Force Aux Peuples

Force Aux Peuples parti politique ivoirien d'obédience gauche progressiste.

DÉCLARATION DE FORCE AUX PEUPLESPRIX DU CACAO À 1 200 FCFA : LE PLANTEUR NE PEUT PAS ÊTRE LA VARIABLE D’AJUSTEMENT DU MA...
02/09/2026

DÉCLARATION DE FORCE AUX PEUPLES
PRIX DU CACAO À 1 200 FCFA : LE PLANTEUR NE PEUT PAS ÊTRE LA VARIABLE D’AJUSTEMENT DU MARCHÉ

Le Gouvernement ivoirien vient de fixer à 1 200 FCFA le kilogramme de cacao pour la campagne principale 2026-2027. Force aux Peuples prend acte de cette décision.

Le marché international du cacao a connu un retournement brutal après les niveaux exceptionnellement élevés atteints au cours de la campagne précédente. Une part importante de la production est vendue à l’avance, ce qui crée nécessairement un décalage entre les conditions du marché au moment où les contrats sont conclus et celles qui prévalent lorsque le cacao arrive effectivement sur le marché.
Cette réalité doit être prise en compte dans toute politique sérieuse de fixation du prix. Elle ne dispense cependant pas de regarder ce que représente concrètement le nouveau prix pour celui qui produit le cacao.

Entre les 2 800 FCFA fixés pour la campagne principale 2025-2026 et les 1 200 FCFA annoncés pour la campagne principale 2026-2027, le prix garanti au producteur baisse de 1 600 FCFA par kilogramme, soit 57 %.
Pour celui qui regarde la filière depuis un bureau, ce chiffre peut n’être qu’une variation de prix. Pour celui qui vit dans une plantation, il signifie beaucoup plus. Avec la même quantité de cacao récoltée, il disposera de beaucoup moins d’argent pour faire face aux mêmes dépenses.
La nourriture n’a pas diminué de 57 %. Les frais de scolarité n’ont pas diminué de 57 %. Les soins de santé n’ont pas diminué de 57 %. Le coût de la main-d’œuvre agricole n’a pas diminué de 57 %. Le prix des intrants, du transport et de l’entretien de la plantation n’a pas été divisé par deux.

C’est à partir de cette réalité qu’il faut regarder la décision annoncée.

LE KILOGRAMME, IL Y A UNE FAMILLE

Il faut parfois sortir des cours internationaux, des contrats à terme et des mécanismes de commercialisation pour regarder ce qui se passe dans une cour familiale de village.

Le planteur ne mange pas de cacao. Il produit du cacao pour obtenir de l’argent. Avec cet argent, il nourrit sa famille, paie l’école des enfants, prend en charge les soins lorsqu’un membre du ménage tombe malade, assure le transport et les dépenses courantes. Il doit également entretenir sa plantation, acheter les produits nécessaires à son exploitation, rémunérer les travailleurs lorsqu’il en a besoin, lutter contre les maladies des cacaoyers et préparer la campagne suivante.
Et il faut surtout comprendre une chose : le planteur ne reçoit pas un salaire mensuel.

S’il produit une tonne de cacao et la vend à 1 200 FCFA le kilogramme, cette tonne représente 1,2 million de FCFA de recettes brutes. Cela ne signifie nullement qu’il dispose de 100 000 FCFA chaque mois. L’argent arrive au moment des récoltes et des ventes. Ensuite, il faut tenir jusqu’aux prochaines recettes, tout en continuant à financer la plantation.
C’est cette réalité que les moyennes annuelles et les chiffres abstraits ne montrent pas toujours.

Le revenu tiré du cacao fait ensuite vivre tout un environnement économique. Lorsque le planteur dispose de moins d’argent, il réduit certaines dépenses. Le commerçant du village vend moins, le transporteur effectue moins de courses, l’artisan reçoit moins de commandes, les travaux de construction ou de réparation sont reportés. Dans les zones où la cacaoculture occupe une place centrale, la baisse du revenu agricole finit donc par se faire sentir bien au-delà des plantations.

Le prix du cacao touche ainsi directement le pouvoir d’achat rural et, par conséquent, la consommation intérieure.

