Tribune DU GPS

Tribune DU GPS « GPS incarne une autre manière de faire la politique : ériger la Côte d’Ivoire en une nation de droit, d’équité et de prospérité.

La Patrie des Possibles demeure notre idéal. »

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE LA NOUVELLE COMPÉTITION MONDIALE : L'AFRIQUE DOIT INVESTIR DANS L'INTELLIGENCE COLLECTI...
04/06/2026

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE

LA NOUVELLE COMPÉTITION MONDIALE : L'AFRIQUE DOIT INVESTIR DANS L'INTELLIGENCE COLLECTIVE

Tribune politique

Depuis plusieurs décennies, les peuples du monde ont été habitués à penser la puissance à travers les armées, les armes sophistiquées, les ressources naturelles ou encore la capacité de projection militaire.

Pourtant, les grandes transformations du XXIe siècle nous invitent à porter un regard nouveau sur la nature même de la puissance.

La véritable compétition mondiale qui se dessine aujourd'hui ne se limite plus aux missiles, aux porte-avions ou aux capacités militaires traditionnelles. Elle se joue désormais dans les laboratoires, les universités, les centres de recherche, les écoles, les entreprises innovantes et les systèmes éducatifs.

Autrement dit, la grande bataille de demain sera celle de l'intelligence collective.

Les nations qui domineront le siècle en cours seront celles qui réussiront à mobiliser le potentiel intellectuel du plus grand nombre de leurs citoyens. Elles seront capables de transformer la connaissance en innovation, l'éducation en productivité et la science en prospérité.

L'ascension spectaculaire de la Chine illustre parfaitement cette nouvelle réalité. Derrière ses performances économiques et technologiques se trouve un investissement massif dans l'éducation, la recherche scientifique, la formation des compétences et la planification stratégique de long terme.

La question fondamentale qui se pose aujourd'hui à l'Afrique est simple :

Sommes-nous préparés à participer à cette nouvelle compétition mondiale ?

Pour GPS – Générations et Peuples Solidaires, la réponse à cette question dépend avant tout de notre capacité à placer l'éducation au cœur du projet de transformation nationale.

L'Afrique possède la population la plus jeune du monde. Cette jeunesse constitue notre plus grande richesse. Mais cette richesse ne produira ses effets que si elle est accompagnée d'investissements massifs dans le savoir, la science, les mathématiques, les technologies numériques, la recherche et l'innovation.

Le développement du continent ne pourra pas reposer uniquement sur l'exploitation des matières premières ou sur les opportunités conjoncturelles du marché mondial.

Il reposera d'abord sur la qualité de son capital humain.

Nous devons former une génération capable de comprendre les mutations technologiques, de maîtriser les outils de l'intelligence artificielle, de produire des connaissances nouvelles et de participer activement à l'économie mondiale du savoir.

Cette ambition exige une profonde réforme de nos systèmes éducatifs.

L'école africaine doit davantage encourager l'esprit critique, la créativité, la rigueur scientifique, la résolution des problèmes complexes et la culture de l'innovation.

Elle doit préparer nos enfants non seulement à chercher un emploi, mais aussi à créer des solutions, des entreprises, des technologies et des richesses.

Dans ce contexte, la maîtrise des mathématiques, des sciences et des technologies devient un enjeu stratégique majeur.

Les nations qui investissent aujourd'hui dans ces domaines construisent déjà leur avance de demain.

À l'inverse, celles qui négligent la formation scientifique de leur jeunesse risquent d'être durablement marginalisées dans la nouvelle économie mondiale.

Pour GPS, la véritable souveraineté du XXIe siècle est d'abord une souveraineté intellectuelle.

Elle repose sur la capacité d'un peuple à produire des connaissances, à comprendre les transformations du monde et à participer à la construction de l'avenir.

Le défi africain n'est donc pas seulement économique ou politique.

Il est avant tout éducatif, scientifique et culturel.

L'Afrique doit entrer pleinement dans l'ère de l'intelligence collective.

