23/06/2026
Interventions en cours de vos représentants CGT en instance du Comité Social Territorial (CST)
Déclaration préalable de la CGT au Comité Social Territorial
Monsieur le Président,
Avant l'ouverture des travaux de cette séance, la CGT souhaite faire une déclaration concernant la place accordée au dialogue social au sein de notre collectivité et les signaux qui sont aujourd'hui adressés aux agents.
Ces derniers jours, l'ensemble des agents de la Ville d'Amiens et d'Amiens Métropole ont reçu un courrier signé par le Président d'Amiens Métropole.
Dans ce courrier, les agents ont pu lire des engagements forts.
Ils ont entendu parler d'écoute, de confiance, de concertation, de dialogue social renforcé, de respect des agents.
Ils ont lu que les élus souhaitaient « gouverner à partir du réel », qu'ils voulaient être « en prise avec notre travail, nos propositions et notre expertise ».
Ils ont également lu que les transformations à venir ne se feraient « ni contre nous, ni sans nous ».
Enfin, ils ont pris connaissance de l'engagement affiché de faire vivre un « dialogue social renforcé et rénové, fondé sur l'écoute, la concertation et un travail exigeant avec les organisations syndicales ».
La CGT partage naturellement ces ambitions.
Qui pourrait être opposé à davantage d'écoute ?
Qui pourrait être opposé à davantage de concertation ?
Qui pourrait être opposé à davantage de respect envers les agents et leurs représentants ?
Qui pourrait être opposé à un dialogue social plus fort, plus transparent et plus constructif ?
Mais nous considérons qu'en matière de dialogue social, les actes doivent confirmer les intentions.
Or, à la lecture de la composition du collège représentant la collectivité au sein de cette instance et au regard des premiers actes posés depuis l'installation du nouvel exécutif, nous ne pouvons que constater un profond décalage entre les engagements affichés et la réalité qui est aujourd'hui proposée aux agents.
Nous constatons tout d'abord que le Président d'Amiens Métropole, employeur de plus de 3500 d'agents, ne siège dans aucune instance de dialogue social.
Nous constatons ensuite qu'aucun représentant de l'administration territoriale n'a été désigné pour siéger au sein du collège représentant la collectivité.
Aucun directeur général.
Aucun directeur général adjoint.
Aucun directeur.
Aucun cadre dirigeant.
Aucun responsable administratif directement impliqué dans la gestion quotidienne des services et des agents.
Cette situation nous interroge profondément.
Ce constat se voit renforcer par un autre fait particulièrement révélateur.
Depuis l'élection du nouvel exécutif, les organisations syndicales représentatives n'ont été conviées à aucune rencontre avec le Président d'Amiens Métropole.
La CGT constate ainsi que, malgré les engagements affichés dans le courrier adressé aux agents, nous n'avons toujours pas eu l'occasion de rencontrer notre employeur pour échanger sur les attentes des personnels, les difficultés rencontrées dans les services, les enjeux des conditions de travail ou encore les perspectives du dialogue social pour les années à venir.
Pourtant, la première marque de considération envers les représentants élus du personnel consiste précisément à leur accorder du temps, de l'écoute et un espace d'échange direct.
Le dialogue social ne commence pas lors du vote d'un dossier.
Il commence par la rencontre.
Il commence par la reconnaissance du rôle des organisations syndicales.
Il commence par la volonté d'écouter celles et ceux qui représentent les agents.
Aujourd'hui, les organisations syndicales sont invitées à croire à une volonté de dialogue social renforcé alors qu'aucune rencontre avec le décideur direct n'a encore été organisée depuis son arrivée à la tête de la collectivité.
Cette contradiction est difficilement compréhensible.
Car le dialogue social ne peut pas être réduit à des déclarations d'intention.
Le dialogue social suppose la présence des acteurs qui décident, qui arbitrent, qui organisent les services et qui assument les choix effectués.