LE COÛT RÉEL DE LA PRODUCTION

C’est ici que le débat doit aller plus loin. Un prix au kilogramme ne suffit pas à mesurer la situation économique du producteur. Il faut savoir ce qu’il lui reste après avoir payé les dépenses nécessaires à la production et ce qu’il peut encore consacrer à sa famille et à sa plantation.

Deux producteurs peuvent vendre leur cacao au même prix et connaître des situations très différentes. Une plantation productive et relativement grande ne présente pas les mêmes charges qu’une petite exploitation vieillissante, avec de faibles rendements et un recours important à la main-d’œuvre.
Les données disponibles doivent donc être regardées avec attention.

Une étude menée en 2025 par INADES-Formation Côte d’Ivoire, dans le cadre des travaux de la Plateforme ivoirienne pour le cacao durable, auprès de 125 plantations réparties dans 13 départements et 8 régions, met en évidence des coûts de production compris entre 1 322 et 2 022 FCFA par kilogramme, selon les hypothèses retenues pour valoriser le travail familial.
Ces chiffres ne constituent pas un coût unique applicable à toutes les exploitations ivoiriennes. Ils montrent toutefois que la connaissance du coût réel de production doit être actualisée régulièrement et reposer sur une méthodologie transparente.

À partir de là, plusieurs questions deviennent incontournables : combien coûte aujourd’hui la production d’un kilogramme de cacao ? Quel revenu net le producteur tire-t-il réellement de son exploitation ? Quelle superficie faut-il exploiter pour permettre à une famille de vivre dignement ? Quelle part de ce revenu doit être réinvestie dans l’entretien et le renouvellement de la plantation ?

Ces questions doivent peser dans la détermination du prix payé au producteur.

RISQUE DU MARCHÉ NE PEUT PAS REPOSER SUR UN SEUL ACTEUR

Le Gouvernement explique que le prix retenu doit être financièrement et budgétairement soutenable. Cette préoccupation est légitime. Une filière de cette importance doit tenir compte de ses équilibres financiers, des conditions de commercialisation et des engagements pris sur les marchés internationaux.
Mais la soutenabilité d’une filière se mesure aussi à sa capacité à maintenir ceux qui la font vivre.
La question du risque mérite donc d’être posée clairement. Lorsque le marché international monte fortement, la filière doit pouvoir en tirer parti. Lorsque les cours se retournent brutalement, il faut éviter que la totalité du choc ne descende jusqu’au dernier maillon de la chaîne, c’est-à-dire jusqu’à celui qui travaille la terre.

La vente anticipée joue un rôle important dans l’organisation de la filière ivoirienne. Elle permet de sécuriser une partie des recettes et de donner davantage de visibilité aux acteurs. Mais les évolutions rapides des cours internationaux ont également montré les limites d’un système exposé à de forts retournements de marché.
La Côte d’Ivoire doit donc renforcer son mécanisme de stabilisation du revenu des producteurs.
Dans les périodes favorables, une partie des ressources générées par la filière doit pouvoir contribuer à constituer des réserves. Lorsque survient un choc important, ces réserves doivent permettre d'amortir la baisse et de protéger le revenu du producteur.

Une telle politique ne serait pas une subvention permanente. Elle relèverait d’une logique contracyclique : constituer des marges de sécurité lorsque les conditions sont favorables afin de pouvoir protéger la production et les revenus lorsque la conjoncture se dégrade.
Les règles de fonctionnement d’un tel mécanisme doivent être publiques, compréhensibles et contrôlables. Les organisations de producteurs doivent également avoir leur place dans sa gouvernance.

DE LA VALEUR, C’EST AUSSI RÉMUNÉRER CELUI QUI LA CRÉE

La Côte d’Ivoire veut désormais aller davantage vers la transformation locale, l’industrialisation, la mécanisation, la recherche, la traçabilité et la modernisation de la filière. Cette orientation est nécessaire.
Mais elle doit commencer par une réalité simple : le cacao transformé, exporté ou valorisé sous différentes formes trouve son origine dans une plantation.

Le producteur est au début de cette chaîne de valeur. Il supporte le travail de la terre, l’entretien des plantations, les aléas climatiques, les maladies des cultures et une grande partie des risques liés à la production.
Lorsque nous parlons de moderniser la cacaoculture, il faut donc également parler de sa capacité à rémunérer correctement celui qui la fait vivre.

