03/09/2026
Ce qu’on oublie parfois sur la thérapie… et ce que vous pouvez réellement en attendre
Parler ne suffit pas.
Comprendre, c’est important, mais cela n’amorce pas forcément un changement.
Vous pouvez avoir parfaitement identifié vos schémas, votre style d’attachement, vos biais cognitifs… et continuer à reproduire exactement les mêmes comportements.
La thérapie sert aussi à mettre en place des stratégies, à expérimenter autrement et à faire progressivement l’expérience de nouvelles façons de penser, de ressentir et d’agir.
Le but n’est pas de supprimer vos émotions désagréables.
D’ailleurs, les émotions ne sont ni positives ni négatives. Elles sont.
Elles peuvent être agréables ou désagréables, mais elles ont toutes une fonction et peuvent nous renseigner sur ce qui se passe en nous, notamment sur nos besoins.
Une émotion évolue généralement dans le temps : elle apparaît en réponse à un déclencheur, un événement, une pensée, une sensation ou un changement dans notre environnement, puis elle se modifie progressivement.
Plus vous luttez contre une émotion ou cherchez à tout prix à la faire disparaître, plus vous risquez de maintenir la détresse.
Tant que vous n'écoutez pas le message, tout comme pour les besoins physiologique (par exemple la faim) elle s’intensifie, jusqu'à ce que vous répondiez au besoin.
On apprend donc plutôt à observer, accueillir, ressentir, nommer, accepter et accompagner ses émotions, sans chercher systématiquement à les contrôler ou à les faire disparaître.
Ce n’est pas ce qui se passe en séance qui est le plus important.
La séance permet de comprendre, de mettre des mots, de tester, d’explorer, de faire des liens et d’apprendre des stratégies.
Mais une grande partie du changement se joue entre les séances : faire les exercices, s’exposer progressivement à ce qui fait peur, laisser une émotion évoluer sans chercher immédiatement à la contrôler, diminuer les comportements de réassurance, apprendre à dire non, expérimenter de nouvelles façons d’agir…
C’est dans ces expériences répétées que de nouveaux apprentissages peuvent progressivement s’installer.
La thérapie n’est pas réservée aux personnes qui vont très mal.
Il n’y a pas de compétition dans la souffrance.
Toute souffrance mérite d’être entendue et peut constituer une raison légitime de consulter. Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être en train de couler pour apprendre à nager.
Dès que vous en ressentez l’envie ou le besoin, vous pouvez consulter.
La thérapie n’est pas toujours confortable.
Vous ne consultez pas votre psy uniquement pour qu’il soit gentil avec vous ou toujours d’accord avec vous.
Vous consultez aussi pour pouvoir regarder certaines choses autrement.
Parfois, vous vous sentez compris. Parfois, soulagé. Et parfois, votre psy vient doucement mettre le doigt là où ça pique. Ce n’est pas forcément agréable, mais c’est souvent utile.
Le but n’est pas de vous faire souffrir, mais de vous permettre d’explorer ce qui vous pose problème avec suffisamment de sécurité pour pouvoir progressivement le travailler.
Votre psy n’a pas réponse à tout.
Votre psy peut se tromper, formuler une hypothèse qui ne correspond finalement pas à votre expérience ou simplement vous dire : « Je ne sais pas. » Et c’est plutôt rassurant.
Personne ne peut vous résumer en trois minutes, même pas ChatGPT.
Vous êtes une équipe et vous avancez ensemble. La thérapie est un processus qui prend du temps, y compris dans les thérapies dites « courtes ».
On peut aller mieux sans avoir tout compris.
Il n’est pas toujours nécessaire de résoudre chaque énigme de votre enfance avant d’avoir le droit d’aller mieux.
Parfois, on apprend à agir différemment avant même d’avoir parfaitement compris pourquoi on agit comme on le fait.
Et à force d’expériences nouvelles, notre cerveau peut progressivement intégrer ces nouveaux apprentissages.
Aller mieux ne signifie pas ne plus jamais aller mal.
La santé mentale s’entretient, y compris après la fin de la thérapie.
L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir d’émotions difficiles ni de ne plus rencontrer d’épreuves.
Il s’agit plutôt de pouvoir traverser les difficultés de la vie, réguler ses émotions, mobiliser ses ressources et continuer à avancer.
Et si vous en ressentez à nouveau le besoin, vous pouvez toujours retourner voir votre psy pour faire le point ou bénéficier d’une « piqûre de rappel ».
La thérapie a une fin.
L’objectif n’est pas de devenir dépendant de la thérapie, mais progressivement de développer suffisamment de ressources pour pouvoir devenir, en quelque sorte, son propre thérapeute.
La fin de la thérapie fait partie du travail, tout comme la prévention de la rechute et l’apprentissage des stratégies permettant de faire face aux difficultés futures.
Bien sûr, il restera toujours des choses sur lesquelles avancer. Mais c’est aussi cela, le chemin d’une vie.