07/03/2026
Bilan de mandature 2020/2026 : aux Cloharsiens de payer !
Le Télégramme du samedi 28 février relatait les propos du maire lors du dernier conseil municipal de Clohars Carnoët du 26/02/2026. Il est question en particulier du déficit de fonctionnement du centre d'interprétation "Gauguin l'Atelier du Pouldu" (GAP)" qui se monterait à environ 95 000 euros, selon les projections faites par la municipalité ; et pour citer le maire, "ce déficit est conforme aux prévisions".
Cette affirmation est fausse, car les prévisions annoncées par Monsieur VACHER du cabinet "Abaque" en conseil municipal le 7 juillet 2021 (donc vérifiable), lors de la présentation de l’étude de faisabilité, étaient de 67 000 euros, basées sur le déficit annuel de l'ancienne maison Marie Henry de 45 000 euros, soit 42 % de plus que prévu !
D'une part, l'opposition actuelle note que pour ces projections 2026, certaines dépenses ont été sous-estimées (comme le réassort boutique) et des recettes surestimées (comme le nombre des entrées payantes), car l'engouement "du neuf" va s'estomper et éroder la fréquentation. Il paraît assez évident que tous les locaux de l'agglomération Quimperloise qui ont fait le déplacement en 2025, n'y retourneront pas obligatoirement tous les ans.
D’autre part, ne sont pas comptabilisé dans ces chiffres, le renouvellement nécessaire de la scénographie (830 000 euros, à la création) à des fins d'attractivité, et l’amortissement des équipements nécessaires aux fonctions muséales, tels que les supports de médiation numériques (audio, vidéo, effets scénographiques, etc.) et le mobilier afférent.
Le déficit annuel de cet équipement sera donc malheureusement bien loin des 95 000 euros annoncés, et sera à charge totale des Cloharsiens.
On comprend mieux pourquoi le Maire de Clohars n’a pas voulu créer un budget annexe pour ce GAP, comme nous, opposition municipale, l’avions demandé, ce qui montrerait la véracité des chiffres, et aurait évité toute contestation et polémique.
Le maire n'a pas voulu créer ce budget annexe, ce qui permet de masquer un peu son coût. Il justifie par ailleurs l'existence des budgets annexes des ports par la réglementation (ce qui est vrai), mais aussi par la multiplicité des utilisateurs qui peuvent être extérieurs à la Commune ; plusieurs de ses discours, dont le dernier pour l'inauguration de la capitainerie, en témoignent. Mais le GAP n'est-il pas dans la même situation ? Qui fréquentera ce musée dans l'avenir ? Comme l'affirme l'actuelle majorité, cet équipement va attirer un nombre importants de touristes (dixit les derniers propos de la majorité en conseil municipal) qui seront bien plus nombreux que les cloharsiens. Un budget annexe pour le GAP en est donc d'autant plus justifié.
Dire que cet équipement ne compte financièrement pas plus que les salles de sport (environ 2 M€, subventions déduites) est un faux argument. Si les cloharsiens peuvent fréquenter les salles de sports plusieurs dizaines de fois dans l'année pour pratiquer des activités, il n'est pas raisonnable de penser que cette même population fréquentera le GAP également des dizaines de fois par an. Le GAP n'est donc pas destiné aux seuls cloharsiens, mais ces derniers sont bien les seuls à payer la facture ! Il n'est donc pas honnête de comparer financièrement ces deux équipements.
Le maire compte sur la phase 2 (expositions temporaires) pour espérer un attrait constant et renouvelé du public. Il engage donc financièrement la municipalité qui lui succède sans autre forme de procès. Tout comme la phase 1, cette phase entrainera des charges de fonctionnement qui viendront s'ajouter pour les années ultérieures (plus de surface à chauffer, à entretenir et à surveiller, etc.), bien entendu.
Par ailleurs, les aménagements réalisés autour du GAP, appelés fallacieusement "aménagements urbains du Pouldu" pour les dissocier du coût du musée, étaient bien annoncé dans le document du programme "centre d'interprétation Gauguin l'Atelier du Pouldu". En effet, à quoi auraient servi ces parkings, et les aurait-on réalisés si le musée n'avait pas été construit ?
Ces aménagements ont coûtés environ 600 000 euros (580 000 pour le parking et aménagements paysagers, plus environ 44 000 euros de dévoiement de réseau eaux usées) ; ils génèreront eux aussi, des charges de fonctionnement pour les maintenir (espaces verts en particulier).
Ces équipements ont été sortis du coût global du projet et, pourtant, dans le chiffrage initial présenté en conseil municipal, ces dépenses d'aménagement faisaient partie intégrante du devis. Il y a eu donc clairement une volonté de dissimulation du coût réel du GAP. En clair il y a eu un dérapage budgétaire majeur du projet.
L'opposition ne souhaite qu'une chose : que cet équipement tourne à plein régime pour éviter aux cloharsiens une facture salée. Mais il y a fort à parier que le déficit pour les années 2028/2030 ne sera pas du tout conforme aux prévisions initiales qui nous ont été présentées en juillet 2021, comme un miroir aux alouettes. Voilà un bel héritage de la mandature qui se termine ... qui n'est pas intégré au "beau" bilan présenté depuis plusieurs mois, dans une campagne électorale précoce !