Elle doit faire du savoir son principal levier de développement.

Car les batailles de demain ne seront pas gagnées uniquement par les nations les plus armées.

Elles seront remportées par les peuples les mieux formés, les plus innovants et les plus capables de mobiliser leur intelligence collective au service du progrès.

C'est cette Afrique du savoir, de l'excellence et de l'innovation que nous appelons de nos vœux.

Professeur Zoumana Coulibaly

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE/TRIBUNE POLITIQUEPOUR UNE AFRIQUE DE LA PENSÉE COMPLEXE ET DE L'EXCELLENCE INTELLECTUEL...
02/06/2026

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE/TRIBUNE POLITIQUE

POUR UNE AFRIQUE DE LA PENSÉE COMPLEXE ET DE L'EXCELLENCE INTELLECTUELLE

Comprendre le monde pour mieux le transformer

La disparition du philosophe et sociologue français Edgar Morin à l'âge de 104 ans invite l'Afrique à une réflexion profonde sur la nature du savoir, de l'intelligence politique et de la formation de ses futures élites.

Au-delà des controverses idéologiques, une évidence demeure : les peuples qui progressent sont ceux qui apprennent à comprendre le monde dans toute sa complexité. Ils ne se contentent pas de slogans. Ils ne réduisent pas la réalité à des oppositions simplistes. Ils développent la capacité d'analyser, de relier et d'anticiper.

C'est précisément l'un des enseignements majeurs de la pensée complexe développée par Edgar Morin.

Pour GPS – Générations et Peuples Solidaires, l'avenir de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique dépend de notre capacité à former une nouvelle génération de citoyens capables de penser le réel dans sa globalité : économie, culture, technologie, environnement, gouvernance, éducation, géopolitique et développement humain.

Notre continent ne gagnera pas les batailles du XXIe siècle avec des raisonnements simplistes. Il lui faut des femmes et des hommes capables de comprendre les interactions entre les phénomènes, les interdépendances entre les nations et les mécanismes qui structurent le monde contemporain.

L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à croire qu'il suffit de rejeter une pensée parce qu'elle vient d'ailleurs. Cette attitude conduit souvent à l'appauvrissement intellectuel.

Les grandes nations ne se construisent pas dans l'ignorance des autres. Elles se construisent dans la capacité à apprendre de tous, à comprendre tous les systèmes de pensée et à en tirer ce qui peut servir leur propre développement.

L'Asie a étudié l'Occident avant de le concurrencer.

Les grandes puissances contemporaines ont appris des autres avant de produire leurs propres modèles.

L'Afrique doit suivre cette voie de l'intelligence stratégique.

Lire les grands penseurs du monde ne signifie pas s'y soumettre. Cela signifie acquérir des outils pour mieux comprendre les réalités politiques, économiques et sociales de notre époque.

Une jeunesse africaine véritablement libre est une jeunesse capable de lire aussi bien Cheikh Anta Diop que Montesquieu, Frantz Fanon que Sun Tzu, Ngugi wa Thiong'o que Morin, Amilcar Cabral que les grands théoriciens contemporains des sciences, de l'économie et des institutions.

La véritable souveraineté commence par la souveraineté intellectuelle.

Cette souveraineté ne se construit ni dans le rejet systématique ni dans l'imitation aveugle. Elle se construit dans l'esprit critique, dans la capacité d'analyse et dans la maîtrise des connaissances les plus avancées.

GPS considère que la mission fondamentale de l'école africaine doit être de former des citoyens capables de comprendre les grands enjeux de leur temps, d'innover, de créer, d'entreprendre et de gouverner avec compétence.

L'Afrique de demain aura besoin d'ingénieurs, de chercheurs, d'économistes, de juristes, de médecins, d'agriculteurs modernes, de stratèges et de dirigeants capables de penser les problèmes complexes auxquels notre continent est confronté.

Plus que jamais, nous devons promouvoir une culture de l'excellence, de la connaissance et de l'ouverture intellectuelle.

