20/10/2026
Si vous repérez une grosse boule grise en haut d'un arbre ces prochaines semaines, ne la laissez pas « pour l'hiver » : un nid de frelon asiatique encore actif peut libérer environ 500 futures reines, et chacune peut fonder un nouveau nid au printemps.
Le nid apparaît maintenant parce que les feuilles tombent. Il était là depuis l'été, construit haut dans un arbre, souvent à plus de 10 mètres, et peut atteindre 80 cm de diamètre. Selon le Parc national des Cévennes, une colonie peut produire jusqu'à 13 000 individus sur la saison, et dans chaque nid environ 2 000 ouvrières élèvent quelque 500 nouvelles fondatrices.
Tout se joue en automne. De septembre à novembre, la colonie est à son maximum et élève ses futures reines. Puis, aux premières vraies gelées, l'ancienne reine, les ouvrières et les mâles meurent. Seules les jeunes reines fécondées quittent le nid pour hiberner, isolées, sous une écorce ou dans un abri. Passé la mi-novembre environ, le nid est vide. Il ne sera jamais réutilisé, ni par la même colonie, ni par une autre. Le détruire en plein hiver n'a donc plus aucun effet sur la population.
Concrètement, si vous trouvez un nid maintenant : ne vous en approchez pas, ne tirez pas dessus, ne tentez pas de le décrocher. Signalez-le à votre mairie. Depuis la loi du 14 mars 2025, chaque département dispose d'un plan de lutte contre le frelon asiatique piloté par le préfet, et certaines collectivités prennent en charge la destruction. Elle doit être faite par un professionnel, idéalement avant la mi-novembre.
Le point qui fait débat, et qui fâche souvent dans les jardins : les pièges bouteille à la bière ou au sirop. Sans système de sélection par la taille, le frelon asiatique ne représente que 1 à 4 % des insectes capturés, selon des évaluations relayées par le Parc national des Cévennes et l'Institut de l'abeille. Le reste, ce sont des guêpes, des frelons européens, des mouches, des papillons, parfois des abeilles. En automne, ces pièges font souvent plus de dégâts à la biodiversité qu'au frelon. Si vous piégez, utilisez des pièges sélectifs, et plutôt autour des ruchers.
Un nid repéré en octobre, c'est des centaines de reines en moins au printemps. Le même nid en janvier, c'est juste une boule de carton vide.
📚 Sources : Parc national des Cévennes ; Institut technique et scientifique de l'apiculture et de la pollinisation (ITSAP) ; Muséum national d'Histoire naturelle ; loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 ; GDS France