31/05/2026
QUAND LA NATURE POURSUIT SA ROUTE
Rappel : sur une parcelle de la fondation pour la préservation de la nature, il a été décidé de supprimer (décaper) une forêt humide et une roselière inondée en libre évolution depuis des décennies, pour créer une roselière fonctionnelle, immergée. L’opération est qualifiée de « réhabilitation ».
L’entreprise commandée pour exécuter les travaux à l’automne 2024 a annoncé le déblaiement de 34 000 m3 de terre sur un peu plus d’un hectare. Il semble que le terrain ait été tellement altéré que le roseau ne repousse plus. Alors, en 2005, on a repiqué du roseau.
Et maintenant ? Le roseau ne repousse toujours pas, sauf sur certaines franges de la parcelle non touchées par les bulldozers. A l’inverse, le saule, plante pionnière par excellence, repousse de plus belle. Cette résilience de la nature n’était pas prévue dans le projet. Alors on entreprend une nouvelle expérience de « jardinage écologique » : on coupe manuellement les jeunes pousses de saule qui tapissent le sol et cohabitent avec iris, carex, jonc…
Comment ne pas repenser au rapport Feuilly décrivant le marais vers 1800 : « les eaux stagnantes se répandent dans la prairie, gâtent absolument les prés, de sorte que depuis Druyes jusqu’à Andryes il n‘y a plus qu’un marais fangeux et infect. Il ne pousse au lieu de foin que des joncs, des glayeux (il s’agit des iris des marais), des roseaux. »…
A rapprocher de cette pensée du généticien André Langaney ? : «La nature n’a besoin ni de sauveurs, ni de protecteurs, ni de conservateurs : elle continue dans tous les cas !»
A suivre.