Car aucune nation ne peut prétendre transformer le monde si elle refuse d'abord de le comprendre.

C'est dans cet esprit que GPS réaffirme son engagement en faveur d'une école de l'excellence, d'une jeunesse éclairée et d'une Afrique capable de dialoguer avec toutes les civilisations tout en affirmant sa propre vision du développement.

L'avenir appartient aux peuples qui apprennent.

L'avenir appartient aux peuples qui réfléchissent.

L'avenir appartient aux peuplesc qui comprennent avant d'agir.

Professeur Zoumana Coulibaly
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EN CE GRAND JOUR, MARQUANT LA FÊTE DE TABASKI , LE PROFESSEUR ZOUMANA COULIBALY SOUHAITE À TOUTES ET TOUS BONNE FÊTE
26/05/2026

EN CE GRAND JOUR, MARQUANT LA FÊTE DE TABASKI , LE PROFESSEUR ZOUMANA COULIBALY SOUHAITE À TOUTES ET TOUS BONNE FÊTE

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE Pour une Afrique des concepteurs et non des survivantsPar le Professeur Zoumana Couliba...
22/05/2026

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE

Pour une Afrique des concepteurs et non des survivants

Par le Professeur Zoumana Coulibaly pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

L’Afrique vit aujourd’hui un moment décisif de son histoire. Un moment où notre continent doit choisir entre continuer à survivre dans les marges de l’économie mondiale ou décider enfin de devenir un acteur stratégique capable de concevoir, produire, négocier et imposer ses propres intérêts dans la mondialisation.

Depuis plusieurs décennies, des milliers d’Africains prennent l’avion pour parcourir des milliers de kilomètres afin d’acheter des marchandises ailleurs et les revendre chez eux. Beaucoup y voient du commerce. Pourtant, derrière cette agitation économique se cache une réalité plus profonde : l’Afrique demeure essentiellement un espace de consommation, et non un espace de conception.

Dans le système capitaliste contemporain, la richesse ne récompense plus seulement celui qui transporte ou revend des marchandises. Elle récompense surtout celui qui contrôle la production, la logistique, les infrastructures, les plateformes numériques, les normes, les technologies et les chaînes de valeur.

Le monde change rapidement. Les plateformes intégrées, les hubs logistiques, l’intelligence artificielle, l’automatisation du commerce et les grands réseaux industriels internationaux transforment profondément l’économie mondiale. Dans cette dynamique, les économies informelles et les modèles de simple revente deviennent de plus en plus fragiles.

L’Afrique ne peut donc plus se contenter d’être un continent de débrouillardise. Elle doit devenir un continent d’organisation, de stratégie et de production.

Le véritable enjeu de notre siècle est là : former une nouvelle génération d’élites compétitives africaines.

Une élite compétitive n’est pas une élite de privilèges, de réseaux ou de clientélisme. Ce n’est pas une élite de discours. C’est une élite capable de produire de la valeur, de transmettre des compétences et de bâtir des institutions solides.

L’Afrique souffre aujourd’hui d’un déficit structurel de concepteurs. Nous avons trop souvent formé des gestionnaires de pénurie, des administrateurs de dépendance ou des acteurs de rente. Trop peu de jeunes sont préparés à devenir des architectes de marchés, des stratèges industriels, des logisticiens, des ingénieurs, des financiers du commerce international, des experts en data, des juristes économiques ou des négociateurs internationaux.

Pourtant, l’histoire des grandes puissances montre une vérité simple : aucun peuple ne devient puissant sans une minorité disciplinée capable de penser les structures du futur.

Le Japon de l’ère Meiji, la Corée du Sud des années 1960, la Chine des réformes de Deng Xiaoping ou encore le Vietnam du Doi Moi ont tous connu un moment historique où une génération a cessé de se considérer comme victime du monde pour devenir bâtisseuse de puissance.

L’Afrique doit maintenant accomplir le même basculement.

