Thanaramusa asphothèque

Thanaramusa asphothèque "La mémoire est la sentinelle de l'esprit" “La mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée.”

Benyoucef Benkhedda (1920-2003)"Le couteau qu'on aiguise"Né en 1920 à Berrouaghia, dans le quartier de Draâ Essough — qu...
04/08/2026

Benyoucef Benkhedda (1920-2003)
"Le couteau qu'on aiguise"

Né en 1920 à Berrouaghia, dans le quartier de Draâ Essough — que l’administration coloniale désignait méprisamment comme le « village n***e », réservant aux seuls musulmans un espace strictement séparé de la ville européenne —, Benyoucef Benkhedda grandit au sein d'une famille de magistrat (Cadi Mélikite). Cette aisance relative ne l'affranchit pourtant pas de la ségrégation spatiale la plus brutale. Cette logique territoriale, qui érigeait la non-mixité sociale en règle intangible et creusait un fossé infranchissable entre les deux communautés, fut sa première école de l'injustice. Au collège de Blida, où il ne côtoyait que trois autres Algériens, il se lia avec Saad Dahlab, futur compagnon de toute la lutte. Le proviseur, percevant leur révolte sourde, les mit en garde : « Vous êtes des couteaux qu'on aiguise contre la France ! » Le pronostic ne se trompait pas.

Étudiant en pharmacie à Alger, Benkhedda s'engagea clandestinement dans le Parti populaire algérien (PPA). En 1943, refusant de porter l'uniforme français, il fut arrêté. Il purgea huit mois de détention, ponctués par une grève de la faim de plusieurs semaines qui le réduisit à l'état de « cadavre ». Cette épreuve révéla un homme discret mais d'une inflexibilité farouche. Après la guerre, il rejoignit le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD), dont il devint secrétaire général en 1951.

En 1954, il fut l'un des « centralistes » qui rompirent avec Messali Hadj, lui reprochant son autoritarisme et son refus de la lutte armée. Bien qu'étranger au déclenchement du 1er novembre, il fut arrêté. Libéré en avril 1955, il rallia le FLN et devint, aux côtés de Ramdane Abane, l'un des principaux organisateurs du mouvement à Alger. Il participa à la fondation de l'UGTA en février 1956 et fut un acteur majeur du Congrès de la Soummam en août 1956. Ce fut lui et Abane Ramdane qui sollicitèrent Moufdi Zakaria pour composer « Kassaman », l'hymne qui scella la mémoire du sacrifice algérien.

Membre du premier Gouvernement provisoire (GPRA) en 1958, d'abord comme ministre des Affaires sociales, puis des Finances, il multiplia les missions diplomatiques à travers le monde (capitale arabes, Yougoslavie, Chine, Amérique latine). En août 1961, il fut désigné président du GPRA, succédant à Ferhat Abbas, jugé trop conciliant. À Paris, cette nomination inquiéta, certains redoutant qu'il ne mette fin aux pourparlers tant il avait dénoncé la « négociationnite » de son prédécesseur. Pourtant, c'est sous sa fermeté et malgré les violences de l'OAS que furent signés les accords d'Évian le 18 mars 1962. Le lendemain, sa voix annonça le cessez-le-feu sur Radio Tunis. Il considéra toujours ce compromis comme un « compromis révolutionnaire » ayant sauvé les positions clés de l'Algérie.

Le 3 juillet 1962, il proclama l'indépendance. Mais l'été bascula dans une crise profonde. Benkhedda, à la tête du GPRA, s'opposa à l'état-major de l'ALN, fort de 30 000 hommes sous Boumédiène et allié à Ben Bella. Pour épargner à son pays une guerre fratricide, il choisit de se retirer plutôt que de résister, s'effaçant devant Ben Bella. Figure majeure de la guerre d'indépendance, négociateur habile et président du gouvernement provisoire, Benyoucef Benkhedda demeure dans l'histoire comme l'homme qui, au sommet du pouvoir, a préféré l'unité nationale à son propre maintien. Il s'éteignit en 2003, laissant le souvenir d'un nationaliste intransigeant mais d'une rare intégrité, dont la conscience politique s'était enracinée dès l'enfance dans les chemins séparés de Draâ Essough.

📡Une Algérienne entre dans la carte du ciel : l'astéroïde (20452) KerraouchC'est un coup de tonnerre venu du cosmos. Dan...
04/08/2026

📡Une Algérienne entre dans la carte du ciel : l'astéroïde (20452) Kerraouch

C'est un coup de tonnerre venu du cosmos. Dans l'immensité silencieuse de la voûte céleste, un astéroïde vient de changer d'identité pour entrer dans l'histoire. Désormais, la roche spatiale (20452) Kerraouch, découverte en 1999 par le programme LINEAR, portera à jamais le nom d'une femme d'exception : la Dr Imène Kerraouch.

Mais qui est vraiment cette Algérienne qui fait désormais vibrer la voûte céleste ? Tout commence à Alger, sur les bancs de l'USTHB (Alger), où elle décroche son diplôme en géologie avec une spécialisation en pétrologie structurale. Une soif de savoir qui ne s'arrête pas aux frontières nationales : direction l'Allemagne, à l'Institut de planétologie de l'université de Münster, pour y décrocher un doctorat en sciences planétaires. Armée de ce bagage d'excellence, elle traverse l'Atlantique et rejoint les plus grandes institutions mondiales : boursière McKay à l'Institut lunaire et planétaire (LPI) et au Centre spatial Johnson de la NASA.

