09/04/2025
☝️ Déclaration du groupe Guyancourt en Commun sur le commissariat d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines - Conseil municipal du 8 avril 2025 ☝️
Le commissariat d’agglomération, baptisé « Commissariat de Saint-Quentin-en-Yvelines », est en voie d’achèvement sur la commune d’Elancourt. S’il était effectivement indispensable que nos forces de police nationale puissent travailler dans des conditions dignes, avec du matériel adapté aux évolutions de notre société et dans des locaux permettant d’accueillir dignement les habitants, la construction de ce nouveau commissariat appelle néanmoins un certain nombre de remarques de notre part :
• En matière de financement d’abord, nous ne pouvons que regretter la défaillance de l’Etat, qui n’a pas été capable de prendre à sa charge une compétence dont il a pourtant la responsabilité. La sécurité et l’ordre public sont des compétences régaliennes. A quel titre donc, l’agglomération, le Département des Yvelines et la Région Ile de France, ont-ils majoritairement financé ce projet de 24 millions d’euros ? Depuis quand Saint-Quentin-en-Yvelines est-elle compétente en matière de sécurité, sinon dans l’esprit de son Président et des élus de droite majoritaires qui y voient un moyen non négligeable de concrétiser leur projet sécuritaire et d’en faire un argument de campagne ?
• En matière de moyens ensuite. Nous sommes heureux que les policiers nationaux aient enfin accès à un équipement digne de ce nom et une technologie avancée : stand de tir virtuel, simulateur de conduite, drones. Certes… mais encore faut-il les femmes et les hommes en nombre suffisant pour les utiliser ! Nous ne comptons plus les interpellations de notre Maire au fil des ans pour réclamer les moyens humains nécessaires au maillage du territoire et indispensables pour assurer la sécurité de nos concitoyens.
• En matière de moyens humains, toujours, le regroupement des effectifs de police au sein d’un même bâtiment peut avoir du sens en matière de coordination, mais nous laisse craindre la suppression à moyen ou long terme de notre commissariat local, situé à Guyancourt. La petite musique est maintenant bien installée pour tenter de rassurer la Ville : « pas d’inquiétude, Monsieur le Maire, le Commissariat de Guyancourt restera bien ouvert ». Néanmoins, il n’est pas dans nos habitudes de nous laisser bercer par des refrains apaisants et nous serons particulièrement vigilants en la matière.
Déjà quelques signaux nous alertent :
o Un commissariat de Guyancourt laissé ouvert, certes, mais à des horaires de bureaux : du lundi au vendredi de 8h30 à 18h. Le soir, et le week-end, prière de ne pas avoir à déposer plainte… sinon, il faudra aller à Elancourt.
o Une équipe, nous dit-on, restera sur place. Très bien, mais combien de personnes ? Une, deux ? Et pour combien de temps ? Comment gérer l’envie très naturelle de certains fonctionnaires de police, de rejoindre un bâtiment ultra-moderne ?
La tranquillité publique appelle une réponse coordonnée de multiples acteurs : de la répression, c’est essentiel, mais aussi et en amont de prévention. Depuis de nombreuses années, Guyancourt s’est donné les moyens de renforcer ses actions : extension des moyens de la police municipale, renforcement du réseau de vidéoprotection (près de 800 000 euros investis ces quatre dernières années), refonte du projet des maisons de quartier, devenues Espaces de proximité, plan d’actions en matière d’égalité femmes-hommes … sont autant de mesures que nous avons mises en place depuis 2020. Elles s’ajoutent à toutes les actions éducatives, culturelles, sportives, sociales, indispensables pour conforter le lien social et l’inclusion de toutes et tous.
Et parce que le Département des Yvelines, chargé de la prévention spécialisée, a totalement abandonné ce champ d’action pourtant au cœur de ses compétences, nous réfléchissons à la mise en place d’un système de prévention qui ne soit pas en régie et qui permette à des jeunes en voie de marginalisation de rompre avec l’isolement et de prévenir les risques de délinquance, de maltraitance et de conduite à risque. Il s’agira d’un des axes de notre Stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance, que nous prévoyons de signer à la fin de l’année 2025.