01/08/2026
Nous vous partageons le discours lu hier lors du conseil municipal par Jean Louis Beillard du groupe Chalonnes avec vous
Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,
Le moment est grave.
Personne, dans cette assemblée, n'aurait imaginé devoir siéger dans de telles circonstances quelques mois seulement après les élections municipales. Les faits qui ont conduit à la condamnation et à l'incarcération de Laurent Froger ont profondément choqué les habitants de notre commune. Comment ne pas être choqué quand on sait que de tels comportements ne sont rendus possibles que par des viols d’enfants. Nous avons bien évidemment d’abord une pensée émue pour ces bouts de chou.
La lutte contre la pédocriminalité doit être un sujet qui nous unit : une seule voix, sans ambiguïté, sans calcul, sans camp.
Notre commune n’a d’autre choix que de s’engager désormais résolument contre ce fléau, par la prévention, par la formation, par l’information, par le soutien aux associations et aux collectifs citoyens qui œuvrent pour protéger nos enfants.
Les Chalonnaises et les Chalonnais attendent une mobilisation sans faille de notre part.
Il y a chez les Chalonnaises et les Chalonnais de l'émotion, de la colère et, surtout, un immense sentiment de trahison.
Nous aurions souhaité, comme nous vous l’avons exprimé, qu’un temps d’échange soit organisé entre les membres de cette assemblée pour analyser ensemble cette situation avant la tenue de ce conseil.
Bien que cela n’ait pas été votre choix, nous gardons la volonté d’avancer en toute sérénité et dans le respect des prérogatives de chacun.
Je veux être clair, et nous l’avons toujours été : les membres de cette majorité ne sont pas responsables des actes commis par Laurent Froger et personne n’était en mesure de soupçonner de tels agissements.
Mais cette évidence ne peut pas conduire à éluder la question fondamentale qui se pose aujourd'hui.
En mars dernier, les électeurs avaient à choisir entre plusieurs projets, mais aussi entre
plusieurs personnalités pour diriger notre commune. Laurent Froger, Christophe Grasteau et
Fernando Gonçalves.
Ils ont choisi Laurent Froger pour exercer les fonctions de maire.
Ce choix, nous l'avons respecté. Nous n'avons jamais contesté le verdict des urnes.
Mais aujourd’hui, le constat est cruel. Les Chalonnaises et les Chalonnais ont accordé leur
confiance à un homme dont ils ignoraient la réalité des agissements.
Ils ont mis, malgré eux, un délinquant à la tête de notre commune.
Laurent Froger a berné les habitants et sali la réputation de notre commune.
La confiance a été brisée. Le contrat moral passé entre les électeurs et leurs représentants a
été bafoué.
Dès lors, est-ce qu’on peut considérer qu'il suffirait de remplacer un nom par un autre, d'élire
ce soir un nouveau maire pour tourner la page ?
Je ne le crois pas.
Tant que les Chalonnaises et les Chalonnais ne se seront pas exprimés à nouveau, l'ombre de
Laurent Froger continuera de planer sur cette assemblée.
L'ombre de Laurent Froger continuera inévitablement de planer sur cette assemblée.
Chaque décision, chaque vote, chaque projet sera confronté à la même interrogation : cette
majorité dispose-t-elle encore d’une légitimité politique et morale ?
La question n'est pas juridique. La loi permet au conseil municipal de poursuivre son mandat.
Mais la démocratie ne se résume pas à la stricte application de la loi.
Elle repose également sur la confiance, sur la transparence et sur l'adhésion des citoyens.
Tout a été réduit à néant par Laurent Froger
Cette situation exceptionnelle exige une réponse exceptionnelle : redonner la parole aux
habitants.
Ce ne serait pas un aveu de faiblesse, mais un acte de courage démocratique, un geste de
respect envers les habitants.
C’est aussi la seule voie possible pour restaurer pleinement la confiance dont notre ville a aujourd'hui tant besoin.
Je tiens à affirmer ici que notre groupe s’est positionné dans la seule logique de la défense de l’intérêt général.
Oui, nous avons été fermes. Et nous l’assumons, parce qu’un sujet d’une telle gravité exige une voix qui ne tremble pas, une voix qui protège les enfants, une voix qui place la dignité humaine au-dessus des intérêts politiques.
Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux, la simple désignation d'un nouveau
maire, quelles que soient les compétences de la personne que vous aurez choisi, ne répondra pas à la crise de confiance que traverse notre commune.
J’appelle chacun à mesurer la portée historique de ce moment ; à s'interroger non pas sur ce que la loi permet, mais sur ce que la démocratie exige. Posez-vous des questions simples :
Quel est le plus important : conserver son mandat d’élu ou restaurer la confiance avec les habitants ?
Qu’est-ce qui est le plus important : tourner rapidement la page en portant pendant six ans le poids d’actes immondes dont nous ne sommes pas responsables, mais qui ont sali notre municipalité, ou redonner la parole aux Chalonnaises et aux Chalonnais, pour apporter de la sérénité à cette assemblée et reconstruire durablement.
Quel est le plus important : les injonctions d’un groupe ou ce que ma conscience me dicte ? Aujourd’hui, chacun est placé face à ses responsabilités. Soyez à la hauteur. Les Chalonnaises et les Chalonnais vous regardent, ils jugeront nos actes.
En ce qui concerne notre groupe, nous nous refusons à candidater à la présidence d’une assemblée qui, qu’on le veuille ou non, restera attachée au nom de Laurent Froger.
Je vous remercie.
Mairie de Chalonnes-sur-Loire
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