Aujourd'hui, elle ne se contente pas de regarder les étoiles. Elle les touche, les analyse, les dissèque. Spécialiste des matériaux chondritiques et des précieux échantillons de l'astéroïde Ryugu, elle consacre sa vie à déchiffrer les origines de notre système solaire. Quelle consécration, alors, que de voir son propre patronyme gravé sur l'un des objets qu'elle étudie au quotidien !

Cette reconnaissance est historique. Si les astéroïdes (1213) Algeria, (858) El Djezaïr et (859) Bouzaréah honorent déjà sa terre natale, Dr Kerraouch entre dans la légende en devenant la première Algérienne à recevoir un tel hommage de l'Union astronomique internationale pour ses contributions personnelles à la science planétaire.

« C'est l'un des plus grands honneurs de ma carrière, s'émeut-elle. Savoir que mon nom est lié à l'objet même de mes recherches est profondément significatif. » Avec la générosité des grands esprits, elle dédie cette reconnaissance à la jeunesse : « J'espère que ce moment inspirera les jeunes, en Algérie et dans le monde arabe, à croire que la curiosité, la persévérance et la passion pour la science peuvent les mener plus loin qu'ils ne l'auraient imaginé. »

À travers ce baptême cosmique, c'est tout un peuple qui voit son nom briller un peu plus haut dans l'immensité noire. De l'USTHB à la NASA, en passant par l'Allemagne, le parcours de cette chercheuse prouve une chose : les étoiles ne sont pas une barrière, mais une promesse pour ceux qui osent rêver et explorer.

Pour plus de détails, visiter le site
https://www.lpi.usra.edu/

جزائرية تدخل خريطة السماء: الكويكب (20452) Kerraouch

هي صاعقة قادمة من أعماق الكون. في رحابة السماء الصامتة، غيّر كويكبٌ هويته ليخلّد اسمه في سجلات التاريخ. فمن الآن فصاعداً، ستحمل الصخرة الفضائية (20452) Kerraouch، التي اكتُشفت عام 1999 عبر برنامج LINEAR، إلى الأبد اسم امرأة استثنائية: الدكتورة Imène Kerraouch.

لكن من تكون هذه الجزائرية التي جعلت السماء تهتزّ باسمها اليوم؟ بدأت الرحلة في الجزائر العاصمة، على مقاعد جامعة USTHB، حيث نالت شهادتها في الجيولوجيا متخصّصة في البترولوجيا البنيوية. ولم يقف شغفها بالمعرفة عند الحدود الوطنية، بل اتجهت إلى ألمانيا، إلى معهد علوم الكواكب بجامعة Münster، لنيل شهادة الدكتوراه في علوم الكواكب. وبفضل هذا التفوق العلمي، عبرت المحيط الأطلسي لتلتحق بأكبر المؤسسات العالمية، حيث أصبحت زميلة McKay في المعهد القمري والكوكبي (LPI) ومركز Johnson للفضاء التابع لوكالة NASA.

اليوم، لا تكتفي بمراقبة النجوم، بل تلمسها وتحلّلها وتشريحها. بصفتها اختصاصية في المواد الكوندرية والعيّنات الثمينة من الكويكب Ryugu، كرّست حياتها لفكّ رموز نشأة نظامنا الشمسي. فأي تكريم أسمى من أن ترى اسمها العائلي محفوراً على أحد الأجرام التي تدرسها يومياً!

هذا التكريم تاريخي بكل المقاييس. فبالرغم من وجود كويكبات تحمل اسماء مرتبطة ببلدها الأم مثل (1213) Algeria و(858) El Djezaïr و(859) Bouzaréah، إلا أن الدكتورة Kerraouch تدخل الآن نادي الأساطير كونها أول جزائرية تنال هذا التكريم الفردي من الاتحاد الفلكي الدولي، تقديراً لإسهاماتها الشخصية في علوم الكواكب.

تقول وهي تشعر ببالغ التأثر: «هذا واحد من أعظم أوسمة مسيرتي المهنية. إن معرفة أن اسمي ارتبط بموضوع أبحاثي ذاتها هو أمر عميق المعنى». وبروح العلماء الأفذاذ، تهدي هذا الاعتراف للشباب قائلة: «آمل أن تلهم هذه اللحظة الشباب، خاصة في الجزائر والعالم العربي، ليؤمنوا بأن الفضول والمثابرة والشغف بالعلم قادرة على أخذهم إلى أبعد مما يتصورون».

من خلال هذا التتويج الكوني، يرى شعب بأكمله اسمه يلمع في الأعالي وسط الظلام اللامتناهي. من USTHB إلى NASA، مروراً بألمانيا، يثبت مسار هذه الباحثة حقيقة واحدة: النجوم ليست حاجزاً، بل وعدٌ لمن يجرؤون على الحلم والاستكشاف.

