11/08/2026
📚 UNE ŒUVRE, UNE RÉFLEXION
Et si l’absence d’enfant n’était pas seulement une épreuve pour un couple, mais aussi le reflet des pressions que notre société exerce sur lui ?
Aujourd’hui, nous mettons en lumière Reste avec moi, le premier roman de l’écrivaine nigériane Ayọ̀bámi Adébáyọ̀.
À travers l’histoire de Yejide et Akin, un couple profondément attaché l’un à l’autre, l’autrice aborde une réalité douloureuse : l’infertilité et tout ce qu’elle peut provoquer dans un couple lorsque la pression familiale et sociale s’en mêle.
Mais ce roman nous invite surtout à nous poser une question essentielle :
Pourquoi, lorsqu’un couple n’arrive pas à avoir d’enfant, la femme est-elle si souvent la première personne à être accusée ?
À travers cette œuvre, plusieurs réalités apparaissent :
🔶L’infertilité masculine, encore trop souvent passée sous silence.
L’histoire montre combien il peut être difficile pour un homme de reconnaître une difficulté liée à sa fertilité lorsque la société associe la masculinité à la capacité de procréer.
🔶La pression sociale et familiale.
Dans certaines communautés, quelques années de mariage sans enfant suffisent pour que les proches commencent à intervenir, questionner, juger et parfois décider à la place du couple. Dans le roman, cette pression contribue directement à fragiliser le mariage de Yejide et Akin.
🔶Le manque de communication dans le couple.
Lorsque la peur, la honte et les secrets remplacent le dialogue, une difficulté peut rapidement devenir une crise de confiance. Le roman montre comment les non-dits peuvent profondément détériorer une relation.
🔶La polygamie comme réponse à l’absence d’enfant.
L’arrivée d’une seconde épouse soulève une question importante : prendre une nouvelle épouse est-il réellement une solution à l’infertilité, ou est-ce parfois une réponse sociale à un problème qui devrait d’abord être compris et pris en charge ?
🔶Le poids de l’accusation porté par la femme.
Yejide devient le symbole d’une femme dont la valeur semble progressivement être réduite à sa capacité à donner naissance. Le roman nous pousse alors à nous demander : une femme doit-elle être mère pour être considérée comme accomplie ?
💭Et si nous changions notre regard ?
L’infertilité n’est pas une faute.
Ce n’est pas une honte.
Et surtout, ce n’est pas nécessairement un problème féminin.
Lorsqu’un couple rencontre des difficultés à concevoir, la responsabilité ne devrait pas être automatiquement placée sur la femme. Il devrait plutôt y avoir écoute, dialogue, accompagnement médical et soutien, loin des accusations et des pressions.
Reste avec moi nous rappelle ainsi qu’un livre peut faire bien plus que raconter une histoire : il peut nous amener à questionner nos traditions, nos préjugés et notre manière de regarder les autres.
📖Une œuvre, une réflexion.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
👉 Lorsqu’un couple n’arrive pas à avoir d’enfant, pensez-vous que la pression vient davantage de la famille, de la société ou du couple lui-même ?