27/05/2026
Hier soir à Uni Mail, notre conférence-débat « Une Suisse à 10 millions. Et alors ? » a suscité de très nombreux échanges autour des défis concrets que pose la croissance démographique pour Genève.
Parmi les enseignements de la soirée :
🚋 Pour le professeur Vincent Kaufmann, le stress de la densité tout comme la saturation des infrastructures sont bien réels et il faut les prendre très au sérieux. Genève peine encore à se penser comme une grande métropole. Face au manque d’anticipation des dernières décennies, il est urgent d’accélérer les investissements dans les infrastructures, notamment ferroviaires : nouvelle ligne Genève–Lausanne, développement du Léman Express et liaison Jura-Léman-Salève.
🏘️ Diane Barbier-Mueller, députée PLR au Grand Conseil et présidente de la Chambre genevoise immobilière, a rappelé que les lenteurs administratives — près de 10 ans pour développer un projet immobilier à Genève — aggravent la pénurie de logements. Les évolutions sociétales, comme les familles monoparentales ou les gardes alternées, modifient également les besoins. Parmi les pistes évoquées : simplifier certaines procédures, encourager les rocades entre seniors et familles, densifier intelligemment la ville et développer des logements modulables adaptés aux différentes étapes de la vie (prix au m2 et non par pièce).
🎓 Selon le professeur René Schwok, l’initiative pourrait avoir des conséquences importantes sur le regroupement familial des ressortissants européens et fragiliser les liens entre la Suisse et les programmes européens de recherche et d’échange comme Erasmus+, Horizon Europe ou Euratom.
Or, nos hautes écoles forment des professions essentielles à notre économie, à notre système de santé et à notre capacité d’innovation.
Cette réflexion soulève aussi une question importante : investissons-nous suffisamment dans la formation de nos propres talents ? Face à la pénurie de personnel qualifié, notamment dans la santé ou l’enseignement, ne devrions-nous pas dépenser davantage dans la formation de nos jeunes afin de les aider à accéder à ces filières essentielles pour l’avenir du pays ?
🚀 Pour Aurélien Barakat, président des Vert’libéraux Genève, les inquiétudes exprimées autour de la saturation des infrastructures doivent être prises au sérieux après le vote du 14 juin. Selon lui, Genève souffre moins d’un manque de moyens que d’un manque de capacité à décider et construire rapidement. Il appelle à créer un véritable « fast track » pour les grands projets d’intérêt public, afin de réduire des procédures qui durent parfois plus de dix ans. Les oppositions et recours doivent rester possibles, mais dans des délais raisonnables. L’objectif est de permettre à Genève d’anticiper davantage les défis liés à la croissance démographique et aux infrastructures.
🏠 Louise Trottet, députée Vert-e-s au Grand Conseil, a rappelé que la transition énergétique nécessitera des compétences que la Suisse devra continuer à former, mais aussi à attirer de l’étranger. Elle a également évoqué des solutions innovantes pour les seniors, comme des formes de colocation adaptées et encadrées.
Merci à tous les intervenants, à Robo, ainsi qu’au public, pour la qualité des échanges.