Abdelkader El Medjaoui, le père oublié de la renaissance algérienneUn homme qu'on appelait « le Guide »Constantine, 1914...
03/08/2026

Abdelkader El Medjaoui, le père oublié de la renaissance algérienne
Un homme qu'on appelait « le Guide »

Constantine, 1914. L'Europe s'embrase, la Première Guerre mondiale commence. Dans ce vacarme, presque personne ne remarque la mort d'un vieil érudit algérien. Son nom : Abdelkader El Medjaoui. Aujourd'hui encore, très peu d'Algériens le connaissent.
Et pourtant. Sans lui, il n'y aurait peut-être jamais eu de Ben Badis. Sans lui, le mouvement des oulémas — celui qui visait à sauver l'identité culturelle algérienne d'une assimilation programmée — aurait pu manquer de socle intellectuel.
El Medjaoui n'était pas un simple lettré parmi d'autres. Il fut le père idéologique de tout un mouvement, le chaînon décisif entre la tradition savante maghrébine et le réformisme moderne qui allait bientôt secouer l'Algérie. Ses contemporains l'appelaient le « cheikh de la djemaâ », le guide de la communauté. Ce n'était pas un compliment poli : c'était une reconnaissance.

Le jeune homme de Tlemcen qui partit conquérir Fès
Tout commence à Tlemcen, en 1848. L'Algérie est sous occupation française depuis dix-huit ans ; la résistance d'Abd el-Kader vient de s'achever. Dans une famille de cadis — des juges religieux —, un garçon naît : Abdelkader. Son père exerce la justice à Tlemcen depuis vingt-cinq ans ; sa mère, Aïcha, vient de la tribu des Beni Snous. L'enfant grandit dans l'ombre des mosquées, bercé par les versets coraniques et les subtilités du droit.
À treize ans, il connaît déjà tout le Coran par cœur. Mais Tlemcen devient trop petite pour sa curiosité. Il part pour Fès, à l'université Al Quaraouiyine, l'une des plus anciennes du monde. Là-bas, il dévore le droit islamique, l'exégèse coranique, le hadith, la logique, l'astronomie, la grammaire. Il se plonge dans le soufisme et la théologie avec une intensité telle que ses maîtres, stupéfaits, l'autorisent à enseigner avant même d'avoir terminé ses études.
Puis vient le pèlerinage à La Mecque. Là, il rencontre le grand courant réformiste oriental, cette effervescence intellectuelle qui, du Caire à Damas, appelle à revenir aux sources pures de l'islam. El Medjaoui en revient changé.

Retour au pays : enseigner, écrire, résister par les mots
De retour en 1875, il s'installe à Constantine. Il enseigne à la mosquée El Ketani, dans l'école publique, dans des écoles libres comme celle de Sidi Lakhdar. En 1898, on l'appelle à Alger pour enseigner à la prestigieuse medersa de la Thaâlibiyya. Dix ans plus t**d, en 1908, il devient imam de la mosquée Sidi Ramadan.
Mais il ne se contente pas d'enseigner entre quatre murs : il écrit, et beaucoup. Parmi ses ouvrages figurent "Le guide des élèves" (sur la langue arabe), Les conseils du "Murid" (un guide soufi), une "Explication de Ibn Hichem" (grammaire) et un "traité d'astronomie". Ses textes circulent de Constantine jusqu'au Caire. Il collabore avec des journaux réformistes comme El Mountakhab, El Maghreb et L'Afrique planétaire.
Surtout, il défend haut et fort ce qui deviendra plus t**d le credo des oulémas : la sauvegarde de la langue arabe. Il aurait affirmé un jour que l'arabe était l'une des langues les plus anciennes encore parlées, et qu'il la préférait à toutes les autres pour son éloquence, sa logique et sa richesse littéraire, en poésie comme en prose. Sous la plume d'un sujet colonisé, une telle déclaration n'était pas anodine : c'était une provocation tranquille. Pour les Algériens qui le lisaient, c'était un phare dans la "nuit coloniale".

Comment El Medjaoui a « fabriqué » Ben Badis
C'est ici que l'histoire prend tout son sens.
En 1889 naît à Constantine un garçon promis à un destin exceptionnel : Abdelhamid Ben Badis. Issu d'une famille de notables, il connaît le Coran par cœur dès l'âge de treize ans — comme El Medjaoui avant lui. Mais qui l'initie aux sciences religieuses ? Son précepteur s'appelle Hamdane Lounissi. Et Lounissi n'est autre que le disciple le plus proche d'Abdelkader El Medjaoui.
Ce sont les fondements que El Medjaoui a transmis à Lounissi qui, à leur tour, ont façonné Ben Badis et préparé l'avènement des Oulémas en 1931.
El Medjaoui meurt en 1914, dix-sept ans avant la naissance officielle de l'Association. Mais lorsque Ben Badis fonde ce mouvement, il ne fait, sans le savoir autrement que par transmission, que consacrer l'héritage de celui qui, le premier, avait posé les fondations de cette renaissance.

Une mémoire à réveiller
Pourquoi un homme d'une telle envergure reste-t-il si méconnu ? Peut-être a-t-il simplement vécu trop tôt, à une époque où le nationalisme algérien n'était pas encore un mouvement politique organisé. Peut-être zussi sa mort, survenue en pleine tourmente mondiale, a-t-elle étouffé sa mémoire.
Pourtant, El Medjaoui fut l'un des premiers à comprendre une vérité essentielle : on ne combat pas la colonisation seulement par les a***s, mais aussi par la culture, la langue et la foi. Selon ses biographes, il aurait insufflé « une nouvelle vie aux âmes et aux esprits ». Il a formé toute une génération de savants — Hamdane Lounissi, Ahmed El Habibatni, Mouloud ibn el Mawhoub — qui ont eux-mêmes formé Ben Badis.
En 1931, quand l'Association des oulémas proclame sa devise fondatrice, c'est un peu la voix d'El Medjaoui qui résonne encore, à travers les décennies.
Abdelkader El Medjaoui fut l'architecte invisible de la renaissance algérienne et celui qui, dans l'ombre de la colonisation, a allumé la toute première étincelle.
El Medjaoui s'éteint le 6 octobre 1914 à Constantine.

