15/03/2023
Un peu d'histoire du Château du Port Hublé
(aussi connu sous le nom Logis de Porthublé)
Le domaine de Porthublé (Portublé et aussi Port-Thublé) doit son nom à un ancien port, situé à proximité, où l'on acheminait jadis des tuiles et des pots provenant de la Chapelle-des-Pots. Le vieux nom de Port-Thublier signifie donc port aux tuiles.
A la fin du XVIe siècle, Porthublé appartenait à une vieille famille saintongeaise, les Gallet, portant d'or au chevron de gueules accompagnés de trois galets de sable pâtés et crêtés d'or. Ces derniers originaires de Fief-Gallet, dont ils étaient seigneurs, exercèrent d'importantes charges municipales à Saintes.
En 1593, Samuel Gallet, était qualifié, seigneur de Porthublé et des Lauriers. De son mariage avec Anne Joly, il eut au moins un fils, auquel revint Porthublé.
En 1615, ce dernier était homme d'armes de la compagnie du duc d'Épernon et époux de Jeanne Poitevin. Moins d'un siècle plus t**d, la terre de Porthublé avait changé de mains.
En 1699, elle appartenait à Claude Latache, sieur de Porthublé, marié à Madeleine Berthus. Sa famille, originaire de Lorraine était venue s'établir en Saintonge dans la première moitié du XVIIe siècle et son père, fondeur d'artillerie, fut échevin de la ville de Saintes en 1660 et 1661. Il semble que cette famille ait conservé Porthublé jusqu'après la Révolution, puisqu'en 1818, Charles-Benjamin et Charles-Benjamin-Jules-Casimir de Latache, frères et propriétaires de Porthublé vendirent le domaine (maison de maître, jardins, etc.) pour 20000 francs à Jean Bechet.
Le 30 décembre 1822, Pierre Corbinaud et son épouse Marie-Julie Moyne de Fléac exercèrent un retrait sur le domaine de Porthublé, puisque celui-ci avait été vendu à reméré, ce qui laissait au vendeur une possibilité de se rétracter. Les frères Latache avaient cédé leur droit de retrait aux époux Corbinaud. Par la suite, Porthublé passa à la famille Brétinauld, bien connue en Saintonge.
On accède au logis de Porthublé par un porche doté de porte cavalière et de deux portes piétonnières, dont l'une à été murée. Porthublé présente bien les caractéristiques du manoir charentais, avec sa longue maison d'habitation au sud, et ses dépendances s'ordonnant autour d'une vaste cour.
Le logis, adoptant un plan rectangulaire, avec pavillon central surélevé, domine, sur sa façade sud, la Charente et la Prée. Cette façade, donnant sur le jardin à la Française de la propriété, a été remaniée à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. En effet, l'ancien logis a été allongé de part et d'autre, en comblant les vides laissés par les bâtiments de la métairie.
C'est à côté de l'un de ces pavillons (sud-ouest) qu'on apposa, en 1976, une belle porte à fronton et à pilastres, datant du XVIIe siècle, et provenant du logis de la Châtaigneraie. La façade, côté cour, est la plus ancienne. On peut y voir une porte en plein cintre, aujourd'hui murée ainsi qu'une tour d'escalier, contenant un escalier de pierre en vis.