24/01/2021
➡️ Tranquillité publique : constat de carence
Nous avions ainsi titré l’un de nos textes dans le précédent numéro. Depuis, bien d’autres incidents sont venus en donner la preuve, jusqu’à cette scène surréaliste dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 septembre, où les riverains du centre, médusés, ont assisté depuis chez eux à des chahuts sans précédents et des bagarres d’ampleur lors d’une fin de soirée au Petit Bayonne, devant une police municipale impuissante. Ailleurs, sur les Hauts de Sainte Croix, ce sont les rodéos motorisés qui sont devenus monnaie courante, avec des comportements qui dégénèrent jusqu’à des tirs d’engins pyrotechniques en direction des policiers venus pour tenter de ramener le calme. Du côté de Saint Esprit, les petits trafics ont toujours la part belle. À Arrousets, la toute nouvelle aire de jeux pour enfants aménagée à la hâte avant les élections est devenue le théâtre de nuisances et de désagréments pour le voisinage. Un peu partout dans les quartiers, on voit les incivilités se multiplier, le vivre ensemble se dégrader. La tranquillité publique est bien l’un des échecs patents de la municipalité Etchegaray qui a préféré pendant des années s’en remettre au déni (« Nous pensions que nous étions préservés ici… » a même déclaré le maire à l’occasion d’un événement récent dramatique), à la communication d’une ville que l’on voudrait vendre en décor à touristes, et d’une politique paresseuse, à la « niçoise », où l’on pense que l’installation de caméras de surveillance (sans opérateur pour les visionner) pourrait pallier, depuis des années, le gel des effectifs réels de police municipale sur le terrain ou la diminution drastique des éducateurs de rue. Au total, alors que la population de la ville augmentait de 25% en dix ans, la police de proximité doit faire avec moins d’agents par habitant, tandis que le nombre des professionnels de la prévention spécialisée a été réduit de manière draconienne.
➡️ L’arrêté qui voudrait « cacher la forêt » !
De plus en plus confrontée à son bilan, la municipalité a choisi une réponse perverse : la diversion. En prenant un arrêté qualifié par les observateurs « d’anti-SDF », elle a choisi de stigmatiser un bouc-émissaire idéal afin de mieux escamoter ses propres manquements. Procédé malsain, la « chasse aux pauvres » ne résout évidemment aucun des problèmes de nuisances quotidiennes des Bayonnais évoqués plus haut, mais elle en dit long sur l’obsession qui est celle de la majorité municipale d’un centre-ville qui doit être bien propre, bien présentable, en en éloignant tout ce qui pourrait faire tâche dans ce décor de carte postale et ce paysage de terrasses de cafés !
La question de la tranquillité publique doit être traitée sérieusement. Pour cela, bien davantage que des coups de menton, ou les innombrables caméras aveugles installées jusque-là, elle nécessite d’abord des moyens humains renforcés, aussi bien au niveau de la police municipale que de la prévention ou des services de médiation. Des moyens qui doivent travailler au plus près des habitants, pas seulement dans les rues piétonnes du centre-ville ou aux abords des événements officiels. Des moyens et des actions qui doivent aussi être mis au service d’une réflexion partagée et concertée avec sérénité et humanisme mais sans angélisme.
Reste la question de la précarité, ici bien mal instrumentalisée, et sur laquelle la majorité municipale se dérobe au débat public en se réfugiant derrière les seules actions d’hébergement, nécessaires, mises en place pour les migrants. L’accompagnement des plus fragiles mériterait mieux, l’état des locaux du Point d’Accueil Jour ou de la Table du Soir en témoigne.
L’urgence est là ! À l’entrée de l’hiver, et au cœur d’une crise qui est en train d’entraîner un nombre accru de personnes dans la difficulté et la précarité. Il faut prendre la mesure des insuffisances en matière notamment d’accueil d’urgence, d’accompagnement, d’hébergement ou d’insertion. Le déploiement d’actions concrètes est nécessaire. Il ne sera efficace qu’en concertation avec les associations et les bénévoles engagés qui y œuvrent au quotidien. C’est un défi collectif à relever !
Les élus du groupe Bayonne ville ouverte
Henri Etcheto
Flo Dupreuilh
Cathy Liousse
Colette Capdevielle
Juliette Brocard Muller
Alain DUZERT
Mixel Esteban
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