• Mustapha, le petit-fils du Cheikh Medjaoui était Cadi Mélikite à Berrouaghia (1904-1908) et des ouvrages ses ouvrages se trouvent à la Mosquée El Atiq de la même ville.
• Le premier Imam de Berrouaghia en 1906 fut l'élève de Cheikh Medjaoui à Constantine.

عبد القادر المجاوي، الأب المنسي للنهضة الجزائرية
رجل كان يُدعى «المرشد»

قسنطينة، 1914. أوروبا تشتعل، والحرب العالمية الأولى تندلع. وفي خضم هذا الضجيج، لا يكاد أحد يلاحظ رحيل عالِم جزائري مسنّ. اسمه: عبد القادر المجاوي. وإلى اليوم، لا يزال قليلٌ جداً من الجزائريين يعرفونه.

ومع ذلك، فمن دونه، لربما لم يكن هناك أبداً ابن باديس. ومن دونه، لربما كان حركةُ العلماء — تلك التي تهدف الى إنقاذ الهوية الثقافية الجزائرية من الذوبان المُبرمَج — قد افتقرت إلى قاعدتها الفكرية.

لم يكن المجاوي مجرد أديبٍ أو عالمٍ من بين آخرين. بل كان الأب الروحي لحركة بأكملها، والحلقةَ الحاسمةَ بين تقاليد العلم المغاربية والإصلاحيةِ الحديثة التي كانت ستزلزل الجزائر قريباً. كان معاصروه يلقبونه بـ«شيخ الجماعة»، أي مرشد المجتمع. ولم تكن تلك مجاملة لفظية، بل كانت اعترافاً حقيقياً.

الشاب التلمساني الذي ذهب ليغزو فاس
كل شيء يبدأ في تلمسان، عام 1848. الجزائر تحت الاحتلال الفرنسي منذ ثمانية عشر عاماً، ومقاومة عبد القادر الجزائري قد انتهت لتوّها. في عائلة من القضاة — رجال الشريعة — يُولد طفل: عبد القادر. والده يمارس القضاء في تلمسان منذ خمسة وعشرين عاماً، وأمه عائشة تنتمي إلى قبيلة بني سنوس. ينشأ الطفل في ظل المساجد، ترويه آيات القرآن ودقائق الفقه.

في الثالثة عشرة من عمره، كان قد حفظ القرآن كاملاً عن ظهر قلب. لكن تلمسان أصبحت ضيقةً على فضوله. فرحل إلى فاس، إلى جامعة القرويين، إحدى أقدم الجامعات في العالم. هناك، التهم الفقه الإسلامي، والتفسير، والحديث، والمنطق، والفلك، والنحو. انغمس في التصوف وعلم الكلام بعمقٍ شديد لدرجة أن شيوخه، وهم مندهشون، أذنوا له بالتدريس قبل أن يُتم دراسته.

ثم جاء موسم الحج إلى مكة. هناك، التقى التيارَ الإصلاحيَّ الشرقيَّ الكبير، تلك النهضة الفكرية التي كانت، من القاهرة إلى دمشق، تدعو إلى العودة إلى منابع الإسلام الصافية. عاد المجاوي منها وقد تغير.

العودة إلى الوطن: تعليمٌ، وتأليفٌ، ومقاومةٌ بالكلمة
بعد عودته عام 1875، استقر في قسنطينة. درّس في مسجد الكتاني، وفي المدرسة العمومية، وفي مدارس حرة كمدرسة سيدي الأخضر. عام 1898، دُعي إلى الجزائر العاصمة للتدريس في المدرسة الثعالبية المرموقة. وبعد عشر سنوات، في 1908، أصبح إماماً لمسجد سيدي رمضان.

لكنه لم يكتفِ بالتدريس بين أربعة جدران، بل كان يكتب، وكثيراً. من مؤلفاته: «مرشد الطلاب» (في اللغة العربية)، و«نصائح المريد» (دليل صوفي)، و«شرح ابن هشام» (في النحو)، و«رسالة في علم الفلك». كانت نصوصه تتناقل من قسنطينة إلى القاهرة. وتعاون مع صحف إصلاحية مثل «المنتخب»، و«المغرب»، و«أفريقيا الكوكبية».

والأهم من ذلك، أنه دافع بقوة عن ما سيصبح لاحقاً عقيدة العلماء: الحفاظ على اللغة العربية. يُروى أنه قال يوماً إن العربية من أقدم اللغات التي لا تزال حية، وأنه يفضلها على جميع اللغات الأخرى لفصاحتها ومنطقها وغناها الأدبي، شعراً ونثراً. تحت قلم رجل مستعمَر، لم يكن مثل هذا التصريح عادياً: بل كان استفزازاً هادئاً. وبالنسبة للجزائريين الذين كانوا يقرؤونه، كان منارةً في «الليل الاستعماري».