Une plantation vieillissante a besoin d’être renouvelée. Une plantation malade doit être traitée. Une plantation productive doit être entretenue. Tout cela demande du temps, de la main-d’œuvre et de l’argent.
Si le revenu dégagé par le cacao ne permet plus de financer ces opérations, les conséquences apparaîtront progressivement dans les rendements et dans l’avenir même de la production.
La durabilité de la filière est donc directement liée aux conditions économiques de ceux qui la portent.
Et cette question devient encore plus importante lorsqu’on pense à l’avenir des zones rurales. Une activité agricole qui ne permet plus à ceux qui la pratiquent de vivre correctement aura de plus en plus de difficultés à retenir les jeunes générations.

La Côte d’Ivoire doit créer davantage de valeur autour du cacao. Mais cette valeur doit commencer par renforcer la capacité du producteur à vivre de son travail et à investir dans son outil de production.

AUX PEUPLES DEMANDE UN NOUVEL ÉQUILIBRE

La fixation du prix à 1 200 FCFA ne doit pas clore le débat sur l’avenir de la cacaoculture ivoirienne. Elle doit nous conduire à regarder plus attentivement la manière dont la richesse et les risques sont répartis tout au long de la filière.
Force aux Peuples demande que les éléments économiques ayant conduit à la fixation de ce prix soient rendus publics et compréhensibles. Les données relatives aux ventes anticipées, à leurs volumes, à leurs conditions et à leurs conséquences sur le prix payé au producteur doivent pouvoir être connues et discutées.
Nous demandons également une actualisation régulière et indépendante des coûts de production, ainsi que la prise en compte du revenu net du producteur dans l’évaluation de la politique cacaoyère.

Enfin, la Côte d’Ivoire doit avancer vers un mécanisme de sécurisation du revenu capable d’amortir les retournements importants du marché et de mieux répartir le risque entre les différents acteurs de la chaîne.
Car derrière les cours internationaux, les contrats et les statistiques, il y a le travail d’un homme ou d’une femme dans une plantation. Il y a une famille qui organise son année avec les revenus des récoltes. Il y a des enfants à scolariser, des soins à payer, une maison à entretenir et une plantation à préparer pour la prochaine campagne.

Le planteur ne mange pas de cacao. Il vend son cacao pour vivre.
Et lorsque son revenu baisse fortement, le choc ne s’arrête pas à la plantation. Il se transmet au village, au commerce, au transport, aux petits métiers, aux services et à toute l’économie locale qui dépend du pouvoir d’achat des producteurs.
La Côte d’Ivoire ne peut donc pas mesurer la réussite de sa politique cacaoyère uniquement au tonnage produit ou à la valeur des exportations. Il faut aussi regarder la vie de ceux qui produisent, leur revenu, leur capacité à entretenir leurs plantations et la perspective qu’ils peuvent offrir à leurs enfants.

Force aux Peuples défend une filière cacaoyère capable de résister aux fluctuations du marché sans abandonner ceux qui travaillent la terre. Une filière qui crée de la richesse, qui transforme davantage sur place, qui modernise ses plantations et qui donne au producteur les moyens de continuer à produire.

Le cacao doit créer de la richesse.
Cette richesse doit aussi créer de la dignité.

Le planteur ne peut pas être la variable d’ajustement du marché.

Force Aux Peuples
Construire la Puissance Humaine

Marc Sinclair Assohou
Vice-Président, Porte-parole principal

VIDÉO-VERBALISATION : SÉCURISER NOS ROUTES OU FINANCIARISER LA SANCTION ?Il y a quelques jours, un ami m’a raconté qu’il...
31/08/2026

VIDÉO-VERBALISATION : SÉCURISER NOS ROUTES OU FINANCIARISER LA SANCTION ?