Notre continent ne manque ni de jeunesse, ni d’intelligence, ni de ressources. Ce qui manque encore, c’est une doctrine claire de transformation économique, une culture de la performance et une vision de long terme.

Nous devons comprendre une vérité fondamentale : la souveraineté ne se proclame pas seulement dans les discours politiques. Elle se construit dans les usines, dans les ports, dans les centres logistiques, dans les universités techniques, dans les laboratoires, dans les chaînes d’approvisionnement et dans la maîtrise des technologies.

Une nation qui ne produit pas dépend toujours de celle qui produit.

Voilà pourquoi l’Afrique doit investir massivement dans :

les infrastructures industrielles ;

les zones logistiques ;

les marchés de gros et de semi-gros ;

la formation technique et scientifique ;

les technologies numériques ;

les chaînes de transformation locales ;

les normes et certifications ;

les plateformes de financement productif ;

la recherche et l’innovation.

Le développement véritable ne repose pas sur la consommation ostentatoire ni sur les slogans identitaires. Il repose sur la capacité d’un peuple à créer de la richesse productive.

La fierté africaine ne peut être durable que si elle repose sur une puissance économique réelle.

Une jeunesse qui ne maîtrise ni la technologie, ni la production, ni la finance internationale, ni la logistique mondiale restera dépendante des décisions prises ailleurs.

Le temps est donc venu de transformer notre rapport au monde.

Nous devons cesser de former uniquement des survivants.

Nous devons commencer à former des concepteurs.

Des jeunes capables de créer des systèmes économiques durables.

Des jeunes capables de structurer des marchés.

Des jeunes capables de négocier avec les grandes puissances.

Des jeunes capables de produire localement.

Des jeunes capables d’industrialiser nos territoires.

Des jeunes capables de transformer l’Afrique en puissance économique du XXIᵉ siècle.

Cette transformation exige également une réforme profonde de nos mécanismes de sélection des élites.

Trop souvent encore, dans plusieurs pays africains, la proximité politique, les réseaux de clans, les logiques communautaires ou les intérêts de rente priment sur la compétence et le mérite.

Aucune nation ne peut devenir compétitive si elle sélectionne ses responsables sur des critères autres que l’excellence, la compétence, la discipline et la vision.

L’Afrique a besoin d’une révolution intellectuelle et productive.

Une révolution où le jeune Africain ne se dira plus :

« Comment vais-je survivre ? »

Mais plutôt :

« Comment vais-je construire ? »

Le défi de notre génération est de bâtir une Afrique qui ne soit plus simplement un marché pour les autres, mais une puissance capable de définir ses propres règles, ses propres standards et ses propres ambitions.

Cette ambition exige du courage politique, de la rigueur, du travail, de la discipline et une nouvelle culture de responsabilité historique.

Car aucun peuple ne peut durablement être respecté sans puissance économique.

Et aucune puissance économique ne peut émerger sans une élite compétente, productive et visionnaire.

L’Afrique du XXIᵉ siècle doit donc faire un choix historique :

Rester dans l’économie de survie,

Ou entrer définitivement dans l’économie de conception.

Le temps des porteurs de sacs doit céder la place au temps des bâtisseurs de systèmes.

Le temps des économies informelles doit laisser place au temps des stratégies industrielles.

Le temps des discours doit laisser place au temps de la production.

C’est à cette condition que l’Afrique pourra enfin transformer son immense potentiel en véritable puissance.

Et c’est à cette condition que la jeunesse africaine pourra écrire elle-même son destin dans le concert des nations.