كيف «صنع» المجاوي ابن باديس
وهنا يأخذ التاريخ معناه كاملاً.
في عام 1889، وُلد في قسنطينة صبيٌّ وُعِدَ بمصير استثنائي: عبد الحميد بن باديس. ينحدر من عائلة من الأعيان، ويحفظ القرآن كاملاً في الثالثة عشرة من عمره — تماماً مثل المجاوي قبله. لكن من كان معلمه في العلوم الدينية؟ إنه مربيه حمدان الونيسي. والونيسي ليس سوى أقرب تلاميذ عبد القادر المجاوي.

إن الأسس التي نقلها المجاوي إلى الونيسي هي التي شكلت بدورها بن باديس ومهدت لظهور جمعية العلماء عام 1931.

مات المجاوي عام 1914، أي قبل سبعة عشر عاماً من الميلاد الرسمي للجمعية. لكن عندما أسس بن باديس هذه الحركة، لم يكن يفعل، دون أن يدري إلا من خلال التلقين، سوى إحياء إرث من كان أول من وضع أسس هذه النهضة.

ذاكرة يجب إيقاظها
لماذا يبقى رجل بهذه المكانة مجهولاً إلى هذا الحد؟ ربما لأنه عاش مبكراً جداً، في زمن لم تكن فيه القومية الجزائرية قد أصبحت حركة سياسية منظمة. وربما أيضاً لأن وفاته، التي حدثت في خضم الفوضى العالمية، خنقت ذاكرته.

ومع ذلك، كان المجاوي من أوائل من أدركوا حقيقة جوهرية: لا تُحارب الاستعمار بالسلاح فقط، بل أيضاً بالثقافة واللغة والدين. ووفقاً لمؤرخيه، فقد نفخ «حياةً جديدةً في النفوس والعقول». وقد خرّج جيلاً كاملاً من العلماء — حمدان الونيسي، وأحمد الحبيباتني، ومولود ابن الموهوب — الذين قاموا بدورهم بتكوين بن باديس.

عام 1931، حين أعلنت جمعية العلماء شعارها التأسيسي، كان صوت المجاوي لا يزال يتردد، عبر العقود، ولو قليلاً.

كان عبد القادر المجاوي المهندسَ الخفيَّ للنهضة الجزائرية، وهو الذي، في ظلال الاستعمار، أوقد الشرارة الأولى.
رحل المجاوي في 6 أكتوبر 1914، بقسنطينة.

كان مصطفى، حفيد الشيخ مجاوي قاضياً مالكياً في البرواقية (1904-1908)، وتوجد مؤلفاته في المسجد العتيق بنفس المدينة. و يجدر الذكر أن الشيخ العربي طبال (أول إمام بالبرواقية سنة 1906) تتلمذ عند الشيخ المجاوي بقسنطينة.

Jean Scotto (1913-1993), le prêtre rebelle« Je hais l'OAS. Parce qu'elle a tué des Algériens, et parce qu'elle a tué le ...
02/08/2026

Jean Scotto (1913-1993), le prêtre rebelle

« Je hais l'OAS. Parce qu'elle a tué des Algériens, et parce qu'elle a tué le cœur de mon peuple pied-noir. »

Né le 1er avril 1913 à Hussein-Dey, fils d'un cafetier d'origine italienne installée en Algérie depuis 1860, Jean Scotto entre tôt au séminaire (établissement d'enseignement dédié à la formation des futurs prêtres) et est ordonné prêtre en 1936 à la cathédrale d'Alger. Engagé pendant la Seconde Guerre mondiale, il est blessé au débarquement de Provence en 1944 (Croix de Guerre, Légion d'Honneur), puis devient en 1948 curé d'Hussein-Dey, son quartier natal.

Dès décembre 1954, il cache chez lui Salah Louanchi, futur militant de la Fédération de France du FLN. Nommé curé de Bab-El-Oued en 1955, il affronte chaque dimanche des paroissiens acquis à la cause de ceux qui prétendent défendre « la civilisation chrétienne » par les a***s. En décembre 1957, lors d'une crue, il ouvre l'une de ses églises aux sinistrés sans distinction de religion — geste qui, loin d'une trahison des siens, illustre son combat constant pour la dignité de tous, aux côtés du futur cardinal Duval.

En 1962, il choisit la nationalité algérienne ; son église est visée par un attentat de l'OAS. En 1967, il refuse d'être candidat aux municipales — et se retrouve élu malgré lui à Belcourt, ses administrés jugeant qu'être maire ne l'empêcherait pas de rester leur père. Nommé évêque de Constantine en 1970, succédant ainsi seize siècles après saint Augustin, il sillonne pendant treize ans le Constantinois à bord de sa modeste 4 CV, avant de revenir finir ses jours à Belcourt, parmi son « petit peuple ». Il meurt en septembre 1993, ayant donné sa vie à cette Algérie devenue définitivement la sienne.

جان سكوتو (Jean Scotto) (1913-1993)، الكاهن المتمرد

«أنا أكره الـ OAS. لأنها قتلت جزائريين، ولأنها قتلت قلب شعبي الـ Pied-Noir.»

