07/08/2026
Canicule après canicule, les records de chaleur se sont multipliés ces derniers mois. Mais qu'en est-il concrètement à Bois-le-Roi ? Pour le savoir, nous avons analysé les données de la station météorologique Météo-France de Melun qui dispose d'une série de mesures continues depuis 1950. Cela permet de mettre en perspective les données de précipitation et de température des derniers mois avec celles des 75 dernières années. En voici les résultats à travers 5 figures commentées.
Pour les 2 premières figures, les données des années 1950 à 2022 sont représentés par de fins traits gris. Les années récentes par des couleurs (ainsi que les années caniculaires de 2003 et 2011). La Figure 1 représente la distribution annuelle des précipitations mensuelles 🌧️. La Figure 2 représente la distribution annuelle des températures maximales mensuelles ☀️.
Quels enseignements peut-on en tirer ?
👉 les température de 2026 sont les plus chaudes enregistrées pour des mois de mai, juin et juillet (2023 et 2025 ne sont pas loin !)
👉 les température de la canicule de 2003 ont été dépassées
👉 les températures de février, mars et avril de cette année étaient déjà parmi les plus chaudes, synonyme d’un hiver et d’un début de printemps très doux
👉 la pluviométrie de 2026 est la plus faible enregistrée pour des mois d’avril et de juillet.
👉 Il n’est tombé que 240 mm de pluie depuis le début de l’année (la moyenne est normalement de 350 mm à la fin juillet)
Nous nous sommes aussi intéressés aux événements « extrêmes » :
- Figure 3 : le nombre de séquence de 3 jours consécutifs où la température ne descend pas sous 15°C la nuit et dépasse systématiquement 30°C en journée
- Figure 4 : le nombre de jour où la précipitation excède 30 mm.
👉 On constate une multiplication et une intensification de ces événements extrêmes depuis bientôt 30 ans. C’est exactement ce que prévoit depuis longtemps les travaux du GIEC et qui va se poursuivre dans les décennies à venir.
🍂 Moins de précipitations et des températures élevées (donc plus d’évapotranspiration) entrainent nécessairement des sols plus secs. C’est aussi ce que l’on voit à travers la variation saisonnière de l’indice d'humidité des sols (SWI) proposé par Météo France (Figure 5). Celui-ci est proche de 0 en cette fin juillet, ce qui illustre bien des sols arides et une végétation en souffrance (et hélas des risques d'incendies). 🔥
😔 Force est de constater, que comme de nombreuses communes, Bois-le-Roi n’a pas encore pleinement intégré les conséquences du changement climatique dans ses politiques publiques. Cette question est restée un impensé de ses choix d’aménagement. La médiathèque, construite en 2025, en est une illustration particulièrement révélatrice. Elle ne répond ni aux objectifs d’atténuation (sa chaudière à gaz participe aux émissions de gaz à effet de serre), ni à ceux d’adaptation (alors qu’elle aurait du être un refuge en ces temps de canicule, elle a du fermer car, transformée en étuve, elle était tout simplement impraticable !)
🥵 Par ailleurs, pour la seconde année consécutive, les écoles de Bois-le-Roi ont dû fermer leur porte du fait des très fortes températures pouvant mettre en danger tant les enfants, que les enseignants et les personnels encadrants.
Lors du conseil municipal du 2 juillet, nous avons donc demandé à la nouvelle majorité quelle était la stratégie d’adaptation de la commune concernant ces infrastructures d’accueil relatives à l’enfance et la petite enfance. Nous avons ainsi suggéré d'envisager la pose de ventilateur de plafond, d’ombrière ou de brumisateur à court terme. Et des travaux de réhabilitation énergétique à moyen/long terme, tout en nous interrogeant sur la réversibilité des pompes à chaleur prévues aux Viarons et à la crèche, ainsi qu'à la possibilité d'installer un système similaire à Métra.
🤔 Devant ces demandes relativement précises, les réponses apportées l'étaient un peu moins. Il nous a été dit qu’un diagnostic énergétique était en cours, et que des mesures seraient prises (comme par exemple l’installation de ventilation ou de store). Mais pas un mot sur les pompes à chaleur. Tout le monde est néanmoins bien conscient de la nécessité d’agir sur nos infrastructures. Espérons que le diagnostic permette de dessiner une trajectoire d'adaptation claire et ambitieuse. Nous y serons particulièrement vigilants.