03/05/2026
Olivier Galzi président du Grand Avignon a nommé Pascale Bories, maire de Villeneuve-lès-AVignon, vice-présidente à l'habitat.
Mais confier la politique de l’habitat du Grand Avignon à une élue dont la commune ne respecte pas la loi est une erreur.
La loi SRU n’est pas une contrainte abstraite. Depuis 2000, elle impose aux communes de plus de 3 500 habitants de disposer d’au moins 25 % de logements sociaux. Pourquoi ? Parce que le logement n’est pas une marchandise comme une autre. Parce qu’il s’agit de garantir à chacune et chacun un logement digne. Et surtout, parce qu’il s’agit d’imposer une égalité territoriale, en évitant que certaines communes concentrent la pauvreté pendant que d’autres s’en exonèrent.
Or, trop de communes préfèrent contourner cette obligation. Elles sont alors hors la loi. Et dans ce cas, la République agit : elle impose des pénalités financières, parfois très lourdes, pour contraindre à construire. C’est exactement la situation de Villeneuve-lès-Avignon.
Avec seulement 12 à 14 % de logements sociaux, la commune est très loin des 25 % exigés. Au 1er janvier 2025, il manquait plus de 700 logements sociaux pour être en conformité. Pire encore, à peine 29 % des objectifs de construction ont été atteints ces dernières années.
Résultat : les sanctions tombent. Cette année, l’amende s’élève à plus de 364 000 euros, après déjà près de 300 000 euros l’an dernier.
On peut donc être lourdement sanctionné pour sa politique de l’habitat… et malgré tout se voir confier celle du Grand Avignon. Voilà le message envoyé. Et ce message est désastreux.
Rien de bon ne peut sortir d’une telle orientation pour le pacte républicain.
Appliquée à l’échelle de l’agglomération, cette logique, c’est l’assurance du renforcement de la ségrégation territoriale. C’est accepter que certains territoires concentrent les difficultés pendant que d’autres s’en protègent. C’est entériner une forme de darwinisme social, où chacun resterait à sa place selon ses moyens.
Les chiffres le confirment déjà : Avignon est l’un des territoires où la ségrégation résidentielle est la plus forte en France. Et elle ne recule pas. Les plus modestes restent assignés à certains quartiers, tandis que les plus favorisés vivent de plus en plus entre eux.
Dans ce contexte, nous devrions faire exactement l’inverse : imposer la solidarité, renforcer la mixité, faire respecter la loi.
Au lieu de cela, on choisit de banaliser le non-respect des règles.