وُلد في 1 أبريل 1913 في حسين داي، ابن صاحب مقهى من أصل إيطالي استقر في الجزائر منذ 1860. دخل (Jean Scotto) مبكراً إلى الإكليريكية (مؤسسة تعليمية مخصصة لتكوين الكهنة المستقبليين) ورُسم كاهناً في 1936 في كاتدرائية الجزائر. شارك في الحرب العالمية الثانية، وأُصيب خلال إنزال (Provence) في 1944 (نال Croix de Guerre و Légion d'Honneur)، ثم أصبح في 1948 كاهن أبرشية حسين داي، حيه الأصلي.

منذ ديسمبر 1954، أخفى في منزله صالح لوانشي، الناشط المستقبلي في اتحاد فرنسا للـ FLN. عُين كاهن أبرشية باب الواد في 1955، فواجه كل يوم أحد أبناء الرعية المنتمين لقضية أولئك الذين يدّعون الدفاع عن «الحضارة المسيحية» بالسلاح. في ديسمبر 1957، أثناء فيضان، فتح إحدى كنائسه للمتضررين دون تمييز ديني — وهي لفتة، بعيدة كل البعد عن خيانة أبناء جلدته، تجسد نضاله المستمر من أجل كرامة الجميع، إلى جانب الكاردينال المستقبلي (Duval).

في 1962، اختار الجنسية الجزائرية؛ وتعرضت كنيسته لهجوم من الـ OAS. في 1967، رفض الترشح للانتخابات البلدية — وتم انتخابه رغماً عنه في بلكور ، إذ رأى أبناء دائرته أن كونه عمدة لن يمنعه من البقاء أباً لهم. عُين أسقفاً على قسنطينة وهيبون (Hippone) في 1970، خلفاً بذلك بعد ستة عشر قرناً للقديس (Saint Augustin)، فظل يطوف طيلة ثلاثة عشر عاماً منطقة قسنطينة على متن سيارته المتواضعة 4 CV، قبل أن يعود ليقضي أيامه الأخيرة في بلكور، بين «شعبه الصغير». توفي في سبتمبر 1993، بعد أن وهب حياته لهذه الجزائر التي أصبحت وطنه نهائياً.

Alger, Hôtel Saint-Georges : le bunker secret où l'Europe s'est jouée à la rouletteSur les hauteurs d'Alger, l'élégant H...
02/08/2026

Alger, Hôtel Saint-Georges : le bunker secret où l'Europe s'est jouée à la roulette

Sur les hauteurs d'Alger, l'élégant Hôtel Saint-Georges a perdu son allure de villégiature coloniale : depuis novembre 1942, il abrite le quartier général des forces alliées d'Eisenhower. Fin mai 1943 (28-31 mai), Churchill y débarque aux côtés du général Marshall. Jeeps, sentinelles, cartes d'état-major : le palace devient le cerveau brûlant de la guerre, où se joue la suite de la libération de l'Europe.

Dans le grand salon transformé en salle des cartes, Churchill préside ce conseil de guerre face à une pléiade de légendes : Eisenhower, Alexander, Cunningham, Marshall. Le débat est houleux. Les Américains, réticents à détourner davantage de moyens du futur débarquement en France, rechignent à s'engager plus loin en Méditerranée. Mais le Premier ministre britannique martèle son plan : Husky, l'invasion de la Sicile déjà programmée pour juillet, ne doit être qu'un tremplin. Il faut poursuivre sur l'Italie continentale, ce « ventre mou » de l'Axe.

L'enjeu est titanesque. Si l'offensive s'arrête à la Sicile, l'effort de 1943 restera, selon les mots de Churchill lui-même, un résultat « tout à fait insuffisant ». Mais si elle se prolonge jusqu'au continent, c'est Mussolini qui vacille et le sud de l'Europe qui s'entrouvre. Ce jour-là, Alger n'est plus seulement la capitale de la France résistante : elle est le "poste de commandement du monde libre", où quelques hommes esquissent déjà la suite de la mèche allumée pour le 10 juillet 1943 — celle qui, de Sicile, doit porter le feu jusqu'en Italie.

الجزائر، فندق سان جورج (Hôtel Saint-Georges): القبو السري الذي راهنت فيه أوروبا لعبة الروليت

على مرتفعات الجزائر ، فقد فندق سان جورج (Saint-Georges) الأنيق رونقه كمنتجع استعماري؛ فمنذ نوفمبر 1942، بات يحتضن المقر العام لقوات الحلفاء بقيادة أيزنهاور (Eisenhower). في أواخر مايو 1943 (28-31 مايو)، ينزل تشرشل (Churchill) إلى هناك برفقة الجنرال مارشال (Marshall). جيبات (Jeeps)، حراس، خرائط أركان حرب: يتحول القصر الفاخر إلى العقل الملتهب للحرب، حيث تتقرر فيه مرحلة ما بعد تحرير أوروبا.

في الصالون الكبير الذي حُوّل إلى غرفة خرائط، يترأس تشرشل (Churchill) مجلس الحرب هذا أمام نخبة من الأساطير الحية: أيزنهاور (Eisenhower)، ألكسندر (Alexander)، كننغهام (Cunningham)، ومارشال (Marshall). النقاش محتدم. فالأمريكيون، المترددون في تحويل المزيد من الإمكانات عن عملية الإنزال المستقبلية في فرنسا، يمتنعون عن التقدم أكثر نحو البحر الأبيض المتوسط. لكن رئيس الوزراء البريطاني يكرّر بإصرار خطته: عملية هسكي (Husky)، أي غزو صقلية (Sicile) المقرر بالفعل لشهر يوليو، لا يجب أن تكون إلا نقطة انطلاق. بل لا بد من المضي قدماً نحو إيطاليا (Italie) القارية، تلك "البطن الرخوة" للمحور (Axe).