Il y a quelques jours, un ami m’a raconté qu’il avait dû se séparer de sa voiture après avoir reçu une facture de 450 000 FCFA de contraventions accumulées.
Je ne connais pas le détail de ces contraventions et je ne prétends donc pas qu’elles étaient toutes injustifiées. Mais son histoire m’a interpellé, parce qu’elle rejoint ce que j’entends de plus en plus souvent chez des propriétaires de véhicules, des chauffeurs de taxis, des transporteurs, des artisans et des petits entrepreneurs.
Pour beaucoup d’entre eux, la voiture n’est pas un luxe. C’est leur outil de travail. C’est avec elle qu’ils transportent des clients, livrent des marchandises, se rendent sur leurs chantiers ou font vivre leur activité.
Alors, lorsque les contraventions s’accumulent et que les montants deviennent très élevés, le problème dépasse largement la seule question du respect du Code de la route. Il devient une question de revenu, d’emploi et de pouvoir d’achat.

À quel moment une politique destinée à améliorer la sécurité routière devient-elle une charge financière excessive pour ceux qu’elle est censée protéger ?
Il faut le dire : nous ne sommes pas contre la discipline sur nos routes.
L’excès de vitesse tue. Le téléphone au volant est dangereux. Le non-respect d’un feu rouge ou d’une règle de circulation peut provoquer des drames. L’État a donc le devoir de faire respecter la loi.

il faut revenir à l’objectif premier : sauver des vies. C’est à partir de là que nous devons juger la vidéo-verbalisation.

Les chiffres communiqués par le ministère des Transports montrent une progression spectaculaire du nombre d’infractions détectées. En 2024, sur les onze premiers mois, près de 8,9 millions de remontées d’infractions ont été enregistrées, dont plus de 7,1 millions ont donné lieu à des contraventions par vidéo-verbalisation.
C’est une capacité technologique considérable.

Mais derrière ces chiffres, il faut regarder la réalité de nos routes.
La vidéo-verbalisation est en place depuis plusieurs années. Les infractions détectées se comptent désormais par millions. Mais la question fondamentale demeure : sommes-nous réellement en train de rendre nos routes plus sûres ?

Les chiffres doivent nous permettre d’y répondre.
Entre 2021 et 2023, les autorités ont fait état d’une baisse du nombre d’accidents et d’une diminution du nombre de personnes tuées sur les routes.
Mais en 2024, alors que la vidéo-verbalisation atteignait des niveaux sans précédent, les accidents ont augmenté de 8 %, les décès de 14 % et les blessés de 17 %, selon les données communiquées par le ministère des Transports.
Ces chiffres doivent nous interpeller.

accidents ont des causes multiples.
Mais ils posent un problème politique sérieux.
Si nous sommes capables de compter des millions d’infractions, nous devons être capables de démontrer que cette formidable capacité de surveillance et de sanction produit effectivement une amélioration durable de la sécurité routière.
Car au bout du compte, ce ne sont pas les millions de contraventions qui doivent nous satisfaire. Ce sont les vies sauvées.
Et c’est là que le problème du cumul devient préoccupant.
Une amende peut avoir une fonction dissuasive. Mais lorsqu’elle s’ajoute à une autre, puis à une autre encore, jusqu’à atteindre plusieurs centaines de milliers de francs, ses conséquences peuvent devenir très lourdes.

Pour celui qui utilise son véhicule pour travailler, une facture de 450 000 FCFA peut fragiliser une activité, faire disparaître une partie du revenu familial, contraindre à vendre le véhicule ou augmenter les charges d’exploitation. Et ces charges ne restent pas toujours chez le propriétaire. Dans le transport, elles finissent par exercer une pression sur les coûts et, tôt ou t**d, sur les prix payés par les usagers.

La sécurité routière devient alors aussi une question sociale.

le problème va encore plus loin.
Nous avons développé une formidable capacité à détecter les infractions. Avons-nous développé avec la même détermination notre capacité à prévenir les accidents ?

Parce qu’une caméra peut constater qu’un véhicule roule trop vite. Mais elle ne répare pas une route dégradée. Elle ne sécurise pas un carrefour dangereux. Elle n’éclaire pas une zone accidentogène. Elle ne protège pas un enfant qui traverse une route. Elle ne contrôle pas l’état mécanique d’un véhicule. Elle ne forme pas un chauffeur. Elle ne réduit pas la fatigue d’un conducteur qui travaille sous pression. Et elle ne fait pas arriver plus rapidement les secours auprès d’une victime.
C’est pourtant là que se trouvent une partie des vraies causes des accidents.

