05/09/2025
Ne pas accorder la confiance au gouvernement de François Bayrou
Chers amis, chers militants,
Dans quelques jours, François Bayrou engagera la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale. Cette décision, lourde de conséquences, ne saurait nous laisser silencieux. Comme Secrétaire départementale tout en étant parlementaire, et comme
Président de la fédération, nous voulons vous dire clairement, car nous sommes sur la même ligne politique et nous souhaitons en faire part à chacun d’entre vous : Les Républicains n’ont aucune raison d’accorder leur confiance à ce gouvernement ni à ce Premier ministre.
En fin d’année dernière, dans un esprit de responsabilité, nous avons accepté de participer à ce gouvernement. Michel Barnier était Premier ministre, et Bruno Retailleau, avec Annie Genevard, ont choisi par la suite d’y rester afin de défendre l’intérêt national. Mais les mois qui ont suivi ont montré un tout autre visage : enlisement sur la dette, incapacité à engager une trajectoire crédible de redressement des finances publiques, et plus grave encore, l’absence totale d’initiative du Premier ministre, dont l’inaction déconcertante est devenue insupportable.
La Constitution de 1958 est limpide. L’article 49 alinéa 1 permet à un gouvernement de demander la confiance sur la base d’une majorité simple des suffrages exprimés. François Bayrou a choisi cette voie, en connaissance de cause, sachant parfaitement qu’il ne disposerait jamais de la majorité nécessaire. Il aurait pu attendre le budget et user du 49.3, qui lui aurait permis de survivre comme tant d’autres avant lui. Mais il a préféré la corde au cou plutôt que l’épreuve du réel, dans un geste théâtral destiné à lui permettre de dire demain : « ce n’est pas moi qui pars, ce sont eux qui m’ont chassé ».
Mais une question demeure : pourquoi attendre le 8 septembre pour annoncer des mesures d’économies ? Pourquoi ces mois de silence, alors qu’il aurait pu depuis longtemps présenter une trajectoire claire ? Pourquoi se limiter à une mesure dérisoire, deux jours fériés supprimés, quand chacun sait que le problème exige bien davantage ? Et pourquoi, surtout, avoir laissé les propositions des Républicains dormir dans les tiroirs, alors que depuis des mois nous avons mis sur la table des solutions concrètes pour réduire la dépense publique ?
Or chacun voit clair : François Bayrou organise lui-même sa chute. Il ne démissionne pas, il met en scène son renvoi. C’est l’art consommé du faux-semblant, l’élégance d’un menteur qui se peint victime pour échapper à ses responsabilités.
Nous n’avons pas la mémoire courte. En 2012 déjà, François Bayrou avait appelé à voter François Hollande contre Nicolas Sarkozy. Il avait ainsi contribué à la défaite de la droite et au retour de la gauche au pouvoir. En 2007 déjà, il avait refusé de choisir, se tenant à l’écart de notre camp. En 2017, il fut l’allié précieux d’Emmanuel Macron, dont il facilita l’élection et à qui il imposa sa nomination à Matignon il y a quelques mois à peine. Aujourd’hui, c’est encore lui qui organise sa propre sortie, après avoir lui-même provoqué sa nomination.
Nous voulons rappeler une vérité trop souvent occultée : le dernier quinquennat où la France a diminué le nombre de fonctionnaires fut celui de Nicolas Sarkozy, avec la Révision générale des politiques publiques. 155 000 postes supprimés par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux. Qui s’y était opposé avec acharnement ? François Bayrou. Celui-là même qui aujourd’hui prétend incarner la lucidité budgétaire. L’hypocrisie n’a pas de limite.
Maurice Druon avait déjà résumé l’homme en 2004 : « M. François Bayrou, personnage secondaire et destiné à le rester, n’est remarquable que par sa persévérance à desservir les intérêts supérieurs de la France. Il possède éminemment ce que les Anglais désignent par l’expression nuisance value. » Cette sentence demeure actuelle. Bayrou n’est pas un recours pour la France, il est une entrave.
Julien Benda dénonçait dans La Trahison des clercs la tentation des faux prophètes : préférer le rôle à la responsabilité, l’apparence à la vérité. N’est-ce pas exactement ce que nous voyons aujourd’hui ?
La droite doit rester fidèle à ce qu’elle est. Nous ne sommes pas là pour servir de béquille à un Premier ministre qui n’a cessé de combattre nos réformes, qui a échoué dans la mission essentielle du redressement budgétaire et qui choisit aujourd’hui le théâtre au lieu de l’action.
Chers amis, notre responsabilité est de dire les choses simplement : nous ne devons pas voter la confiance. Nous le devons à nos convictions, nous le devons à notre famille politique, nous le devons à la France.
Il s’agit d’une position personnelle et nous comprenons parfaitement que d’autres puissent penser différemment.
Avec toute notre fidélité,
Christine Bonfanti-Dossat
Sénateur de Lot-et-Garonne
Secrétaire départementale
Gaëtan Malange
Président des Républicains du Lot-et-Garonne