29/06/2026
[Étude des ossements animaux] :
Les restes fauniques constituent bien souvent une part importante du mobilier archéologique pour de nombreux sites, Briga ne fait pas exception. Avec plus de 400 000 os et dents découverts en vingt ans, l’étude archéozoologique est incontournable !
Les attentes sont multiples : méthodes d’élevage, consommation carnée, pratiques religieuses, artisanats… autant d’aspects que l’archéozoologie vient mettre en lumière.
Quelles sont les étapes d’une étude archéozoologique ?
Après la phase du lavage, place à l’identification. Pour cela, on recourt à l’anatomie comparée : chaque espèce se distingue des autres par la structure de son squelette. Mais plus les espèces sont proches sur l’arbre phylogénétique (par exemple le mouton et la chèvre), plus il est difficile de faire la distinction entre les deux. Par conséquent, il faut un œil averti, car les restes sont rarement entiers, ils se présentent le plus souvent sous forme d’esquilles.
Heureusement, les espèces les plus courantes depuis le Néolithique et encore jusqu’à nos jours sont les bœufs, les porcs et les caprinés, auxquelles s’ajoutent à la période romaine le chien, le poulet, l’oie, et quelques autres. Cette liste restreinte d’une dizaine de taxons facilite grandement le travail.
Dès qu’il est possible, il est important de d’estimer l’âge des animaux, soit par les usures dentaires, soit par la croissance osseuse, et les traces de découpe visibles sur les os nous renseignent sur les techniques de boucherie. Elles permettent aussi de distinguer les animaux consommés de ceux qui ne le sont pas.
Une fois la détermination terminée, les restes sont pesés. Dans l’idéal, ils doivent être enregistrés un par un, pour fournir un inventaire exhaustif. Mais lorsque le temps presse, et qu’il faut avant tout conserver une archive d’un matériel dont la conservation est menacée, les os sont pesés ensemble. C’est ce que l’on nomme le spectre faunique : un décompte des espèces présentes, classées par nombre de restes et par leur masse.