Le dialogue social suppose également que les représentants du personnel puissent échanger directement avec celles et ceux qui disposent de la connaissance des réalités administratives, organisationnelles et opérationnelles.
Or, aujourd'hui, ce sont précisément ces acteurs qui sont absents.
Pour les agents, cette situation est difficilement compréhensible.
Chaque jour, ils assurent leurs missions dans les écoles, les crèches, les équipements sportifs, les équipements culturels, les services administratifs, techniques, sociaux et de proximité.
Chaque jour, ils font face à l'augmentation des besoins de la population, aux difficultés de recrutement, aux contraintes budgétaires, aux réorganisations successives, aux absences non remplacées et à une charge de travail souvent croissante.
Chaque jour, ils assurent la continuité du service public avec professionnalisme, engagement et sens des responsabilités.
Ils sont en droit d'attendre aussi que les sujets qui les concernent soient examinés avec le même niveau d'implication par leur employeur.
Ils sont en droit d'attendre que leurs représentants puissent dialoguer avec celles et ceux qui prennent réellement les décisions.
Ils sont en droit d'attendre que les difficultés qu'ils rencontrent soient entendues directement par les responsables qui disposent du pouvoir d'agir.
La CGT considère qu'il existe aujourd'hui une contradiction majeure.
D'un côté, les agents reçoivent un courrier leur expliquant que leur expertise est essentielle, que leur parole compte, que les élus souhaitent être à l'écoute du terrain et que les transformations se construiront avec eux.
De l'autre, les lieux institutionnels où cette parole doit être entendue sont privés de la présence de l'employeur et de l'administration territoriale.
Comment prétendre gouverner à partir du réel lorsque ceux qui dirigent la collectivité ne participent pas directement aux espaces où s'expriment les représentants des agents ?
Comment affirmer vouloir renforcer le dialogue social lorsque les principaux décideurs choisissent de ne pas siéger dans les instances qui lui sont consacrées ?
Comment parler de proximité avec les agents lorsque les débats relatifs à leurs conditions de travail se déroulent sans la présence des responsables administratifs qui connaissent les réalités quotidiennes des services ?
Comment affirmer vouloir travailler de manière exigeante avec les organisations syndicales alors qu'aucune rencontre n'a encore été organisée avec elles depuis l'installation du nouvel exécutif ?
Pour la CGT, les agents n'attendent pas des formules.
Ils attendent des actes.
Ils attendent des réponses.
Ils attendent de la considération.
Ils attendent que leurs difficultés soient entendues.
Ils attendent que leurs représentants puissent débattre avec des interlocuteurs en capacité d'apporter des explications, de prendre des engagements et d'assumer les décisions prises.
La confiance ne se décrète pas.
Elle se construit.
Elle se construit par la présence.
Elle se construit par l'écoute.
Elle se construit par la transparence.
Elle se construit lorsque les responsables acceptent de venir confronter leurs choix à la réalité du terrain portée par les représentants des agents.
Pour construire la confiance, il faut d'abord accepter la rencontre.
Pour construire le dialogue social, il faut d'abord accepter le dialogue.
À ce jour, les organisations syndicales attendent toujours de pouvoir rencontrer leur employeur.
La CGT tient donc aujourd'hui à exprimer officiellement sa profonde réserve sur cette conception du dialogue social.
Nous estimons que les agents méritent mieux.
Ils méritent que les engagements qui leur sont adressés publiquement trouvent une traduction concrète dans l'organisation des instances représentatives.
Ils méritent un dialogue social vivant, exigeant, respectueux et incarné.
Ils méritent que celles et ceux qui décident de leur avenir professionnel acceptent de venir entendre directement ce qu'ils ont à dire.
La CGT continuera à porter cette exigence avec détermination, parce qu'il en va du respect dû aux agents, de la qualité du service public et de la crédibilité même du dialogue social au sein de notre collectivité.
Je vous remercie.
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