06/08/2026
𝗖𝗢𝗠𝗠𝗨𝗡𝗜𝗤𝗨𝗘́ 𝗗𝗘 𝗣𝗥𝗘𝗦𝗦𝗘
𝗣𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗲𝗻𝗳𝗶𝗻 𝗹𝗮 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗲 𝗱𝘂 𝗱𝗲́𝗳𝗶 𝗰𝗹𝗶𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 : 𝗔𝗿𝗹𝗲𝘀 𝗮 𝗯𝗲𝘀𝗼𝗶𝗻 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝗲́𝗴𝗶𝗲 𝗴𝗹𝗼𝗯𝗮𝗹𝗲
L’annonce par la municipalité d’Arles d’un plan de végétalisation montre que la majorité prend enfin conscience des enjeux du changement climatique. 𝗜𝗹 𝗲́𝘁𝗮𝗶𝘁 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀.
Après un premier mandat complet, nous attendions cependant bien davantage qu’un plan de rafraîchissement urbain et l’annonce d’une nouvelle concertation.
Le changement climatique n’est plus une hypothèse. Il est déjà une réalité. Et au début de ce second mandat, les Arlésiennes et les Arlésiens étaient en droit d’attendre une véritable stratégie d’adaptation, dotée d’objectifs, de priorités, de moyens financiers et d’un calendrier de mise en œuvre.
À l’horizon 2030, suivant les prévisions des climatologues de Météo-France, Arles devrait connaître un réchauffement moyen annuel de l’ordre de +𝟮,𝟱 𝗮̀ +𝟯,𝟱 °𝗖 par rapport à l’ère préindustrielle. 𝗟𝗲 𝗰𝗹𝗶𝗺𝗮𝘁 𝗱’𝗔𝗿𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗲 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗮𝗶𝗻𝘀𝗶 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗰𝗹𝗶𝗺𝗮𝘁 𝗮𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝘀𝘂𝗱 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝗻𝗱𝗮𝗹𝗼𝘂𝘀𝗶𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗦𝗲́𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲.
Chaque été, le seuil des 40 °C pourrait devenir habituel, avec des pointes à 43 voire 45 °C. Les nuits tropicales pourraient dépasser 60 à 80 nuits par an. Le patrimoine historique sera fragilisé. Les ressources en eau seront sous pression. Le risque incendie progressera. Les espaces publics deviendront plus difficiles à vivre.
Le défi principal ne sera donc pas seulement l’augmentation des températures, mais bien 𝗹𝗮 𝗺𝘂𝗹𝘁𝗶𝗽𝗹𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗲́𝘃𝗲́𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗰𝗹𝗶𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝘅𝘁𝗿𝗲̂𝗺𝗲𝘀 qui imposera d’adapter notre urbanisme, notre habitat, nos équipements publics et notre modèle de développement.
Sur ce constat, il existe un large consensus. En revanche, nous pensons que la réponse proposée aujourd’hui reste largement insuffisante. Planter des arbres est indispensable. Créer davantage d’ombre est indispensable. Végétaliser nos espaces publics est indispensable. Mais cela ne constitue pas, à lui seul, une politique d’adaptation au changement climatique.
L’urgence climatique appelle une stratégie beaucoup plus globale qui doit intégrer la rénovation thermique des logements, la désimperméabilisation massive des sols, les îlots de fraîcheur, les fontaines et points d’eau, les ombrières permanentes, la végétalisation des écoles, l’adaptation des matériaux utilisés dans l’espace public, mais également la protection des populations les plus fragiles.
𝗟𝗲 𝗹𝗼𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝗲 𝗱’𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗹’𝘂𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝘀 𝗮𝗯𝘀𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻.
Le communiqué évoque ce sujet, mais sans engagements concrets. Or, lorsque les températures dépassent les 40 degrés, la première protection des habitants reste leur logement. Nous attendions un véritable plan d’adaptation de l’habitat : rénovation thermique, accompagnement des copropriétés, lutte contre les passoires énergétiques, aides destinées aux ménages modestes et adaptation des logements sociaux.
Le changement climatique est aussi une question de justice sociale. Il est également une question de justice territoriale.
À la lecture du communiqué municipal, une autre faiblesse apparaît. La concertation annoncée est une bonne chose. 𝗟𝗮̀ 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲, 𝗶𝗹 𝗲́𝘁𝗮𝗶𝘁 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗱𝗲 𝗹’𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲𝗿. Mais elle reste aujourd’hui largement incomplète. Le communiqué annonce la consultation du conseil de quartier du centre-ville, du conseil des sages et du conseil des jeunes. C’est utile. Mais Arles ne se résume pas au centre ancien.
Les habitantes et les habitants de tous nos quartiers, nos villages et nos hameaux doivent être pleinement associés à cette réflexion. Chaque territoire connaît des réalités différentes. Les quartiers populaires sont confrontés à la précarité énergétique, à des logements parfois mal isolés et au manque d’espaces de fraîcheur. Les villages doivent faire face aux questions d’accès aux services, aux incendies, à la ressource en eau et à l’évolution des activités agricoles. La Camargue est directement concernée par la montée des eaux, la salinisation des terres et la préservation de sa biodiversité.
Une politique climatique sérieuse ne peut pas être pensée uniquement depuis le centre-ville. Elle doit être construite 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹’𝗲𝗻𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗮𝗯𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗮𝗯𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀 et pour 𝗹’𝗲𝗻𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗮𝗹.
Pendant la campagne municipale, nous avions présenté des propositions concrètes. Nous défendions un véritable plan climat communal, une cartographie des îlots de chaleur, un programme ambitieux de rénovation thermique des logements, une végétalisation renforcée des quartiers et des écoles, une stratégie spécifique pour la Camargue ou bien encore une concertation dans chaque quartier et chaque village à travers 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗹𝗼𝗰𝗮𝗹𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗰𝗹𝗶𝗺𝗮𝘁. Ces propositions restent pleinement d’actualité.
Enfin, il faut avoir le courage de poser la question des moyens. Arles est une commune exceptionnelle. Première commune de France métropolitaine par sa superficie, territoire de la Camargue, ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle assume des responsabilités que peu de collectivités portent.
Nous ne pourrons pas relever seuls un défi d’une telle ampleur. C’est pourquoi nous continuons de défendre l’ouverture d’une négociation avec l’État afin d’obtenir un 𝘀𝘁𝗮𝘁𝘂𝘁 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝘂𝗹𝗶𝗲𝗿 permettant de financer durablement l’adaptation au changement climatique, la rénovation de l’habitat, la protection de la Camargue et la préservation de notre patrimoine.
Le changement climatique est sans doute le plus grand défi auquel notre territoire sera confronté au cours des prochaines décennies. Il mérite mieux qu’une succession de mesures ponctuelles. Il exige une vision d’ensemble. Il exige une stratégie. Et surtout, il exige que l’on protège 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗔𝗿𝗹𝗲́𝘀𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗔𝗿𝗹𝗲́𝘀𝗶𝗲𝗻𝘀, qu’ils vivent dans le centre historique, dans les quartiers populaires, dans les villages ou en Camargue.
𝗟𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝘂.𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗚𝗿𝗼𝘂𝗽𝗲 𝗟’𝗨𝗻𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗔𝗿𝗹𝗲𝘀