19/10/2026
Rassemblement citoyen du 19 octobre 2026 !
Mesdames et Messieurs les élus
Chères Concitoyennes
Chers Concitoyens
Souvenons-nous :
- Sur ce même parvis, nous nous étions retrouvés pour dénoncer l’attaque de la Russie envers l’Ukraine.
- Devant l’école élémentaire, nous étions fort nombreux après l’assassinat du professeur Samuel PATY.
Et d’autres fois encore !
Et à chaque fois, avec l’amertume du moment, nous nous quittions avec l’espoir de ne plus jamais devoir vivre de telles tragédies.
Et nous revoilà à un moment singulier de la vie de notre République !
Quand j’ai pris connaissance de l’appel lancé par l’Association des Maires de France dans la soirée de ce dimanche, je me suis d’emblée interrogé sur ma capacité à produire quelques mots pour ces circonstances que l’on peut sans détour lier à l’horreur.
L’horreur des actes ! L’horreur de l’incompréhension ! L’horreur de l’inacceptable !
Nous sommes Paris !
Nous sommes Limoges !
Nous sommes Lyon !
Nous sommes Marseille !
Nous sommes Bordeaux !
Nous sommes La Roche-Chalais !
OUI La Roche-Chalais, là où il fait bon vivre, là où tout se passe sans cesse pour le mieux, là où nous sommes à l’abri de tout… comme si nous vivions sur une autre planète !
Il ne s’agit en rien pour moi de noircir le tableau local mais qu’on prenne garde aux faux semblants !
Des employés municipaux jamais là où il le faut : mais que font-ils ?
Des responsables de services pourtant compétents et dévoués mais qui n’ont pas la solution toute faite : mais que font-ils ?
Des élus jamais présents au bon moment ou au bon endroit : mais que font-ils ?
Pour ces élus, pour ces responsables de services, pour ces employés, c’est la mairie qui est visée, y compris par l’insulte proférée sans modération en trop de moments !
Et que dire d’un maire qui découvre, via les réseaux sociaux, qu’on est allé jusqu’à détourner des photos de la commémoration hautement symbolique du 8 octobre pour ces familles juives raflées en 1942 en le faisant disparaître desdites photos ?
C’est la mairie qui est visée !
C’est un crachat sur cette écharpe, quel que soit le nom du maire du moment, quelle que soit la commune !
Paris, Limoges, Lyon, Marseille, Bordeaux, La Roche-Chalais : l’écharpe tricolore portée est la même partout !
Alors, fort heureusement, notre mairie n’a pas brûlé mais elle tremble comme toutes les mairies de France.
Les casseurs ne sont pas venus jusque-là !
Mais des Jeunes de notre village sont en recherche de solutions pour leur avenir à construire !
Mais de braves gens comptent très tôt dans le mois ce qu’ils possèdent dans leur porte-monnaie, pour eux, pour leurs enfants !
Mais des plus âgés voient leur condition se dégrader au fil d’un temps qui se remplit de nuages virant du gris au noir !
L’horreur de la casse met sous l’éteignoir ce que le peuple peut vouloir dire.
Et pourtant la mairie est là, faisant avec ses moyens, ne ménageant pas sa peine, mais pouvant jusqu’à être insultée via ses agents, ses responsables, ses élus, son maire, parce que la solution ne vient pas spontanément en claquant dans les doigts.
Le débat permet de faire vivre la démocratie.
Mais les attaques en tous genres, les insultes, certes gratuites, ont le poids et le prix du découragement. La voie de la haine n’est pas la solution !
Le maire peut partir : un autre viendra car RIEN à ce jour n’a arrêté la terre de tourner.
On peut changer les élus, les responsables, les employés : la mairie vivra !
Mais rien ne peut ni ne pourra se vivre sans le respect.
La Liberté n’est pas faire, dire, agir comme on le veut sans le respect dû à autrui !
L’Égalité n’est pas l’uniformité mais parle des mêmes droits et des mêmes devoirs pour chacune et chacun.
La Fraternité n’enlève rien à la différence entre les Êtres à la condition que là aussi le respect soit de mise.
Quant à la Laïcité, elle permet le « vivre ensemble » dans le respect elle aussi de toutes et tous.
J’écrivais hier ceci, prétextant que la langue française, dans sa grande richesse, savait faire le distinguo entre le « ON » indéterminé, venu d’on ne sait où, masqué, casqué, porteur d’engins de haine, et le « NOUS », nous autres simples citoyens engagés dans la Cité, pour la Cité, avec et pour nos Concitoyennes et Concitoyens.
ON a incendié une mairie : NOUS la reconstruirons !
ON a voulu faire tomber Marianne : NOUS la relèverons !
ON a cassé l’outil de travail de nos commerçants et en les pillant : NOUS n’y serons que plus présents.
ON a brûlé tant et tant de véhicules : NOUS nous soutiendrons !
Je crains pour demain !
J’ose me définir comme combattant du « POUR » et non du « CONTRE ».
Mais je vois, je sens qu’au fil du temps, ON me pousse à me battre « CONTRE ».
De quoi avons-nous besoin aujourd’hui pour demain, sinon de clarté, de compréhension !
Trop de décisions venant selon l’expression consacrée « d’en haut » ne peuvent satisfaire le peuple que nous sommes car elles ne sont pas audibles, quel que soit leur fondement, qui plus est pourquoi pas justifié.
Nous avons besoin d’ordre dans le sens d’un équilibre à trouver et qui repose sur la loi sans occulter les aspirations du peuple.
Je salue le travail local de nos gendarmes avec qui mon mandat du moment me fait partager un quotidien non racontable mais souvent ô combien questionnant.
Alors oui cette question « Et demain ? »
Pour ce demain, je salue tous ces éducateurs qui font un travail formidable envers les enfants et les jeunes, mais un travail trop souvent décrié.
ATTENTION à ne pas glisser, si ce n’est déjà fait, vers cette société qui dit « Ça n’est pas ma faute, c’est la faute de l’autre ! »
Alors, dans un élan d’optimisme, je vais aller jusqu’à oser affirmer que ce demain sera celui que nous saurons coconstruire. Je ne veux pas douter !
Battons-nous POUR, POUR que vive la République, POUR que vive la France !
Jean-Michel SAUTREAU
19 octobre 2026