30/12/2017
Dans le Nord du département de l’Isère, à mi-chemin entre Lyon, Grenoble et Chambéry, cette ancienne tuilerie constitue un ensemble patrimonial particulièrement cohérent. Ce site du XIX° siècle comprend en effet encore l’essentiel de ses installations et abrite les principaux outils de fabrication. Entre 1850, date de sa création par Charles Joseph BERTRAND, et 1933 trois générations y ont assuré la production courante de tuiles mécaniques, plates ou creuses, et plus occasionnellement celle de briques et de carreaux de terre cuite. Prélevée dans les marais des environs immédiats, la glaise, additionnée d’eau était, au début de l’activité, pétrie à l’intérieur d’un bassin circulaire dont l’excavation se devine encore à l’arrière des bâtiments.Puis, vers la fin du XIX°siècle, d’abord un malaxeur, mû par un cheval, puis le moteur à pétrole et enfin le moteur électrique au début du XX°siècle furent utilisés à cette tâche. Le mélange était ensuite mis en forme sur des moules et façonné soit manuellement soit à l’aide d’une presse à vis.
Mises à sécher dans deux séchoirs ouverts sur les côtés dont l’espace intérieur est garni de poteaux de bois, les tuiles étaient cuites pendant 4 jours dans un four dont l’ouverture était, pour l’occasion, comblée de briques et de glaise. Il s’agit d’une construction semi-enterrée en maçonnerie de pierres, galets et pisé, surmonté d’une toiture à deux pans qui repose sur une charpente en bois surélevée pour permettre l’évacuation des fumées. Elle se compose d’une chambre de cuisson voûtée en briques réfractaires et d’un foyer à deux ouvreaux (ouvertures) alimenté en fa**ts de bois. Le déchargement n’intervient qu’une semaine après l’arrêt de la cuisson et le refroidissement de l’installation. Les briques cuites, entreposées à proximité sont alors disponibles à la vente. L’intégrité de ce témoignage de l’activité tuilière, entre artisanat et industrie, a été reconnue par l’attribution en 2008 du label patrimoine en Isère par le Conseil Départemental.
Une partie de la toiture du séchoir principal des tuiles a été restaurée en 2014 en respectant au mieux la construction d’origine. Le label Fondation du Patrimoine m’a été attribué en 2014 pour cette restauration et en 2016, la Fondation du Patrimoine Aurhalpin m’a décerné le premier prix dans la catégorie « réalisation »
Gérard BERTRAND novembre 2017
PROJET 2018
1) Restauration de la voûte intérieure du four de cuisson : celle-ci présente des fissurations pouvant entraîner une fragilisation et un risque de dégradation, suivant un rapport de la société d’ingénierie TECBAT à Bourgoin Jallieu (Isère) de mars 2017.
2)Remise en place d’une ferme de la charpente sur ses 2 pilastres. Le bâtiment ayant subi, probablement au début de l’activité (milieu du 19°Siècle) un léger désiquilibre vers le côté nord ouest du fait de la chaleur, de l’état argileux du terrain et du manque de fondation + reprise des 2 pilastres qui présentent des fissurations entraînant des pénétrations d’eau de pluie.
3)Remise en valeur d’un des deux tunnels d’alimentation des fa**ts de bois qui permettaient la chauffe. Ces tunnels sont actuellement ensevelis sous 1,80 m de terre et présentent des dégradations au droit du mur ouest au niveau du cintre d’entrée.