07/09/2026
🛑 LE CRI DE COEUR DE SOULEY DE PARIS
Je m’appelle Souley Traoré . Je suis fils du Nord. Et je porte aujourd’hui ce boubou, non pas comme un défi, mais comme un héritage que je refuse de laisser transformer.
Ils ont voulu, ces derniers jours, faire du boubou une moquerie, un totem qu’on brandit pour humilier un homme.
J’ai vu ce mot circuler, “Soro, viens porter le boubou”, lancé sur le ton de la dérision.
Et j’ai compris, comme beaucoup d’entre nous, que ce n’était pas une blague innocente.
C’était un vieux réflexe qui refait surface. Celui qui, hier, a divisé ce pays entre Ivoirité déroutée et suspicion, entre nordistes et sudistes, entre “vrais” et “faux” Ivoiriens. Celui qui a coûté des milliers de vies à cette nation.
Je ne viens pas nier les blessures. Elles sont réelles, des deux côtés. Il y a des familles du Nord qui portent encore le poids d’années de suspicion et d’exclusion. Il y a des familles du Sud, de l’Ouest, du Centre, qui portent le poids d’une guerre qu’elles n’avaient pas choisie. Personne, dans ce pays, n’a le monopole de la douleur. Prétendre le contraire, c’est déjà trahir la mémoire de tous ceux qui sont tombés.
Mais je refuse une chose : que ces blessures continuent de nourrir ceux qui n’ont rien à y gagner sinon leur propre pouvoir. Il y a, dans ce pays, des hommes qui se nourrissent de nos divisions comme d’autres se nourrissent de nos richesses. Ce sont les mêmes, souvent. Ceux qui agitent le spectre de la division d’un côté pendant qu’ils vident nos terres de l’autre, pendant que l’or de nos rivières s’en va dans des circuits clandestins, pendant que nos enfants grandissent sans perspectives. Pendant que nous nous regardons en chiens de faïence sur des questions d’identité, d’autres usurpent nos ressources en toute tranquillité.
Voilà le vrai scandale. Pas le tissu qu’un homme porte sur ses épaules.
Générations et Peuples Solidaires porte, dans son nom même, la réponse à cette manœuvre. Solidaires, pas divisés. Générations, pas clans. Ce mouvement n’a jamais été celui d’une région contre une autre. Il a toujours été celui d’une nation qui se cherche, qui panse ses plaies sans les rouvrir, qui construit sans exclure.
Alors je porte ce boubou aujourd’hui, fièrement, sans provocation, comme mon père et le père de mon père l’ont porté avant moi. Ce n’est pas un symbole de division. C’est un fil de plus dans le tissu commun de notre nation. Et à ceux qui voudraient en faire une arme, je réponds simplement : la Côte d’Ivoire ne se reconstruira ni par le Nord contre le Sud, ni par le Sud contre le Nord, mais par tous ceux qui refusent de laisser leurs blessures être instrumentalisées par ceux qui n’ont d’autre projet que de rester au pouvoir ou se nourrir de la haine entre frères ivoiriens .
Le vivre-ensemble n’est pas un slogan. C’est un choix quotidien. Je le fais aujourd’hui, en boubou, en paix, en Ivoirien.
Okossissi Babanico Lo 3 pour Souley De Paris Le Frapponneur