04/09/2026
Capitaine Louis-Philippe Maine (1830–1893). Survivre à Camerone.
Louis-Philippe Maine naît le 4 septembre 1830 à Mussidan, dans le département de la Dordogne. Il est le fils de Joseph Ména (dit Maine), artisan bottier d'origine espagnole/andalouse, et de Thérèse Félix, fille d'un ancien capitaine des armées napoléoniennes.
À la mort de son père, le 21 décembre 1850, le jeune homme de 20 ans s'engage pour deux ans au 1ᵉʳ Régiment de Zouaves à Alger. Bien qu'initialement déçu par l’armée - grandeur et servitude militaire …aurait dit Vigny - l'appel de l'aventure et du métier des armes reprend le dessus. Le 25 avril 1854, il s'engage de nouveau, cette fois au 4ᵉ Bataillon de Chasseurs à Pied (BCP).
Déployé durant la guerre de Crimée avec le 4ᵉ BCP, Philippe Maine se distingue rapidement par sa bravoure et son attitude exemplaire sous le feu ennemi. Déjà sergent-chef, il est blessé lors de l'assaut historique. En récompense de sa conduite extraordinaire, il est fait chevalier de la Légion d'honneur. L'attribution de cette décoration à un sous-officier constitue alors une distinction exceptionnelle. Promu adjudant, il sert lors de la bataille « italienne » de Magenta de juin 1859 où sa conduite lui vaut la Médaille de la valeur militaire italienne.
Après le conflit en Italie, il est de nouveau affecté en Algérie. Il rejoint un temps le 1ᵉʳ Bataillon d'infanterie légère d'Afrique.
En février 1863, apprenant que le Régiment Étranger est désigné pour l'expédition du Mexique, Maine fait le choix rare de rendre ses galons d'adjudant pour s'engager comme simple soldat à la Légion étrangère afin de prendre part aux combats. Finalement caporal à la 3ᵉ compagnie du régiment étranger, il fait partie des 62 légionnaires encerclés par plus de 2 000 soldats mexicains dans l'hacienda de Camarón de Tejeda. Il tient la position jusqu'à l'extrême limite, devenant l'un des très rares rescapés de ce fait d'armes légendaire. Pour sa fermeté au combat, il est promu sergent, puis sous-lieutenant dès septembre 1863. Il poursuit la campagne mexicaine jusqu'en 1867, prenant part à plus d'une quinzaine d'engagements majeurs. Le sous-lieutenant Maine est un homme d’acier.
Reversé ensuite dans la coloniale, il est affecté au 3ème régiment d’infanterie de marine. Capitaine au sein de la « Division Bleue », Maine combat héroïquement, pendant la guerre franco-prussienne, dans Bazeilles (1er septembre 1870) et « aurait » pris part au célèbre épisode de la Maison de la dernière cartouche. Fait prisonnier à Sedan le 2 septembre 1870, il réussit une évasion audacieuse le 18 septembre. Il gagne Bruxelles puis réintègre la France pour poursuivre la lutte. À Rochefort, il met sur pied une compagnie de volontaires francs-tireurs. À la dissolution de ces unités, il prend la tête du 8ᵉ Régiment de Gardes Mobiles de Charente-Inférieure avec le grade de lieutenant-colonel.
Après le conflit, la « Commission parlementaire chargée de réviser les grades accordés par le Gouvernement de la Défense Nationale » réévalue les promotions de guerre (syndrome armée mexicaine). Conformément au cadre légal, il ne conserve que son grade d'officier de carrière, celui de capitaine.
Il est ensuite affecté dans un bataillon de tirailleurs sénégalais en Afrique centrale et de l'Ouest, avant de revenir au 3ème RIMA. Usé par de nombreuses blessures et les rigueurs des campagnes d'Europe, du Mexique et d'Afrique, il est mis en non-activité pour infirmités temporaires le 30 novembre 1878. Après vingt-huit années passées sous les drapeaux, le capitaine Maine se retire en Dordogne. Il meurt le 27 juin 1893 dans son lit, au château des Chauveaux à Douzillac, cité où il repose.
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Sources :
Service Historique de la Défense (SHD) : Dossier individuel, extrait signalétique et des services du Capitaine Louis-Philippe Maine.
Division Histoire et Patrimoine de la Légion Étrangère (DHPLE) & R***e Képi Blanc : Archives sur les survivants du combat de Camerone (30 avril 1863).