06/06/2026
L'aiguillon du vice ; version féminine.
Avec ce superbe modillon de l'église de Foussais-Payré, voici le pendant féminin de la sculpture de Parme que j'ai partagé hier.
C'est ainsi l'occasion d'aborder, plus en détail, la signification médiévale du tireur d'épine. Car il ne s'agit pas seulement de retirer le mal du corps, par ce geste c'est un avertissement qui est adressé au fidèle avant qu'il entre dans l'enceinte sacrée de l'église. Il s'agit tout d'abord de rappeler la fragilité de la condition humaine. En tenant son pied, l'homme ou la femme provoque une sorte de déséquilibre. Il révèle contre son gré sa condition la plus intime.
Les sexes surdimensionnés démontrent la soumission de l'homme ou de la femme à leurs bas instincts, le pied levé est un avertissement d'une chute spirituelle inévitable, l'épine est la sanction douloureuse du péché imminent. Ce n'est donc pas l'épine seule qui est le symbole du mal, mais bien la faiblesse humaine que l'épine révèle. L'épine d'ailleurs est aussi l'un des attributs de la couronne du Christ.
Comme à Parme, ce modillon est placé au-dessus de l'entrée principale ouest de l'église. Car il s'agit bien d'adresser au fidèle un sermon visuel en créant ce que de nombreux historiens appellent un effet de répulsion, et ces images sont nombreuses.
Un dernier mot enfin, sur la façade de cette église de Vendée, comme à Parme, un artiste médiéval a laissé une signature, une des rares avec un patronyme complet et un lieu d'origine. Giraud Audebert de Saint-Jean-d'Angély.
Saint Hilaire de Foussais-Payré, département de la Vendée aout 2012.