Professeur Zoumana Coulibaly
Pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

Kader Diarrassouba Soro Guillaume Kigbafori GKS TV - La chaîne toujours plus proche de vous Zoumana Coulibaly Jésus Sauveur Godal Fousseni Kone Coulibaly Koffi Aminata Elie Klabinate Tribune DU GPS

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSETRIBUNE POLITIQUEL’Afrique ne vaincra pas la pauvreté sans révolution scientifique, math...
20/05/2026

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE

TRIBUNE POLITIQUE

L’Afrique ne vaincra pas la pauvreté sans révolution scientifique, mathématique et industrielle

Par Professeur Zoumana Coulibaly

Pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

L’histoire des nations enseigne une vérité fondamentale : aucune civilisation n’a atteint la puissance économique durable sans maîtriser les sciences, les mathématiques et la technologie. Derrière chaque grande puissance industrielle se trouvent des ingénieurs, des chercheurs, des planificateurs, des mathématiciens et des bâtisseurs de systèmes.

Or, l’Afrique contemporaine demeure prisonnière d’un paradoxe tragique : elle veut le développement sans accorder aux sciences productives la place centrale qu’elles exigent.

Depuis les indépendances, beaucoup de systèmes éducatifs africains continuent de reproduire des logiques héritées de l’administration coloniale. Ces systèmes ont souvent été conçus davantage pour former des administrateurs et des exécutants que pour produire des concepteurs d’industries, des ingénieurs de souveraineté ou des architectes de transformation économique.

Le résultat est visible :

une faible industrialisation ;

une dépendance technologique chronique ;

une économie principalement extractive ;

et une élite plus attirée par les fonctions administratives que par la production de richesse réelle.

Le problème fondamental de l’Afrique n’est pas l’absence d’intelligence.
Le problème est l’absence d’organisation stratégique de l’intelligence.

Nous avons développé une culture où le diplôme devient souvent un symbole social avant d’être un instrument de transformation économique. Dans plusieurs pays africains, l’éducation est encore perçue comme un moyen d’accéder à un statut, à une fonction publique ou à une rente administrative, plutôt que comme un levier pour produire, innover et structurer des chaînes de valeur nationales.

Cette logique produit une économie de consommation administrative plutôt qu’une économie de production.

Pendant ce temps, les grandes puissances du monde investissent massivement dans :

les mathématiques appliquées ;

l’intelligence artificielle ;

l’ingénierie ;

les semi-conducteurs ;

la robotique ;

les infrastructures numériques ;

et la souveraineté énergétique.

Le monde entre dans une nouvelle révolution industrielle fondée sur la donnée, les algorithmes et les technologies avancées. Une nation qui marginalise les mathématiques se condamne elle-même à rester dépendante des systèmes conçus ailleurs.

L’Afrique doit comprendre que les mathématiques ne sont pas seulement une discipline scolaire. Elles constituent le langage même de la puissance moderne :

elles structurent la finance ;

elles organisent la logistique ;

elles permettent la modélisation industrielle ;

elles pilotent les réseaux énergétiques ;

elles contrôlent les technologies militaires ;

et elles alimentent aujourd’hui l’intelligence artificielle.

Aucune souveraineté sérieuse n’est possible sans maîtrise scientifique.

Le défi africain est donc civilisationnel : transformer notre système éducatif pour passer d’une logique administrative à une logique productive.

Cela implique plusieurs ruptures majeures :

revaloriser massivement les sciences et les filières techniques ;

investir dans les écoles d’ingénieurs ;

renforcer la recherche appliquée ;

connecter l’université aux besoins industriels ;

développer des centres stratégiques de prospective ;

et construire une véritable doctrine économique africaine.

Car une nation ne se développe pas uniquement avec des discours politiques. Elle se développe lorsqu’elle sait :

quoi produire ;

comment produire ;

pour quels marchés ;

avec quelles technologies ;

et avec quelle vision de long terme.

L’Afrique souffre également d’un déficit de fonction intellectuelle stratégique. Trop souvent, les élites commentent les mutations du monde sans participer à leur conception. Or, les nations qui dominent aujourd’hui l’économie mondiale sont celles qui planifient, anticipent et structurent les rapports de force technologiques.

La Chine, la Corée du Sud, Singapour ou encore le Japon n’ont pas émergé par hasard. Ils ont bâti des États stratèges capables de relier l’école, l’industrie, la technologie et la souveraineté nationale.

