22/09/2024
DESTRUCTION DU PATRIMOINE NATUREL DANS LE MARAIS D’ANDRYES (89480)
Elus, autorités, « experts en renaturation », financeurs, avaient été alertés, des options avaient été suggérées. « Cause toujours ». La destruction des prairie et forêt humide, en libre évolution depuis des décennies sur la parcelle Les Ruisseaux, est aujourd’hui effective. Sur plus d’un hectare la tourbe, les arbres, le taillis sont retirés et amoncelés ailleurs.
Tourbe rase. Un peu plus loin, des branches, des troncs, des racines se dressent. On ne peut s’empêcher de penser à la tranchée des baïonnettes près de Verdun où les poilus avaient été ensevelis vivants sous les projections de terre des obus allemands. Mais ici, les poilus sont la nature, les Allemands sont des engins ne laissant aucune chance à la nature. On se rappellera que pour l’assainissement réalisé dans les années 60, une simple barge avait été livrée dans le ruisseau. Sur place, un moteur pour la propulser avait été monté et à l’avant un trépan pour creuser le nouveau lit ! A comparer avec les moyens gigantesques d’aujourd’hui.
Les résultats à attendre ? « mise en assec du tronçon linéaire et vaseux », « terrassement du nouveau cours d’eau méandriforme sur 1500 ML », « mise en place de caches piscicoles », « les travaux visent à rétablir la fonctionnalité hydraulique et écologique de ce milieu »… Il y a du Diafoirus dans l’air pour un projet non pas ambitieux mais vaniteux car non respectueux de la nature.
En matière de « restauration » de la nature, les résultats sont, on le sait maintenant (Christian Lévêque, Quelles rivières pour demain, Quae 2016), très hypothétiques. Remettre un cours d’eau dans un lit antérieur, d’accord pour réparer éventuellement un tort fait à la nature, artificialiser, ce n’est plus de mise.
Sylvain Noël, concepteur/réalisateur des sentiers d'interprétation du marais d'Andryes (découverte, perception environnementale, naturalité), auteur de La perception environnementale aux éditions L'Harmattan.