La sécurité routière moderne ne repose pas sur les radars seuls. Elle repose sur un ensemble cohérent : des infrastructures sûres, des vitesses adaptées, des véhicules en bon état, des conducteurs correctement formés, un contrôle efficace, de la prévention et des secours rapides.
En Côte d’Ivoire, cela signifie identifier les points noirs où les accidents se concentrent et les traiter. Sécuriser les carrefours. Améliorer l’éclairage et la signalisation. Protéger les piétons et les autres usagers vulnérables. Renforcer réellement le contrôle technique. Améliorer la formation des conducteurs professionnels.
Il faut aussi regarder les conditions de travail des chauffeurs. Un conducteur épuisé ou soumis à une forte pression économique n’est pas seulement confronté à un problème individuel : il représente un risque pour toute la circulation.
Et il faut renforcer la chaîne des secours.
Une véritable politique de sécurité routière doit agir avant l’accident, au moment de l’accident et après l’accident.

C’est à ce niveau que nous devons poser la question de la financiarisation de la sécurité routière.

Je ne prétends pas que la vidéo-verbalisation a été conçue dans le seul but de remplir les caisses de l’État.
Mais nous ne pouvons pas non plus fermer les yeux sur une réalité : lorsqu’un système technologique permet de produire des millions de sanctions financières, il crée mécaniquement une puissance de prélèvement considérable.
Cette puissance doit être surveillée.
Parce qu’il existe une différence fondamentale entre une politique de sécurité qui utilise la sanction financière et une politique de sécurité qui finit par se financer largement à travers la sanction financière.

les faits démontrent que ce système ne parvient pas, dans la durée, à rendre nos routes suffisamment sûres, alors nous devons avoir le courage de remettre en cause cette logique.
Nous devons nous demander si nous ne sommes pas en train de financiariser la sécurité routière au lieu de construire une véritable politique de prévention des accidents.
Une amende doit corriger un comportement. Elle ne doit jamais devenir une fin en soi.

C’est pourquoi nous demandons un véritable bilan public de la vidéo-verbalisation.
Combien de véhicules sont concernés ? Combien de contraventions un même véhicule accumule-t-il ? Combien de propriétaires dépassent 100 000, 500 000 ou un million de francs de sanctions ? Combien de contraventions sont contestées ? Combien sont annulées ? Combien sont effectivement recouvrées ? Quel est le coût réel du dispositif ? Et comment les recettes sont-elles utilisées ?
Mais surtout : quel est son impact réel sur les accidents, les blessés et les décès ?

C’est cette réponse qui doit guider les décisions publiques.

ne demandons pas la suppression des radars. Nous ne demandons pas le retour à l’impunité.
Nous demandons que la technologie soit remise à sa juste place. Elle doit être au service de la sécurité, pas devenir une source permanente de pression financière sur les citoyens.

Nous voulons une politique qui sanctionne les comportements dangereux, mais qui s’attaque aussi aux causes profondes des accidents.

Un État capable de détecter une infraction doit être capable de détecter un carrefour dangereux.
Un État capable d’envoyer une contravention doit être capable de réparer une route, d’éclairer une zone à risque, de contrôler un véhicule dangereux et d’améliorer les secours.
Et si des recettes sont générées au nom de la sécurité routière, nous voulons savoir combien elles représentent et surtout combien sont réellement réinvesties dans la sécurité des citoyens.

La Côte d’Ivoire a les moyens technologiques de faire beaucoup mieux.
Nous avons appris à compter les infractions avec une précision impressionnante. Il est temps d’apprendre à compter avec la même précision les accidents évités, les comportements corrigés et les vies sauvées.
Car la réussite d’une politique de sécurité routière ne se mesure pas au nombre de factures envoyées aux automobilistes.
Elle se mesure au nombre de familles qui ne recevront jamais un appel leur annonçant qu’un proche est mort sur la route.

Nous ne voulons pas seulement que les Ivoiriens conduisent en ayant peur de recevoir une facture. Nous voulons qu’ils conduisent avec la certitude que l’État a fait tout ce qui était possible pour qu’ils rentrent vivants chez eux.
C’est cela, pour nous, la véritable sécurité routière.