L’Afrique doit sortir de la fascination des titres pour entrer dans la culture de la compétence productive.

Le véritable prestige d’un diplôme ne devrait pas être le statut social qu’il procure, mais la valeur économique et technologique qu’il permet de créer pour la société.

Un continent ne devient pas puissant parce qu’il multiplie les cérémonies académiques.
Il devient puissant lorsqu’il transforme le savoir en production, en innovation et en industrie.

La pauvreté africaine ne sera pas vaincue uniquement par des réformes politiques.
Elle sera vaincue lorsque l’Afrique produira massivement :

ses ingénieurs ;

ses chercheurs ;

ses industriels ;

ses technologues ;

et ses stratèges économiques.

Le XXIe siècle sera mathématique, scientifique et technologique.
Les nations qui refuseront cette réalité resteront des marchés pour les autres.

L’Afrique doit choisir :
demeurer un espace de consommation dépendante ou devenir enfin une civilisation de production et de puissance.

Professeur Zoumana Coulibaly

Pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE Celui qui contrôle l’énergie contrôle l’industrie : l’Afrique doit sortir du capitalism...
14/05/2026

GUILLAUME KIGBAFORI SORO PROPOSE

Celui qui contrôle l’énergie contrôle l’industrie : l’Afrique doit sortir du capitalisme rentier pour bâtir sa souveraineté énergétique

Par Professeur Zoumana Coulibaly

Pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

L’histoire économique mondiale démontre une vérité implacable : aucune nation ne s’est industrialisée sans maîtriser l’énergie. L’énergie est la colonne vertébrale de toute puissance industrielle. Celui qui contrôle l’électricité contrôle les usines, les transports, les technologies, les infrastructures et, à terme, la souveraineté économique.

Le débat actuel autour du projet de méga-centrale électrique annoncé par le milliardaire nigérian Aliko Dangote soulève donc une question fondamentale pour l’Afrique : voulons-nous construire une véritable puissance industrielle ou simplement renforcer des monopoles privés sous couvert de patriotisme économique ?

Le Nigeria, première puissance démographique africaine, souffre depuis des décennies d’un déficit énergétique chronique. Pourtant, le problème nigérian ne se résume pas uniquement au manque de capacité électrique installée. Le véritable problème est ailleurs :

le coût élevé du kilowattheure ;

l’instabilité du réseau ;

les pertes techniques considérables ;

la faiblesse des infrastructures ;

et l’absence d’une stratégie énergétique nationale cohérente.

Dans ces conditions, annoncer une centrale privée gigantesque peut impressionner l’opinion publique, mais cela ne garantit nullement une industrialisation durable.

L’électricité bon marché ne naît pas spontanément des logiques de monopole privé. Elle résulte généralement d’investissements publics stratégiques, de politiques industrielles de long terme et d’une régulation forte orientée vers l’intérêt collectif.

Le danger pour plusieurs États africains est de confondre capitalisme productif et capitalisme rentier.

Un capitalisme productif investit dans la recherche, améliore la compétitivité, réduit les coûts et stimule l’innovation.
Un capitalisme rentier, au contraire, prospère grâce aux protections politiques, aux monopoles, aux privilèges fiscaux et aux barrières contre la concurrence.

L’Afrique doit avoir le courage de poser une question essentielle : nos grandes fortunes contribuent-elles réellement à la transformation structurelle de nos économies, ou profitent-elles principalement de systèmes protégés par l’État ?

Le développement industriel ne peut reposer sur des logiques de captation de rente. Il exige une vision nationale.

L’économiste et historien britannique Edward Anthony Wrigley a montré que les grandes révolutions industrielles furent avant tout des révolutions énergétiques. L’Angleterre a dominé le monde lorsqu’elle est passée d’une économie organique fondée sur le bois à une économie minérale fondée sur le charbon. Cette transition énergétique a permis la naissance de l’industrie lourde, de la sidérurgie moderne et du capitalisme industriel.

