20/08/2026
Une histoire pour les nuls !
C. : C’est la dette, mon vieux, désolé… Si tu ne veux pas que tes enfants et petits-enfants soient ruinés, il va falloir payer.
T. : Mais comment ? Déjà que je ne m’en sors pas, j’ai renoncé aux vacances, j’ai des retards de loyer…
C. : Il y a toujours moyen : bloquer ton salaire, geler la retraite de tes parents, ne plus faire rembourser par la Sécu médicaments et soins inutiles, augmenter les tarifs du centre aéré de tes enfants, etc. Bref, il faut se serrer les coudes.
T. : Ce que tu me dis, c’est ce que j’entends tous les jours, à la radio, à la télévision. Mais cette dette, ce n’est pas moi qui l’ai contractée…
C. : Mais tu en as bien profité quand même !
T. : ?
C. : Si la dette ne cesse de grossir, c’est pour relancer l’économie, sans quoi tu n’aurais plus de travail, donc c’est pour ton bien.
T. : Donc il faudrait que je paye avec mon salaire, ma Sécu, mes services publics, le droit d’être de plus en plus exploité ?
C. : Ben oui, d’autant plus que la guerre arrive, il faut la financer, et ça coûte cher.
T. : Mais ce n’est pas moi qui ai décidé la guerre, pas plus que la dette.
C. : Quand même, tu vois Poutine, les Chinois…
T. : Je vois aussi Trump, et son copain Netanyahou, et Macron. Je ne crois pas que ces gens-là préparent une guerre pour me protéger, mais plutôt pour défendre les multinationales et les banquiers. D’ailleurs, cette dette, qui me demande à moi de la rembourser ?
C. : Ceux qui ont prêté cet argent.
T. : Qui ?
C. : Les banques, les grandes institutions financières, elles ont prêté de l’argent, il est normal qu’on leur paie des intérêts.
T. : Ce n’est pas moi qui ai emprunté cet argent pour financer une guerre que je n’ai pas décidée. Sans doute, je n’ai pas toute l’éducation et l’expérience de ceux qui écrivent et parlent dans les médias, mais y a une chose que je sais : comme j’ai deux bras, il y a deux classes sociales. Moi comme travailleur, j’appartiens à une classe sociale qui n’a rien emprunté et je ne vois pas pourquoi il faudrait payer pour une autre classe sociale qui exploite et spécule. Deux classes sociales : ceux qui possèdent les moyens de production et qui exploitent ceux dont ils volent une partie du travail produit. Je ne vois pas pourquoi ça devrait être comme ça. C’est leur dette, c’est la faillite de leur système. Un gouvernement représentant la classe des travailleurs refuserait purement et simplement de reconnaître cette dette et de la payer.
*****
N’est-ce pas là le langage que devrait tenir quiconque se réclame des intérêts de la classe des producteurs ? Tel est en tout cas, en toutes circonstances, le point de vue défendu par La Tribune des travailleurs.
Nos lecteurs l’auront compris : dans ce dialogue imaginaire, T représente le travail et C le capital.