Innocent GNELBIN
Analyste politique et essayiste
Président de Force aux Peuples

CONCOURS PUBLICS : PLUSIEURS SEMAINES APRÈS LA SAISINE DU PARLEMENT, FORCE AUX PEUPLES PREND DATE DEVANT LA NATION.COMMU...
26/08/2026

CONCOURS PUBLICS : PLUSIEURS SEMAINES APRÈS LA SAISINE DU PARLEMENT, FORCE AUX PEUPLES PREND DATE DEVANT LA NATION.

COMMUNIQUÉ DE FORCE AUX PEUPLES

Le 22 juillet 2026, Force aux Peuples a officiellement saisi Monsieur le Président de l'Assemblée nationale ainsi que les Présidents des quatre groupes parlementaires constitués au sein de l'Assemblée nationale : RHDP, PDCI-RDA, Solidarité et Agir.

Cette démarche faisait suite aux déclarations publiques de Madame Adja Nakaridja Cissé, députée-maire de San Pedro, relatives à sa capacité à faciliter l'accès de certains citoyens aux concours et aux opportunités de recrutement publics grâce à son influence auprès des autorités.

Force aux Peuples n'avait pas choisi la voie de la polémique. Nous avions choisi celle de la République.
Nous avions demandé à la Représentation nationale de se saisir de cette question qui dépasse largement la personne de Madame Cissé et qui touche directement à un principe fondamental de notre démocratie : l'égalité des chances devant les opportunités offertes par l'État.
Nous avions notamment demandé que Madame Adja Nakaridja Cissé puisse être entendue publiquement afin d'éclairer la Nation sur la portée exacte de ses déclarations ; que les autorités compétentes en matière de concours et de recrutements publics puissent également être entendues sur les garanties d'impartialité des procédures ; et que toute initiative parlementaire appropriée soit engagée afin d'établir les faits et de restaurer la confiance des citoyens.

Plusieurs semaines se sont écoulées depuis cette saisine.
À ce jour, Force aux Peuples n'a reçu aucune réponse officielle du Président de l'Assemblée nationale ni des groupes parlementaires saisis.
Nous ne préjugeons ni de leurs intentions ni des suites qu'ils pourraient décider de donner à notre démarche. Nous constatons simplement un fait : aucune réponse ne nous est, à ce jour, parvenue.
Et nous estimons nécessaire que la Nation en soit informée.
Car cette affaire ne concerne pas seulement Force aux Peuples. Elle concerne des milliers de jeunes Ivoiriens qui passent des concours, préparent leur avenir, investissent leurs économies dans leurs études et attendent de la République une seule chose : une chance équitable.
Elle concerne cette jeune fille de Korhogo, ce jeune homme de Katiola, cet étudiant d'Abidjan, ce diplômé de Daloa, de Man, de Bondoukou ou d'Odienné qui doit pouvoir se présenter à un concours avec la conviction que son travail et ses compétences seront examinés dans les mêmes conditions que ceux de tous les autres candidats.

Ils ne doivent pas avoir à se demander qui ils connaissent pour réussir.
Ils doivent pouvoir croire en leur République.
C'est précisément pour cette raison que Force aux Peuples refuse que cette affaire soit progressivement ensevelie sous le bruit quotidien de l'actualité.

Nous avons saisi les institutions.
Nous leur avons demandé d'exercer leurs responsabilités.
Nous avons laissé le temps nécessaire à l'examen de notre démarche.
Nous prenons désormais date devant la Nation.
Nous prenons date parce que l'histoire politique d'un pays se construit aussi à travers les moments où ses citoyens demandent à leurs institutions de rendre des comptes.
Nous prenons date parce que le clientélisme politique n'est pas une fatalité.
Nous prenons date parce qu'une République dans laquelle les relations personnelles deviennent plus importantes que le mérite finit par décourager ses enfants les plus travailleurs.
Nous prenons date parce qu'il ne peut y avoir de véritable égalité des chances si certains citoyens pensent qu'un accès privilégié aux détenteurs du pouvoir peut leur ouvrir des portes qui restent fermées aux autres.

Force aux Peuples ne demande aucun privilège pour ses militants. Nous ne demandons aucune faveur pour les jeunes. Nous demandons que la République soit la même pour tous. Nous demandons que le mérite soit protégé. Nous demandons que les concours et recrutements publics soient transparents, contrôlables et impartiaux. Nous demandons que les institutions rassurent la jeunesse ivoirienne.
Et nous demandons que lorsqu'une question d'une telle importance est portée devant la représentation nationale, la Nation puisse connaître la réponse de ses représentants.