Aujourd’hui encore, les grandes puissances contrôlent leur destin grâce à leur maîtrise énergétique :

la Chine investit massivement dans le nucléaire, l’hydroélectricité et le charbon propre ;

les États-Unis sécurisent leurs ressources stratégiques ;

la Russie utilise l’énergie comme levier géopolitique ;

et l’Europe elle-même comprend désormais que sans souveraineté énergétique, il n’existe pas de souveraineté économique.

L’Afrique, malheureusement, reste prisonnière d’un modèle énergétique fragile, coûteux et dépendant.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de produire plus d’électricité, mais de produire une électricité abondante, stable et compétitive pour alimenter une industrialisation massive.

Une économie ne devient puissante que lorsque ses entreprises peuvent produire à faible coût énergétique. Sans énergie compétitive :

pas d’industrie lourde ;

pas de sidérurgie ;

pas de révolution technologique ;

pas de transformation locale des matières premières ;

et donc pas de souveraineté économique.

L’Afrique doit sortir d’une logique purement commerciale de l’électricité pour adopter une logique stratégique de puissance industrielle.

Cela suppose :

des investissements publics massifs ;

des réseaux nationaux intégrés ;

une planification énergétique de long terme ;

le développement de compétences scientifiques ;

et une réflexion sérieuse sur les énergies capables de soutenir une industrialisation à grande échelle.

Le continent africain doit cesser de penser l’énergie comme un simple marché. L’énergie est un instrument de souveraineté.

Le risque aujourd’hui est de voir certains États abandonner progressivement le contrôle de secteurs stratégiques à des groupes privés devenus plus puissants que les institutions publiques elles-mêmes. Une telle concentration économique peut affaiblir la concurrence, réduire la capacité de régulation de l’État et ralentir les transformations structurelles nécessaires.

L’Afrique ne doit pas remplacer les anciennes dépendances étrangères par de nouvelles dépendances oligarchiques internes.

Le patriotisme économique véritable ne consiste pas uniquement à avoir des milliardaires africains. Il consiste surtout à construire des systèmes économiques capables d’élever durablement le niveau de vie des populations.

La grandeur d’une nation ne se mesure pas au nombre de ses fortunes privées, mais à sa capacité à produire une énergie accessible, une industrie compétitive et des emplois massifs pour sa jeunesse.

Le XXIe siècle sera celui des nations capables de maîtriser simultanément :

l’énergie ;

la technologie ;

et l’industrie.

L’Afrique doit enfin comprendre que la souveraineté politique sans souveraineté énergétique reste une illusion.

Professeur Zoumana Coulibaly

Pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

TRIBUNE POLITIQUEL’Afrique ne se développera pas avec des slogans entrepreneuriaux, mais avec une véritable politique in...
12/05/2026

TRIBUNE POLITIQUE

L’Afrique ne se développera pas avec des slogans entrepreneuriaux, mais avec une véritable politique industrielle

Par Professeur Zoumana Coulibaly

Pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

Depuis plusieurs années, une nouvelle mode s’est imposée dans de nombreux pays africains : l’introduction des cours d’entrepreneuriat dans les collèges, lycées et universités. Présentée comme une solution miracle au chômage massif des jeunes, cette orientation éducative est souvent célébrée comme une révolution moderne. Pourtant, derrière ce discours séduisant se cache parfois une vérité beaucoup plus dérangeante : l’absence de vision industrielle, l’échec de la planification économique et l’incapacité structurelle de nombreux États africains à créer des emplois durables.

Il faut avoir le courage de poser les vraies questions.
Peut-on bâtir une économie forte uniquement à coups de discours motivationnels ? Peut-on transformer toute une jeunesse en entrepreneurs par décret administratif ou par des cours théoriques dispensés dans des salles de classe déconnectées des réalités économiques ?

La réponse est non.

L’entrepreneuriat n’est pas une formule magique. Il n’est pas un remède universel au chômage. Il est avant tout le produit d’un écosystème économique solide : accès au financement, infrastructures fiables, stabilité institutionnelle, protection juridique, marché solvable, politique industrielle cohérente et formation technique de qualité.

