01/10/2026
La mobilisation des lycéens : comment être surpris ?
Jamais nous ne cautionnerons la violence. Mais les réponses policières manifestement disproportionnés face aux lycéennes et lycéens, souvent mineurs, nous interpellent. Surtout quand elles se déroulent à proximité de nos écoles maternelles et primaires. Si les actions de casseurs isolés doivent être condamnés sans aucune réserve, l'Etat doit assurer la sécurité des jeunes qui se mobilisent et souhaitent exercer un de leur droit fondamental en manifestant.
Quel mauvais exemple une fois de plus donné par des adultes !
Mais comment être surpris de ce qui se passe aujourd’hui dans nos lycées ?
Depuis dix ans, les réformes se succèdent, portées par sept ministres successifs. Pendant ce temps, la santé scolaire reste insuffisamment prise en compte, les conséquences du Covid sur la jeunesse n’ont pas été mesurées à leur juste hauteur, les professeurs absents ne sont pas remplacés et Parcoursup demeure une source d’angoisse pour de nombreux jeunes.
À cela s’ajoutent les images de la guerre à nos portes, l’urgence climatique et les incertitudes sur leur avenir.
Derrière les colères, il y a des inquiétudes. Derrière un rassemblement, il y a souvent le sentiment de ne pas être entendus.
On ne peut pas demander à notre jeunesse de croire en l’avenir sans lui donner des raisons d’y croire.
Écouter les lycéennes et les lycéens, prendre en compte leur parole, répondre à leurs inquiétudes : ce n’est surtout pas céder à la colère, c’est prévenir les fractures de demain.
La jeunesse ne doit pas seulement être écoutée quand elle se mobilise. Elle doit être entendue bien avant.
Un grand merci aux enseignants et à tous les personnels éducatifs qui, chaque jour et dans ces moments de tension, restent aux côtés de ces jeunes, les accompagnent et tentent de leur donner des repères dans un monde incertain.
Ne détournons pas le regard. Écoutons notre jeunesse. C’est notre responsabilité collective.
Léa Crestois Clément Cunin Olivier Godin Brahim Jlalji Océane Mariel Flora Frbtg Maryline Simoné