Cette démarche ne prendra pas fin avec ce communiqué.
Force aux Peuples continuera de suivre les suites qui seront données à ses saisines et informera régulièrement l'opinion publique de toute réponse qui lui parviendra.
Nous conserverons également la trace de cette démarche, de sa date, de ses destinataires et des réponses qui lui seront éventuellement apportées. Car nous voulons laisser à l'histoire un témoignage simple et incontestable :
Le 22 juillet 2026, Force aux Peuples a saisi la Représentation nationale pour demander que la lumière soit faite sur une question touchant à l'égalité des chances et à la confiance de la jeunesse dans la République.
Plusieurs semaines après, aucune réponse officielle ne nous est parvenue.
Nous ne savons pas encore ce que l'histoire retiendra de cette affaire. Mais nous savons ce que Force aux Peuples veut qu'elle retienne de notre position :
Nous avons choisi de défendre la République des droits contre la République des faveurs.
Nous avons choisi le mérite contre les privilèges.
Nous avons choisi la jeunesse contre le clientélisme.
Et sur cette question, nous ne nous tairons pas.

Le Peuple d'abord, la Côte d'Ivoire en avant.

Pierre François Irié
Président Exécutif de Force aux Peuples

LA CÔTE D’IVOIRE EST-ELLE RICHE QUAND LES IVOIRIENS NE LE SONT PAS ?De l’explosion des milliards à la question de la pui...
25/08/2026

LA CÔTE D’IVOIRE EST-ELLE RICHE QUAND LES IVOIRIENS NE LE SONT PAS ?

De l’explosion des milliards à la question de la puissance du peuple

Il y a des chiffres qui devraient nous arrêter.
En 2012, le budget de l’État ivoirien était de 3 189,1 milliards de FCFA. En 2026, il atteint 17 350,2 milliards. En quatorze ans, le budget a donc été multiplié par plus de cinq, selon les données du ministère du Budget.

L’État dispose aujourd’hui de moyens financiers considérablement supérieurs à ceux du début des années 2010. Une question devient alors incontournable : qu’avons-nous fait de cette puissance financière nouvelle ?
Cette question s’adresse d’abord à ceux qui gouvernent. Depuis 2011, le même pouvoir définit les grandes orientations économiques, fiscales, sociales et financières du pays. Après quinze années de pouvoir, il est donc légitime d’examiner les milliards engagés à partir de leurs effets concrets sur la vie des Ivoiriens.

Regardons l’éducation.
En 2026, l’enseignement reçoit 2 084,8 milliards de FCFA. L’effort financier est réel. Mais la Banque mondiale estime que 80 % des enfants ivoiriens en âge de terminer le primaire sont en situation de pauvreté des apprentissages, c’est-à-dire qu’ils ne maîtrisent pas suffisamment la lecture avec compréhension. Cette estimation repose sur les dernières données disponibles avant les fermetures d’écoles liées à la Covid-19.
Le contraste mérite donc d’être interrogé : pourquoi une progression aussi importante des moyens publics ne produit-elle pas encore les résultats éducatifs que notre pays est en droit d’attendre ?

La même exigence doit s’appliquer à la santé.
Les crédits consacrés à la santé passent d’environ 442,6 milliards de FCFA en 2022 à 809 milliards en 2026. L’effort public progresse. Pourtant, les données de l’OMS indiquent une dépense totale de santé de 87,7 dollars par habitant en 2023, soit 3,4 % du PIB, tandis que les dépenses directement supportées par les ménages représentaient encore 31,99 % des dépenses courantes de santé.
Le chiffre a fortement diminué par rapport aux années précédentes, ce qui constitue une évolution positive. Mais près d’un tiers des dépenses courantes reste directement supporté par les ménages. Pour les familles modestes, la question de l’accès effectif aux soins demeure donc entière.

Le logement révèle une autre contradiction.
Les crédits passent d’environ 870,6 milliards de FCFA en 2022 à 1 032,1 milliards en 2026. Dans le même temps, Habitat for Humanity estimait le déficit cumulé de logements à environ 600 000 unités en 2022 et évaluait à près de 40 000 logements par an l’augmentation du déficit à Abidjan.

