26/05/2026
Le 2e statut des juifs du 2 juin 1941, modifiant la loi du 3 octobre 1940 renforce la traque des personnes israélites. Le médecin Jacques-Charles Bloch figure parmi les victimes raciales et politiques.
Ancien externe et interne des hôpitaux de Paris, il participe à la campagne de Roumanie au sein d’une ambulance pendant la 1re Guerre mondiale – cela lui vaut d’ailleurs la croix de Guerre. Médaillé d’or et prosecteur en 1921, lauréat du concours de chirurgien des hôpitaux en 1926, il exerce en divers lieux : hôpital Lariboisière, laboratoire de la Faculté, Hôtel-Dieu ou maison de santé de Neuilly. Mobilisé en 1939, il dirige l’ambulance chirurgicale lourde 402. En mai 1940, il opère sans relâche tout en organisant l’évacuation des blessés et en sauvant son matériel. De retour à Paris, il reprend son activité de chirurgien en tant que chef de service à l’hospice d’Ivry [Charles-Foix] le 1er janvier 1941. C’est alors qu’il intègre le réseau de résistance CND-Castille, sous les ordres du Dr Chauvenet.
Israélite, Jacques-Charles Bloch est visé par la « rafle des notables » du 12 décembre 1941 qui conduit 743 juifs parisiens au camp de Royallieu à Compiègne. Il est appréhendé par la police allemande à son domicile, 57 avenue Montaigne, alors que le Dr Chauvenet s’était réfugié chez lui un peu plus tôt pour échapper à la Gestapo. Allant ouvrir lui-même la porte de son domicile, il protège sa femme, ainsi que son chef de réseau. Ce dernier témoigne en 1962 : « Vers 6h, la gendarmerie allemande a pénétré dans l’appartement pour y arrêter mon ami. Il s’agissait d’une rafle de juifs. […] Au moment de son arrestation, Jacques Charles Bloch, juif et résistant actif, n’a pas voulu tomber vivant dans les mains des bourreaux. Il a absorbé plusieurs tubes de gardénal et il est mort pour la France le matin même à la clinique Piccini où j’avais pu obtenir que les Allemands le transportent ».
📸 Album de l’internat (Jacques-Charles est le 4e en partant de la droite), hôpital Trousseau, 1910 (Archives AP-HP, C/4240)
📜 Déclaration de décès du 12 décembre 1942 du Dr Bloch, hôpital temporaire Piccini (Archives AP-HP, PCC/10)