31/07/2026
Communiqué de Sortir du nucléiare Tregor:
L'association Les Voix du nucléaire engage une campagne de promotion de l'industrie nucléaire en Bretagne durant l'été. Une initiative qui ne peut qu'interpeller alors que nous venons tout juste de commémorer les 40 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
Si la Bretagne, comme d’autres régions de France n'est à ce jour pas autonome en terme d'électricité c'est avant tout parce que l’État s'est refusé depuis 50 ans à soutenir le fameux projet Alter-Breton basé sur les renouvelables et la sobriété énergétique…
Et c'est par contre grâce à la lucidité de sa population que l'abandon de Plogoff lui permet de ne pas héberger un site radioactif hautement explosif en cas de guerre ou de menace terroriste.
La centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine nous rappelle en effet que les sites nucléaires deviennent d’une dangerosité absolue en cas de guerre. Chaque centrale devient alors une cible privilégiée. Aujourd’hui les habitants de Zaporijia vivent dans l'angoisse quotidienne que leur centrale nucléaire ne soit attaquée par des engins militaires.
Et puisque Les Voix du nucléaire comparent la Bretagne à la Normandie hyper nucléarisée, souvenons-nous qu’au lendemain des attentats du World Trade Center il a fallu renforcer militairement la protection du site nucléaire normand dans la crainte qu’un avion de ligne ne vienne s’écraser sur La Hague…
Par ailleurs, comment ignorer le fait que le nucléaire français dépend à 100 % des importations de l’uranium nécessaire au fonctionnement de toutes ses centrales. Tout comme le pétrole, cet uranium provient en effet à 100% de l'étranger. Or les tensions géopolitiques que nous connaissons aujourd'hui nous rappellent combien il est dangereux de dépendre de pays producteurs d'uranium aux régimes bien souvent très peu démocratiques.
De même, comment passer sous silence le fait que la filière nucléaire française, dépend de la Russie notamment en terme d'enrichissement de l'uranium. Or à l'heure où l'on meurt toujours sur le front ukrainien, les liens de partenariat et donc de dépendance nucléaire et de complicité avec la Russie de Poutine ne font que s'amplifier. Le CEA français poursuit ainsi activement sa « collaboration » avec le russe Rosatom...
Lors de la lutte de Plogoff, le lobby nucléaire nous promettait une rapide solution pour ses déchets. Aujourd'hui, après les avoir jetés en mer, on s'apprête tout simplement à les stocker dans une immense poubelle à Bure. Et cela, pour des milliers d’années… Nous ne voulons pas de ce type de poubelle en Bretagne.
Nous constatons aujourd’hui que ce n’est que face à la tragédie des mégas feux de Gironde que certains reconnaissent enfin une menace climatique pourtant annoncée depuis plus de 40 ans… Attendrons-nous de nous trouver face à une méga catastrophe nucléaire pour enfin reconnaître le caractère inacceptable de cette technologie ?…
En matière d’énergie, une seule voie possible : sobriété plus renouvelables.
Nukleel ?… Nann trugarez !