الرهان ضخم هائل. فإذا توقفت الهجمة عند صقلية (Sicile)، فإن مجهود عام 1943 سيظل، على حد تعبير تشرشل (Churchill) نفسه، نتيجة "غير كافية على الإطلاق". لكن إذا امتدت إلى البر الرئيسي، فسينهار موسوليني (Mussolini) وسينفتح جنوب أوروبا. في ذلك اليوم، لم تعد الجزائر مجرد عاصمة فرنسا المقاومة، بل أصبحت "مقر قيادة العالم الحر"، حيث يرسم بضعة رجالٍ بالفعل امتدادَ الفتيل الذي أوقد ليلة 10 يوليو 1943 — ذلك الفتيل الذي كان من المفترض أن ينقل النار من صقلية (Sicile) إلى إيطاليا (Italie).

Des sultans aux stars : La fabuleuse et secrète histoire du Saint-Georges d'AlgerIl domine la baie d'Alger, perché sur l...
01/08/2026

Des sultans aux stars : La fabuleuse et secrète histoire du Saint-Georges d'Alger

Il domine la baie d'Alger, perché sur les hauteurs de Mustapha, tel un vieux lion fatigué mais toujours majestueux. L’hôtel Saint-Georges, aujourd’hui El Djazaïr, n’est pas un simple palace. C’est une machine à remonter le temps, un carrefour d’empires où les murs, s’ils savaient parler, nous raconteraient des siècles de complots, de passions et de gloire. Accrochez-vous, on ouvre les portes d’un lieu qui a vu défiler des rois, des résistants et des révolutionnaires.

Un palais pour un Dey, une prison pour les nonnes
En 1830, la déferlante française transforme le lieu : ancien siège du pouvoir ottoman, il devient pensionnat de jeunes filles, puis orphelinat tenu par des sœurs — un calme trompeur avant la tempête. En 1889, le site se métamorphose en un luxueux hôtel colonial, pensé pour séduire les riches Britanniques fuyant le brouillard londonien.

L’âge d’or : quand l’hôtel valait un voyage
C’est l’époque du "grand tourisme". Le Saint-Georges devient le QG hivernal de l’aristocratie européenne. Le roi Édouard VII et la reine Alexandra y prennent leurs quartiers, suivis de près par un certain Winston Churchill, déjà amateur de bons cigares et de vues imprenables sur la Méditerranée. Dans les salons, on croise Rudyard Kipling, Colette, ou encore André Gide, discutant littérature devant un verre de pastis. L’hôtel vibre au rythme des mondanités, des robes soie et des débuts de la jet-set.

1942 : Le jour où le monde a basculé dans la chambre 141
Mais 1942 arrive, et avec lui, le fracas des bombes. Le Saint-Georges troque ses nappes blanches pour des cartes militaires. Réquisitionné par les Américains, il devient le cerveau des opérations en Afrique du Nord. Le 22 novembre, dans la mythique chambre 141, deux hommes que tout oppose scellent le destin du conflit : l’amiral François Darlan et le général Dwight D. Eisenhower y signent un cessez-le-feu historique. Pendant des mois, le général Eisenhower y installe son QG, entouré d’un état-major de 2 000 hommes. Les couloirs résonnent des pas pressés des généraux Mark Clark et, dit-on, des visites éclairs du général de Gaulle. Les bombes allemandes ne l’épargnent pas : l’hôtel est endommagé, mais sa structure, elle, reste debout, fière.

La parenthèse enchantée d’après-guerre
Rénové en 1948, le Saint-Georges retrouve ses dorures et sa clientèle de prestige. Les stars défilent : Édith Piaf y pose ses valises et ses mélancolies, Marlene Dietrich y fait tourner les têtes, suivie de son amoureux Jean Gabin. Le boxeur Marcel Cerdan y croise la route de la chanteuse... L’écrivain Albert Camus y médite sur l’absurde en regardant la mer, tandis que Simone de Beauvoir y griffonne ses carnets de voyage. Un véritable panthéon vivant de la culture.

Les révolutionnaires à la carte
Et puis, il y a les autres, ceux qui viennent pour changer le monde. Dans les années qui suivent, le légendaire Che Guevara franchit ses portes, suivi de près par Patrice Lumumba et le futur président François Mitterrand. Plus t**d, même Nelson Mandela foulera ces marbres, mêlant son ombre à celles des anciens colons. Ici, les idéologies se croisent, les empires s’effondrent et se reconstruisent entre un petit-déjeuner et une réunion secrète.

Un fantôme de pierre au cœur d’Alger
Aujourd’hui rebaptisé El Djazaïr, l’hôtel a gardé ses mystères. Les rides du temps se cachent sous un élégant manteau de rénovation signé Fernand Pouillon en 1982. Mais si vous tendez l’oreille, derrière le bruit des verres et des rires, on entend encore l’écho des bottes américaines, le frou-frou des robes d’Édith Piaf et les murmures des généraux. Le Saint-Georges n’est pas un hôtel : c’est un témoin de l’Histoire, un colosse aux pieds de marbre qui a vu défiler tout le XXe siècle, et qui, perché sur sa colline, continue de veiller sur Alger, gardien silencieux de nos mémoires fragiles.