Or, dans plusieurs pays africains, on enseigne l’entrepreneuriat sans créer les conditions matérielles permettant aux jeunes d’entreprendre réellement. C’est une contradiction profonde.

Comment demander à une jeunesse de créer des entreprises dans des environnements où :

les banques refusent de financer les jeunes ;

l’électricité demeure instable ;

les infrastructures logistiques sont déficientes ;

l’administration est lente et parfois corrompue ;

le marché informel écrase toute compétitivité ;

et l’absence de protection économique décourage l’investissement productif ?

La vérité est que beaucoup de systèmes éducatifs africains produisent aujourd’hui des diplômés sans débouchés parce qu’ils ne sont pas articulés à une véritable stratégie nationale de développement économique.

L’Afrique doit comprendre une chose essentielle :
aucune nation ne s’est industrialisée grâce aux seules conférences de motivation ou aux vidéos d’influenceurs sur les réseaux sociaux.

Les grandes puissances économiques ont bâti leur développement sur la planification, la discipline industrielle, la maîtrise technologique et la formation de compétences productives.

La Chine, souvent citée en exemple, n’a pas construit sa puissance sur le culte des « coachs en réussite ». Elle a investi massivement dans :

les ingénieurs ;

les scientifiques ;

les infrastructures ;

les zones industrielles ;

la production manufacturière ;

la recherche et développement ;

et la souveraineté technologique.

Dans cette logique, Pékin a choisi de réguler sévèrement les discours économiques trompeurs et les promesses d’enrichissement rapide diffusées sur les réseaux sociaux. Cette démarche peut être discutée, mais elle traduit une volonté claire : protéger la jeunesse contre les illusions économiques destructrices.

En Afrique, malheureusement, l’espace public est parfois saturé par des vendeurs de rêves qui présentent l’entrepreneuriat comme un raccourci vers la richesse instantanée. Beaucoup de jeunes, mal préparés aux réalités du marché, se retrouvent alors piégés par des investissements hasardeux, des crédits mal maîtrisés et des activités sans rentabilité réelle.

L’économie n’est pas un spectacle.
L’économie est une science de production, de gestion des risques, de compétitivité et d’organisation des ressources.

C’est pourquoi les États africains doivent remettre les praticiens au cœur de la transmission économique : chefs d’entreprises expérimentés, experts-comptables, industriels, ingénieurs, investisseurs, économistes et techniciens.

Le véritable défi africain n’est pas de transformer chaque jeune en entrepreneur solitaire. Le véritable défi est de créer des millions d’emplois productifs à travers une industrialisation intelligente.

L’Afrique a besoin :

d’usines ;

de zones économiques spéciales ;

de filières agro-industrielles ;

de transformation locale des matières premières ;

de politique énergétique ambitieuse ;

et de souveraineté technologique.

Un pays ne se développe pas simplement parce qu’il enseigne l’entrepreneuriat dans les écoles.
Un pays se développe lorsqu’il organise méthodiquement sa production nationale et donne à sa jeunesse les moyens réels de participer à la création de richesse.

Le danger aujourd’hui est de faire porter aux jeunes la responsabilité d’un chômage qui résulte avant tout d’échecs structurels des politiques publiques.

Dire à toute une génération : « Créez vos propres emplois », sans construire l’écosystème nécessaire, revient parfois à abandonner cette jeunesse à elle-même.

La jeunesse africaine mérite mieux que des slogans.
Elle mérite une vision.
Elle mérite des politiques industrielles ambitieuses.
Elle mérite des États stratèges capables d’anticiper les mutations économiques du XXIe siècle.

L’Afrique ne gagnera pas la bataille du développement avec des illusions.
Elle la gagnera avec la compétence, la production et l’intelligence économique.

Professeur Zoumana Coulibaly

Pour Générations et Peuples Solidaires (GPS)

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