28/07/2026
Maël. 17 ans. 1 an à traverser notre quotidien, vraiment le traverser. Les couples qui se chamaillent derrière le fournil, les enfants qui courent partout, les heures de fatigue, les pleurs et les joies. Il a tout vu. Il n’a pas flanché. Toujours respectueux, toujours là. Et surtout, il a su faire preuve d’un respect rare pour son pain et pour ses mains qui façonnent, encore et encore, le pain qui vous nourrit.
Un apprenti n’est pas là pour gratter des plaques. Il est là pour apprendre à aimer ce métier, et un jour porter à son tour un autre apprenti. CAP mention bien. Il part aujourd’hui vers une formation en gestion d’entreprise parce qu’un jour, peut-être, ce sera sa boulangerie. On y croit.
Sami. En reconversion totale. 2 mois de formation intensive, dont 1 de PMSMP pour tester, ressentir, décider. Il est arrivé en pleine période de Noël, le baptême du feu le plus brutal qui soit. Il a même conquis le levain, lui qui en rêvait. CAP en candidat libre, mention BIEN, il rejoint bientôt dans une belle boulangerie en Île de France.
La reconversion en boulangerie, c’est un chemin exigeant. Près de 40 % des candidats libres n’y arrivent pas, rattrapés par l’illusion, sans mesurer les 3h du matin, le froid, la chaleur, la répétition, la rigueur. Sami, lui, a mesuré, et il a choisi quand même.
Marie-Pierre. Elle vient du monde de l’enfance, de la transmission, du soin aux autres et ça se sent. Un mois de PMSMP pendant une période de chômage, pour ouvrir une porte. Sa maturité aurait pu créer une distance avec nos jeunes apprentis, avec ce métier qu’elle ne connaissait pas. C’est tout l’inverse qui s’est passé.
Elle a pris son poste seule, a tenu le four, est venue de nuit. Elle a géré la boutique et des clients parfois exigeants, parfois loin de comprendre ce que c’est que ce quotidien de fournil. Tout ça sous un air timide qui cache un vrai courage et un vrai talent. Un coup de cœur, c’est le mot juste !
Ces 3 là nous ont donné autant qu’on leur a transmis. J’ai choisi ce métier. J’ai choisi de transmettre. Le bon pain ne se fait pas sans les mains qui doutent et qui tiennent.
Merci à vous 3 🤍