10/05/2020
La colonne de Blagnac:
Après la destruction de la base aérienne de Blagnac et la Libération de Toulouse le 19 Août, une colonne allemande de plus de 130 véhicules quitte Blagnac pour tenter de rejoindre la vallée du Rhône.
20 Août:
Vers 16 heures, une camionnette chargée d'essence avec cinq résistants en mission de ravitaillement rencontre l'arrière de la colonne et un jeune FFI ouvre le feu sur une sentinelle sans la toucher. Celle-ci donne immédiatement l'alerte. Les soldats se mettent alors à tirer. Le chauffeur de la camionnette qui ne peut s'échapper est brûlé vif. Devant le café, la tuerie commence. Les Allemands croyant faire face à des résistants font sortir les joueurs de cartes et les mitraillent contre le mur. Au soir de la tragédie, 19 familles pleuraient leurs disparus, d'autres pansaient les blessés et tout un village meurtri depuis se souvient - La Dépêche du midi.
Pendant ce temps, la colonne bivouaque au Born non loin de Villemur sur tarn.
Le résistant Gérard Roques parti en reconnaissance en moto suivi d'une voiture de maquisard se retrouve nez à nez avec la colonne.Dans l'impossibilité de faire demi-tour,il est arrété, ses compagnons abandonnant leur voiture arrivent à s'échapper.
Un pont proche du Tescou est dynamité, la colonne est contrainte de dévier vers la forêt de Sivens et de quitter la route de Montauban à Gaillac....
21 Août au matin:
La colonne allemande sème la terreur sur son parcours, tirant à tout va. Salvagnac est pilonnée pendant un quart d'heure par les canons anti-aériens.Le groupe Vendôme se prépare pour intercepter la colonne et l'empécher de traverser Gaillac.
Lors d'une pause dans la forêt de Sivens, le maquisard capturé au Born, Gérard Roques est fusillé alors qu'il tente d'échapper à son gardien. Une stèle marque le lieu de son exécution.
21 Août après-midi:
La colonne arrive sur gaillac, tous le groupe vendôme, les maquis martinez et Pi Teixidor sont sur le pied de guerre pour empécher la colonne de traverser Gaillac.Embuscade du pont de la Grate.La colonne est attaquée par les grenadiers du groupe Vendôme.Une partie de la colonne s'engage vers Gaillac, mais est vite refoulée par un barrage sur la route tenu par les maquis Martinez et Pi Teixidor.
A l'arrière du convoi, un camion citerne explose suite a l'attaque des maquisards .Les deux occupants sont retrouvés gisant dans le fossé...
Au niveau de la ferme "Pelissou", la colonne s'interompt un moment pour soigner les bléssés.
Certains témoins affirment avoir vu une partie du convoi au niveau de la "pierre plantée" non loin de Cahuzac.La colonne disloquée par les attaques du groupe Vendôme provoque la dispersion de tronçons du convoi dans des mauvaises directions....
Vendôme qui a regroupé ses troupes sur Buzet ignore que le convoi a suivi un autre chemin. L'apprenant, il fonce sur Gaillac et poste ses hommes à hauteur du stade de Gaillac.les troupes allemandes sont stoppées au niveau du passage grace aux mitrailleuses postées autour de la meunerie. Les allemands sont contraints de faire demi-tour...
Le groupe parti en direction de Cahuzac et celui qui est passé par Tessonières se rejoignent au niveau de Lincarque.
Un groupe de de FTP (francs tireurs et partisans )et de MOI (main d'oeuvre immigrée) attaque le convoi, 5 polonais y laisseront leur vie, leur sacrifice est rappelé sur une plaque de l'église de Castanet. Une partie des troupes allemandes converge vers Villeneuve sur Vère.
La colonne bivouaque entre Castanet et Villeneuve sur Vère.
22 Août 1944:
Au matin du 22 Août, le groupe Vendôme atttaque les allemands qui ont bivouaqué au nord de Castanet, les forçant à un repli vers Villeneuve.
Dans la matinée, les allemands quittent Villeneuve sur Vère par la route de Cordes et descendent sur Albi....
La colonne envoie un émissaire pour demander la traversée de la ville . Mais les maquisards craignent que la colonne ne veuille reprendre Albi et refuse toute négociation...
Lors de la traversée du pont le convoi est attaqué par deux avions venus de Toulouse dont l'un est piloté par Marcel Doret, un as de l'acrobatie aérienne causant de nombreux dégats à la colonne.En haut des lices, des barricades installées devant l'actuel lycée Lapérouse permettent aux maquisards de ralentir la colonne par des tirs nourris...
photo1: emplacement des barricades sur les lices Pompidou.
photo2 et 3: monument aux morts du 22 Août sur l'esplanade des partisans. Les façades des maisons le long des lices portent encore les stigmates des tirs échangés ce jour là....
Arrivés au niveau du Vigan les allemands envahissent les rues adjacentes .Le combat fait rage, un obus incendiaire tiré par les allemands met le feu à la poste qui sera entièrement détruite.
Une partie de la colonne s'engage par erreur vers le boulevard du Lude.
Bombardée à ce moment par les deux avions, des camions explosent propulsant les corps déchiquetés dans les platanes du Lude....
L'autre partie de la colonne se dirige vers Ranteil par la route de Castres.
Le résistant et témoin du passage de la colonne, Yves Bénazech se retrouve à découvert sur l'avenue.Il doit son salut à Mr Vidal habitant au 220 qui ouvre subitement la porte pour lui offrir asile....(actuel emplacement du restaurant Pépé Léon).
Finalement la colonne mettra 4 heures à traverser Albi laissant dérrière elle 26 victimes dont 6 civils.
La colonne traverse ensuite les monts de Lacaune pour rallier l'Hérault...
23 Août:
Après le sabotage du pont de la Mouline, les troupes allemandes prennent position sur les hauteurs pour protéger le chantier de réparation. S'engage alors un combat contre le corps franc de la montagne noire, fort de 120 hommes qui durera jusqu'à la nuit.
25 Août:
Après le harcèlement incessant des maquisards sur le trajet de la colonne, la capitulation et la dislocation de la colonne se fit au niveau de Saint Hippolyte du fort.
La stèle du Figaret rappelle les combats du maquis qui aboutit à la reddition des allemands. Malgrès cette capitulation, des groupes se dispersèrent refusant de se rendre et d'autres combats eurent lieu dans le Var, l'Ardèche, la Haute-Loire, le Gard et l'Ain.....