20/05/2026
: la mémoire des luttes comme impératif de vigilance et de résistance
Le 19 mai demeure une date fondatrice dans la mémoire nationale et universitaire.
Le 19 mai 1956, les étudiants et lycéens algériens répondaient à l’appel de l’UGEMA en rejoignant la Révolution de libération, consacrant le rôle historique de l’université comme espace de conscience, d’engagement et de résistance.
À Béjaïa, cette mémoire se prolonge dans le soulèvement de la Soummam du 19 mai 1981, considéré comme un autre Printemps berbère, lorsque la jeunesse s’est dressée contre la délocalisation du projet de l’université. Une mobilisation historique portée par les lycéens et les étudiants de la région, ayant permis d’arracher une université née de la volonté populaire et du sacrifice collectif.
Quarante-cinq ans plus t**d, il est de notre devoir d’interroger la réalité que traverse aujourd’hui cette institution conquise par la lutte.
Le Conseil Universitaire du RCD – Béjaïa constate avec une profonde inquiétude l’installation progressive d’un climat de restriction et de répression au sein de l’espace universitaire.
Sous couvert de gestion administrative et de maintien de l’ordre, s’installe désormais un dispositif systématique de restriction des libertés universitaires, de domestication de l’action associative et d’asphyxie de toute expression autonome de la communauté estudiantine.
Sous couvert de gestion administrative, les clubs scientifiques, associations culturelles et cadres d’organisation estudiantine subissent des entraves bureaucratiques, des pressions permanentes et des pratiques visant à neutraliser toute dynamique autonome et toute voix critique.
Plus grave encore, des poursuites judiciaires et sanctions administratives frappent étudiants, enseignants et doctorants, dans une logique visant à imposer la peur comme mode de gouvernance universitaire et à vider l’université de sa vocation critique, scientifique et émancipatrice.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse de simples dysfonctionnements administratifs.
Il s’agit d’une normalisation inquiétante de l’autoritarisme au sein même de l’université , où l’on tente de substituer à la culture du débat et de l’engagement une culture du silence et de l’autocensure.
Or, l’université de Béjaïa n’est pas une concession accordée par le pouvoir.
Elle est le fruit d’un rapport de force historique imposé par une jeunesse qui avait compris que le droit au savoir, à la dignité et à la liberté ne se mendie pas : il s’arrache.
Le meilleur hommage au 19 mai 1956 et au 19 mai 1981 demeure la défense d’une université libre, démocratique et au service de la société.
Conseil Universitaire du RCD – Béjaïa
19 Mai 2026