23/12/2025
Tensions entre Tahir Erda Taïro et le président : autopsie d’une rumeur sans fondement
Depuis plusieurs jours, une rumeur persistante, savamment distillée sur la toile et relayée par certains cercles proches de Lony, prétend à un bras de fer entre le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, dit Mahamat Kaka, et l’un de ses fidèles au sein de l’appareil militaire, le général Tahir Erda Taïro. Comme souvent en période de recomposition sécuritaire, l’intox va plus vite que l’information vérifiée.
Notre investigation menée auprès de sources crédibles à la présidence est sans équivoque : le climat entre le chef de l’État et Tahir Erda Taïro est au beau fixe. Mieux, les deux hommes se sont rencontrés tout récemment, y compris la veille de la diffusion la plus insistante de ces allégations. Aucun signe de froid, encore moins de rupture.
Il est vrai que le nom de Tahir Erda Taïro circule dans les discussions liées à la recomposition de l’armée, un chantier sensible qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais être au cœur d’une réforme ne signifie ni disgrâce ni conflit. Bien au contraire, cela traduit une position stratégique.
Contacté par nos soins, Tahir Erda Taïro a opposé un refus poli de commenter, attitude classique chez un officier rompu à la discipline institutionnelle. Le silence, ici, ne vaut ni aveu ni confirmation.
Un fait mérite cependant d’être contextualisé : selon nos informateurs, Tahir Erda Taïro aurait effectivement attiré l’attention du président sur le rôle controversé de Lony à la tête de l’ANSE, estimant que cette position serait utilisée pour nuire à des innocents. L’argument avancé, mêlant griefs sécuritaires et comportements jugés déplacés dans l’entourage présidentiel, relève davantage de l’alerte interne que de la manœuvre politique. En d’autres termes, conseiller n’est pas conspirer.
Rappelons un principe élémentaire de la gouvernance au Tchad : si tension réelle il y avait, Mahamat Kaka n’hésiterait pas à trancher.