من السلاطين إلى النجوم: القصة الخيالية والسرية لفندق Saint-Georges بالجزائر

يطل على خليج الجزائر، متربعًا على مرتفعات مصطفى، كأسد عجوز متعب لكنه لا يزال مهيبًا. فندق Saint-Georges، الذي يُعرف اليوم باسم "الجزائر"، ليس مجرد قصر فخم؛ بل هو آلة للسفر عبر الزمن، ومفترق طرق للإمبراطوريات، حيث الجدران، لو نطقت، لروت لنا قرونًا من المؤامرات والعواطف والمجد. شدوا أحزمتكم، فنحن نفتح أبواب مكان شهد مرور ملوك ومقاومين وثوار.

قصرٌ لداي، وسجنٌ للراهبات
في عام 1830، حوّلت الموجة الفرنسية العاتية المكان: فالمقرّ السابق للسلطة العثمانية تحوّل إلى مدرسة داخلية للفتيات، ثم إلى دار أيتام تديره راهبات — هدوءٌ خادعٌ قبل العاصفة. وفي عام 1889، تحوّل الموقع إلى فندق استعماري فخم، صُمّم ليُغري الأثرياء البريطانيين الفارّين من ضباب لندن.

العصر الذهبي: حين كان الفندق يساوي رحلة بحد ذاته
هذا هو زمن "السياحة الكبرى". أصبح Saint-Georges المقر الشتوي للأرستقراطية الأوروبية. حلّ به الملك Winston Churchill، والمرجح أن الملك Édouard VII والملكة Alexandra اتخذوا منه مقرًا لهم، تبعهم عن كثب ونستون تشرشل، الذي كان مولعًا بالفعل بالسجاجيد الجيدة والإطلالات الخلابة على البحر المتوسط. وفي الصالونات، كان يُصادف Rudyard Kipling وColette وأندريه جيد André Gide، وهم يتناقشون في الأدب أمام كأس من الباستيس. كان الفندق يهتز على إيقاع المناسبات الاجتماعية، والفساتين الحريرية، وبدايات مجتمع الصفوة.

1942: اليوم الذي تغير فيه العالم في الغرفة رقم 141
لكن عام 1942 حلّ، ومعه دوي القنابل. استبدل Saint-Georges مفارشه البيضاء بالخرائط العسكرية. صودر من قبل الأمريكيين، وأصبح عقل العمليات في شمال إفريقيا. في 22 نوفمبر، في الغرفة الأسطورية رقم 141، عقد رجلان يجمعهما التناقض مصير النزاع: الأدميرال François Darlan والجنرال Dwight D. Eisenhower، حيث وقعا على هدنة تاريخية. ولأشهر، اتخذ الجنرال Eisenhower منه مقرًا لقيادته، محاطًا بهيئة أركان من 2000 رجل. كانت الممرات تتردد بخطى الجنرال Mark Clark المتعجلة، ويُقال أيضًا بزيارات خاطفة للجنرال de Gaulle. لم تسلمه القنابل الألمانية، فتضرر الفندق، لكن هيكله بقي صامدًا، شامخًا.

الاستراحة الساحرة لما بعد الحرب
بعد ترميمه عام 1948، استعاد Saint-Georges رونقه وزبائنه من النخبة. توالت النجوم: Édith Piaf وضعت حقائبها وأحزانها فيه، Marlene Dietrich أدارت الرؤوس، تبعها حبيبها Jean Gabin. الملاكم Marcel Cerdan التقى هناك بالمغنية... الكاتب Albert Camus تأمل في العبث وهو يحدق في البحر، بينما Simone de Beauvoir دوّنت ملاحظات رحلتها. إنه حقًا بانثيون حي للثقافة.

الثوار على قائمة الطعام
ثم هناك الآخرون، أولئك الذين جاؤوا لتغيير العالم. في السنوات التالية، عبر عتباته الأسطوري Che Guevara، تبعه عن كثب Patrice Lumumba والرئيس المستقبلي François Mitterrand. فيما بعد، حتى Nelson Mandela وطأت قدماه هذه الرخامات، مازجًا ظله بظلال المستعمرين السابقين. هنا، تتقاطع الأيديولوجيات، وتنهار الإمبراطوريات وتُعاد بناؤها بين وجبة إفطار واجتماع سري.

شبح حجري في قلب الجزائر
اليوم، وقد أعيد تسميته بـ "الجزائر"، ما زال الفندق يحتفظ بأسراره. تختبئ تجاعيد الزمن تحت عباءة ترميم أنيقة وقعها Fernand Pouillon عام 1982. لكن إذا أصغيت جيدًا، خلف ضجيج الأكواب والضحكات، لا يزال يتردد صدى الأحذية الأمريكية، وحفيف ثياب Édith Piaf، وهمس الجنرالات. Saint-Georges ليس مجرد فندق؛ إنه شاهد على التاريخ، عملاق بأقدام من رخام شهد مرور القرن العشرين بأكمله، وما زال، متربعًا على تلته، يحرس الجزائر، حارسًا صامتًا لذكرياتنا الهشة.

Adresse

Berrouaghia
26002

Site Web

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