23/08/2026
Commémoration de la libération de Bergerac.
« Depuis 1942 et l’occupation de la zone libre, les Allemands étaient installés à la caserne Chanzy de Bergerac (Dordogne) et avaient pris possession de l’aérodrome de Roumanières. En parallèle, le maquis s’était organisé, notamment l’Armée secrète (AS) dont Maurice Loupias, dit « Bergeret », était le chef en Sud Dordogne.
L’année suivante, la création du Service du travail obligatoire (STO) avait amplifié le mouvement avec la formation de plusieurs groupes : Bayard, François Ier, Loiseau, Pistolet et Collic du côté de l’AS ; la compagnie Gabriel Chaverou pour les Francs-tireurs et partisans (FTP).
Dès le début de l’année 1944, les opérations se sont multipliées : dynamitage d’un dépôt de cinq locomotives, sabotages à la Poudrerie, déraillement d’un train… De leur côté, les Allemands ont intensifié la répression, surtout après le débarquement du 6 juin 1944. Un exemple tristement célèbre est la bataille de Mouleydier suivie de son incendie, qui ont fait de nombreuses victimes.
Pour les occupants, la situation est intenable, malgré l’arrivée d’un renfort de 1 800 grenadiers cosaques début août. Pour mémoire, ce sont eux qui, le 8 août, ont mené une sanglante opération de répression contre le maquis à Saint-Julien-de-Crempse, causant des dizaines de morts.
C’est le 19 août que le lieutenant Betz, de la Wehrmarcht, qui dirige la place de Bergerac, reçoit l’ordre de quitter les lieux. Débutent alors leurs sabotages, avec la destruction du camp de Roumanières ou encore l’incendie des réserves d’alcool de la Poudrerie. Le lendemain, le regroupement a lieu place Gambetta, non sans avoir au préalable mis le feu à la caserne Chanzy où sont entreposées des munitions, et au château des Termes qui abrite les archives de la Luftwaffe de Mérignac (33).
Le top départ de l’évacuation est donné en fin d’après-midi. Deux colonnes quittent la ville : le gros des troupes en direction du Fleix, le reste vers Mussidan.
À la nuit tombée, les Allemands ont définitivement déserté Bergerac. Les résistants peuvent enfin faire leur entrée dans la sous-préfecture.
Bien renseignés sur les mouvements ennemis, ils se sont organisés. Bergeret a pris contact avec des chefs francs-tireurs et partisans afin de coordonner les actions. Tandis que les Corps francs de la Libération tiennent la rive droite de la Dordogne et le sud-est de la ville, les FTP doivent opérer depuis le sud-ouest. Pour sa part, l’AS pénètre dans Bergerac par le nord.
Quand l’ordre d’attaquer est donné à 3 heures du matin, le 21 août, différents points clés sont déjà tenus : la Poste, afin de surveiller les transmissions, tandis que la Résistance-Fer surveille la gare. Le groupe Anic est le premier à arriver, par le faubourg de La Madeleine. De son côté, le groupe François Ier, surnom de Marceau Feyry, qui dirige l’AS de Bergerac, fait son entrée sur deux axes : la route de Périgueux et celle de Liorac. Quand le groupe Demorny rejoint le centre-ville, Bergeret fait son entrée avec le corps-franc de Dagréou, suivi des groupes Regain et Lecamp. Bergerac est délivrée sans coup férir. »
Source journal « sud-ouest »