31/01/2026
je vous partage mon dernier discours d'élue d'opposition lors du dernier conseil municipal.
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec une émotion particulière que nous prenons la parole aujourd’hui, lors de ce dernier conseil municipal avant les élections de mars 2026. Pour Emilio Campos et moi-même, ce sera aussi la fin d’un mandat.
Si nous avons souhaité nous exprimer aujourd’hui, ce n’est pas par habitude, ni par posture. C’est parce que l’heure est grave.
Partout dans le monde, et jusque dans nos démocraties que l’on croyait solides, les extrêmes progressent. Aux États-Unis, nous voyons une violence institutionnelle se banaliser, des politiques migratoires inhumaines, des militants, des avocats, des citoyens pris pour cibles parce qu’ils défendent des droits fondamentaux ou parce qu’ils sont eux-mêmes migrants. En Europe, en France, des discours que l’on pensait relégués à l’histoire ressurgissent : appels aux rafles, désignation de boucs émissaires, remise en cause de l’État de droit, banalisation de l’inhumain, de parler d’occupation comme on le faisait dans les heures les plus sombres de l’histoire.
Ce ne sont pas des dérapages. Ce sont des signaux. Et l’histoire nous a appris qu’il fallait toujours les prendre au sérieux.
Face à cela, notre responsabilité d’élus est immense.
Avec Emilio Campos, nous sommes deux enfants de l’immigration. Deux enfants qui ont grandi ici, qui ont réussi grâce à l’école de la République, grâce à la France, grâce aussi à notre travail, bien sûr. Mais surtout grâce à un modèle républicain qui croyait — et qui doit continuer de croire — en l’égalité, en l’émancipation, en la dignité humaine.
Durant ce mandat, nous avons essayé d’être fidèles à ces valeurs. Nous avons tenté de les transmettre, de les défendre, et parfois de les rappeler quand elles semblaient s’effacer. Nous avons aussi combattu les injustices, chaque fois que nous le pouvions.
Nous avons été, je l’espère, une opposition constructive. Une opposition exigeante, parfois critique, mais toujours guidée par l’intérêt général et par le respect des citoyens brivistes. Jamais contre la ville. Toujours pour Brive.
Et je tiens à le dire clairement ici : même si ma santé ne m’a pas toujours permis d’être physiquement présente lors de chaque conseil municipal, jamais notre engagement n’a faibli. Avec Emilio Campos, nous avons toujours travaillé ensemble, partagé les interventions, porté collectivement nos positions, et assumé pleinement notre rôle d’élus. L’absence contrainte n’a jamais été un silence politique.
Si nous parlons aujourd’hui, c’est aussi parce que Brive n’est pas une ville comme les autres.
Brive est une ville de résistance.
Une ville d’histoire, de courage, de refus de la soumission.
Se taire, ce serait déjà reculer.
Relativiser, ce serait déjà consentir.
Nous souhaitons que Brive continue à défendre ses valeurs.
Qu’elle continue à résister face aux extrêmes.
Qu’elle reste fidèle à ce qu’elle est profondément.
Nous espérons que la démocratie sera préservée.
Nous espérons que les Brivistes confieront leur avenir à des mains responsables, humaines, républicaines.
Et nous espérons, sincèrement, que les extrêmes resteront là où elles doivent être : en marge, et non à la tête de notre ville.
Enfin, nous voulons remercier celles et ceux qui nous ont fait confiance. Nos électeurs, nos soutiens, mais aussi les citoyens qui, parfois en désaccord avec nous, ont respecté le débat démocratique.
Nous espérons avoir été à la hauteur de ce pour quoi nous nous sommes battus.
Avoir respecté les engagements pris.
Et surtout, avoir été fidèles aux valeurs que nous avons portées lors de notre campagne.
Pour notre part, nous quittons ce mandat avec lucidité, avec vigilance, mais aussi avec l’espoir que Brive continuera à être une ville libre, juste et fraternelle.