes simples :
reconnaître nos faiblesses ne signifie pas renoncer à notre souveraineté.
Et cette distinction est importante.
Parce qu'un État responsable doit être capable de regarder ses propres insuffisances en face tout en défendant ses intérêts et son intégrité territoriale.
2. DIALOGUER ENTRE CONGOLAIS, OUI. OUBLIER L'AGRESSION EXTÉRIEURE, NON.
C'est l'un des passages que je trouve particulièrement important.
La main reste tendue à ceux qui choisissent la paix, le débat républicain et la loyauté envers la République.
Mais cela ne signifie pas que nous devons faire disparaître de la discussion la question de l'agression extérieure.
Et en même temps, il y a une autre responsabilité : ne pas utiliser l'agression extérieure pour éviter de regarder nos propres faiblesses.
C'est là que le message devient intéressant.
Parce que nous pouvons tenir deux vérités en même temps :
Nous devons défendre notre pays contre toute agression.
Mais nous devons aussi avoir le courage de nous demander ce que nous devons améliorer chez nous.
Tout expliquer par l'extérieur serait une erreur.
Tout réduire à une querelle entre Congolais en serait une autre.
La réalité est plus complexe.
3. LA PAIX, CE N'EST PAS SEULEMENT L'ABSENCE DES COMBATS
C'est peut-être là que le discours dépasse la seule question militaire.
À quoi sert la paix si elle ne permet pas ensuite à un pays de reconstruire, d'investir, de développer ses territoires et d'améliorer concrètement la vie de sa population ?
La paix doit permettre à la République de retrouver sa capacité à décider, à produire, à investir et à construire.
Autrement dit :
la paix doit créer les conditions du développement, et le développement doit contribuer à consolider la paix.
C'est pour cela que la diplomatie ne devrait jamais apparaître comme quelque chose de lointain pour le citoyen ordinaire.
Lorsqu'une diplomatie permet de renforcer la sécurité, de protéger les intérêts du pays, de mobiliser des partenariats ou de créer les conditions de la reconstruction, elle finit par avoir des conséquences très concrètes dans la vie quotidienne.
MAIS IL Y A UNE AUTRE LEÇON QUE JE RETIENS.
Un État qui veut être respecté à l'extérieur doit aussi être capable de se renforcer à l'intérieur.
La souveraineté ne peut donc pas être uniquement un mot prononcé à la tribune des Nations Unies.
Elle doit se traduire dans les faits :
par des institutions solides,
une armée mieux organisée,
une administration efficace,
une économie capable de financer ses priorités,
une justice crédible,
et surtout, une capacité réelle de l'État à contrôler et à développer son territoire.
La souveraineté se proclame dans les tribunes internationales.
Mais elle se construit chaque jour à l'intérieur du pays.
C'est peut-être cela que nous devons retenir.
Écouter nos dirigeants lorsqu'ils parlent au monde, ce n'est pas seulement chercher une phrase à partager sur les réseaux sociaux.
C'est essayer de comprendre :
Quelle vision de la République est défendue ?
Quelles responsabilités sont prises devant la communauté internationale ?
Et surtout : qu'est-ce que ces engagements doivent produire une fois que les caméras de New York seront éteintes et que nous serons de nouveau sur le terrain national ?
C'est dans cet esprit que je souhaite continuer à décrypter, à mon niveau, les grandes décisions et les grandes prises de parole qui engagent notre pays.
Pas pour applaudir mécaniquement.
Pas pour condamner systématiquement.
Mais pour comprendre, expliquer et demander des résultats.
Parce qu'une communication politique utile ne consiste pas seulement à répéter ce qu'un responsable politique a dit.
Elle consiste à permettre au citoyen de comprendre ce que ses paroles signifient pour l'avenir du pays.
Mputu molobeli
Proche des idées de la première ministre Judith Suminwa tuluka et
Porte-voix de saa gouvernance des résultats.