Le rythme de l’effort public doit donc être comparé au rythme de croissance des besoins. Une politique de développement se mesure aussi à la possibilité pour une famille de se loger dignement, d’accéder à la ville et de préserver une part raisonnable de son revenu après paiement du logement.

La protection sociale pose enfin la question de la sécurité économique des citoyens. En 2026, elle représente 180 milliards de FCFA, soit environ 1 % du budget total. Dans une économie où l’informalité demeure très importante, l’enjeu central devient celui de la couverture réelle des travailleurs et des familles face à la perte de revenu, à la maladie, aux accidents de la vie ou à la vieillesse.

Ces chiffres ne permettent pas de nier les progrès réalisés. Ils obligent plutôt à poser une question plus exigeante : quel rendement social produisent les ressources publiques mobilisées ?
Car la Côte d’Ivoire produit. Cacao, café, caoutchouc, or, hydrocarbures, produits agricoles : notre pays dispose de ressources considérables, auxquelles s’ajoutent une population jeune, des entrepreneurs, des travailleurs et des compétences.
Le problème se situe davantage dans la maîtrise de la valeur créée. Qui transforme nos matières premières ? Qui possède les entreprises ? Qui finance les producteurs ? Qui maîtrise les technologies et les réseaux de distribution ? Qui capte les marges ? Qui accumule le capital nécessaire aux industries de demain ?
Ces questions touchent directement à la souveraineté économique. Une économie peut connaître une forte croissance sans que la propriété de la richesse soit suffisamment élargie au sein de sa population.

Nous voulons une autre trajectoire : davantage de transformation locale, des entreprises ivoiriennes capables de grandir, un financement orienté vers la production et l’innovation, une agriculture qui permette aux producteurs de mieux participer à la valeur créée, une recherche capable de produire des technologies adaptées à nos besoins et une jeunesse considérée comme une force productive majeure.

La question de la dette rend cette orientation encore plus urgente.
En 2026, le service de la dette publique est prévu à environ 6 674,1 milliards de FCFA, soit près de 38,5 % du budget. Ce montant comprend le remboursement du capital ainsi que les intérêts et frais. Les documents budgétaires distinguent environ 1 757,9 milliards de charges financières et 4 916,2 milliards correspondant principalement au remboursement du capital.
Il serait donc faux de présenter les 6 674 milliards comme des intérêts. En revanche, leur poids dans le budget impose une interrogation sur la marge financière disponible pour préparer l’avenir.
Toute dette n’est pas mauvaise. Lorsqu’elle finance une infrastructure productive, une industrie, une énergie moins coûteuse, une université performante ou une capacité technologique nouvelle, elle peut renforcer durablement l’économie. La vraie question est ce qu’elle permet de construire.

Si nous empruntons aujourd’hui, que posséderons-nous demain ?
C’est finalement là que se situe le débat.

La Côte d’Ivoire a besoin d’un État financièrement puissant, mais cette puissance doit se traduire par une population économiquement plus forte : des travailleurs mieux protégés, des agriculteurs mieux rémunérés, des entreprises nationales plus solides, des jeunes mieux formés, des chercheurs mieux soutenus et des familles moins vulnérables.

La question est donc au delà de combien la Côte d’Ivoire produit, de regarder combien les Ivoiriens possèdent, contrôlent, transforment et conservent de cette richesse, ainsi que ce qui est réinvesti dans les capacités productives de la génération suivante.

Après quinze années de pouvoir, le bilan ne peut pas se limiter au volume des milliards dépensés. Il doit aussi être apprécié à partir des capacités humaines, économiques et productives que ces milliards ont permis de construire.
Une Côte d’Ivoire véritablement prospère sera celle où la richesse nationale se traduit par davantage de possibilités pour son peuple : vivre dignement, apprendre, se soigner, travailler, entreprendre, posséder et participer pleinement aux décisions qui déterminent son avenir.

Force aux Peuples
Construire la Puissance Humaine.

Innocent Gnelbin

Analyste Politique et Essayiste
Président de Force Aux Peuples

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Abidjan

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+2250709483982

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