04/06/2026
GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE
LA NOUVELLE COMPÉTITION MONDIALE : L'AFRIQUE DOIT INVESTIR DANS L'INTELLIGENCE COLLECTIVE
Tribune politique
Depuis plusieurs décennies, les peuples du monde ont été habitués à penser la puissance à travers les armées, les armes sophistiquées, les ressources naturelles ou encore la capacité de projection militaire.
Pourtant, les grandes transformations du XXIe siècle nous invitent à porter un regard nouveau sur la nature même de la puissance.
La véritable compétition mondiale qui se dessine aujourd'hui ne se limite plus aux missiles, aux porte-avions ou aux capacités militaires traditionnelles. Elle se joue désormais dans les laboratoires, les universités, les centres de recherche, les écoles, les entreprises innovantes et les systèmes éducatifs.
Autrement dit, la grande bataille de demain sera celle de l'intelligence collective.
Les nations qui domineront le siècle en cours seront celles qui réussiront à mobiliser le potentiel intellectuel du plus grand nombre de leurs citoyens. Elles seront capables de transformer la connaissance en innovation, l'éducation en productivité et la science en prospérité.
L'ascension spectaculaire de la Chine illustre parfaitement cette nouvelle réalité. Derrière ses performances économiques et technologiques se trouve un investissement massif dans l'éducation, la recherche scientifique, la formation des compétences et la planification stratégique de long terme.
La question fondamentale qui se pose aujourd'hui à l'Afrique est simple :
Sommes-nous préparés à participer à cette nouvelle compétition mondiale ?
Pour GPS – Générations et Peuples Solidaires, la réponse à cette question dépend avant tout de notre capacité à placer l'éducation au cœur du projet de transformation nationale.
L'Afrique possède la population la plus jeune du monde. Cette jeunesse constitue notre plus grande richesse. Mais cette richesse ne produira ses effets que si elle est accompagnée d'investissements massifs dans le savoir, la science, les mathématiques, les technologies numériques, la recherche et l'innovation.
Le développement du continent ne pourra pas reposer uniquement sur l'exploitation des matières premières ou sur les opportunités conjoncturelles du marché mondial.
Il reposera d'abord sur la qualité de son capital humain.
Nous devons former une génération capable de comprendre les mutations technologiques, de maîtriser les outils de l'intelligence artificielle, de produire des connaissances nouvelles et de participer activement à l'économie mondiale du savoir.
Cette ambition exige une profonde réforme de nos systèmes éducatifs.
L'école africaine doit davantage encourager l'esprit critique, la créativité, la rigueur scientifique, la résolution des problèmes complexes et la culture de l'innovation.
Elle doit préparer nos enfants non seulement à chercher un emploi, mais aussi à créer des solutions, des entreprises, des technologies et des richesses.
Dans ce contexte, la maîtrise des mathématiques, des sciences et des technologies devient un enjeu stratégique majeur.
Les nations qui investissent aujourd'hui dans ces domaines construisent déjà leur avance de demain.
À l'inverse, celles qui négligent la formation scientifique de leur jeunesse risquent d'être durablement marginalisées dans la nouvelle économie mondiale.
Pour GPS, la véritable souveraineté du XXIe siècle est d'abord une souveraineté intellectuelle.
Elle repose sur la capacité d'un peuple à produire des connaissances, à comprendre les transformations du monde et à participer à la construction de l'avenir.
Le défi africain n'est donc pas seulement économique ou politique.
Il est avant tout éducatif, scientifique et culturel.
L'Afrique doit entrer pleinement dans l'ère de l'intelligence collective.
Elle doit faire du savoir son principal levier de développement.
Car les batailles de demain ne seront pas gagnées uniquement par les nations les plus armées.
Elles seront remportées par les peuples les mieux formés, les plus innovants et les plus capables de mobiliser leur intelligence collective au service du progrès.
C'est cette Afrique du savoir, de l'excellence et de l'innovation que nous appelons de nos vœux.
Professeur Zoumana Coulibaly