02/03/2026
Les réflexions gaullistes des semaines du 23 février au 8 mars 2026 par Christophe Chastanet
Lundi 2 mars 2026 :
Après l'effet de sideration provoqué par l'élimination de l’ayatollah Ali Khamenei et de plusieurs hauts responsables iraniens (lire communiqué UPF, 01/03), l'offensive américano-israélienne s'est poursuivie hier et ce matin encore contre le Liban qui, bien malgré lui, est entraîné dans la guerre !
Adepte des coups d'éclat, Trump a indubitablement remporté la première manche de son poker menteur avec l'Iran : leur guide suprême est mort, et le régime est isolé.
Et maintenant ? il n'y a pas de plan.
En présentant diverses visions souvent incohérentes, le président américain invente la guerre à l'aveuglette...
Incapable de prévoir ce qu'il va se passer - car cela n'a pas été preparé et que cela ne l'intéresse pas - il a plongé l'Iran et le Moyen-Orient dans l'inconnu en espérant que la pièce tombe du bon côté.
Cette attaque s’inscrit dans un nouvel ordre mondial, où la loi du plus fort prime, mais qui est chaotique et incertain.
Aujourd'hui, personne ne peut prédire une quelconque issue aux opérations américano-israéliennes et quiconque s'y risquerait ne serait qu'un imposteur.
La tête de la pieuvre a été coupée mais la République islamique s'était préparée à tous les scenarios, y compris la mort de son guide suprême. C'est pourquoi, si l'appareil sécuritaire ne vire pas de bord, la population iranienne, seule et désarmée, ne pourra rien faire pour renverser le régime.
La Révolution n'est pas pour tout de suite. Après la répression sanglante de janvier et maintenant les bombardements, l'heure n'est pas à la mobilisation populaire.
En frappant les monarchies du Golfe, les mollahs font d'ailleurs le pari que ces royaumes feront pression sur Trump pour mettre fin rapidement au conflit et survivre à celui-ci.
Dans ce conflit, chacune des parties estime avoir un droit inaliénable de se défendre.
Dimension religieuse ; nationalisme exacerbé ; compétition des ressources sont autant de données insidieuses qui alimentent sans cesse toutes les transgressions au droit international dans ce Moyen-Orient et au premier rang duquel le droit à la paix.
Enfin, en ce qui concerne la France, celle-ci n'a pas été prévenue et n'est pas partie prenante. Sauf que... même lorsque l'on ne veut pas choisir la guerre, celle-ci peut nous choisir. L'attaque de drones contre la base navale de l'armée française à Abu Dhabi prouve que nos intérêts peuvent être en péril.
Nous ne pouvons nous contenter d'un rôle d'observateur dans cette affaire.
D'une part, car nous avons une dette morale envers le peuple iranien pour avoir accueilli l’ayatollah Khomeini, sous la presidence Giscard, mais aussi car nous savons que, à chaque fois que les États-Unis ont lancé des opérations militaires, que ce soit en Afghanistan, en Syrie ou en Irak, son retrait a entraîné une instabilité qui a menacé notre sécurité intérieure.