03/08/2026
Retrouvez ci-dessous le courrier de l'opposition à la chaine TF1 suite à son reportage sur notre commune :
Madame, Monsieur,
À la suite du reportage diffusé sur TF1 consacré aux nuisances sonores prétendument causées par le City Park du Breuil-sur-Couze, je souhaite exprimer mon profond étonnement quant au traitement de ce sujet.
En donnant exclusivement la parole à une habitante se présentant comme victime de nuisances, votre reportage laisse croire qu'il s'agit d'un problème majeur pour la commune. Or cette présentation est particulièrement réductrice puisqu'elle repose sur le témoignage d'une seule personne, sans qu'aucun élément de contexte, de contradiction ou de mise en perspective ne soit apporté au téléspectateur.
Le rôle d'un média national n'est-il pas précisément de confronter les points de vue, de vérifier les faits et de présenter l'ensemble des enjeux d'une situation ? En l'espèce, le reportage donne davantage l'impression d'illustrer un conflit de voisinage que de traiter une véritable problématique d'intérêt général.
Le Breuil-sur-Couze est une commune rurale de 1 040 habitants, enclavée entre une autoroute, une voie ferrée et une zone inondable. Son centre-bourg est traversé par une route départementale. Malgré ces contraintes, notre commune s'efforce depuis plusieurs années d'offrir à ses jeunes des équipements indispensables à leur épanouissement.
Pour les enfants et les adolescents vivant au village, le City Park constitue l'un des très rares lieux leur permettant de pratiquer une activité physique, de se retrouver et de construire une vie sociale autrement qu'à travers les écrans.
Durant les épisodes de canicule, il est parfaitement compréhensible que ces jeunes aient fréquenté cet équipement davantage en soirée, lorsque les températures devenaient enfin supportables. Peut-on réellement leur reprocher de jouer au football ou au basket plutôt que de rester enfermés chez eux ?
Contrairement à ce que peut laisser croire votre reportage, le City Park ne fonctionne pas sans limite. Il n'est plus éclairé après 22 heures, ce qui met naturellement fin à son utilisation. De plus, le nombre relativement faible d'adolescents dans notre commune rend impossible une fréquentation permanente telle qu'elle semble être suggérée.
Votre reportage omet également de préciser que cet équipement s'inscrit dans un espace destiné aux familles, comprenant un jardin pour les enfants de 3 à 6 ans, et que plusieurs habitations existaient déjà à proximité lors de sa réalisation. Deux autres maisons pourront d'ailleurs y être construites.
La véritable question est donc celle de l'équilibre entre intérêt individuel et intérêt collectif.
Peut-on remettre en cause un équipement public utilisé par l'ensemble des jeunes d'une commune parce qu'une seule personne considère que leur présence constitue une nuisance ? Peut-on demander à une commune rurale de renoncer à offrir des espaces de sport et de rencontre à sa jeunesse au seul motif qu'ils génèrent quelques manifestations normales de la vie quotidienne ?
La plaignante explique avoir choisi de s'installer au Breuil-sur-Couze pour échapper aux nuisances de la région parisienne. Ce choix est parfaitement respectable. En revanche, il paraît difficile de considérer qu'une commune devrait renoncer à faire vivre ses équipements publics afin de satisfaire une exigence de silence absolu. Vivre dans une petite commune implique également d'accepter les manifestations normales de la vie collective : les enfants qui jouent, les jeunes qui pratiquent un sport, les activités associatives ou les événements locaux.
Les communes rurales souffrent déjà de la fermeture progressive de leurs services et du départ de leurs jeunes habitants. Les élus ont la responsabilité de maintenir une qualité de vie attractive en proposant des équipements adaptés. Durant six années, nous avons fait le choix d'investir prioritairement pour la jeunesse : modernisation de l'école avec des tableaux numériques, amélioration des équipements sportifs et création de lieux de rencontre.
J'ai exercé les fonctions de première adjointe pendant six ans et je siège aujourd'hui dans l'opposition municipale.
Je tiens d'ailleurs à rétablir un fait objectif : contrairement aux déclarations entendues dans votre reportage, l'actuel maire ne s'est jamais opposé à la création du City Park. Il avait lui-même participé à l'acquisition du terrain par l'intermédiaire d'un établissement public foncier en vue de cette réalisation. Le règlement du City Park a été adopté après débat en conseil municipal, sans aucune opposition de sa part ni de son groupe, qui a voté favorablement.
Enfin, il est essentiel de rappeler qu'à ce jour, cette contestation demeure isolée. Aucun élément n'a été apporté dans votre reportage permettant de démontrer que cette plainte serait représentative du ressenti des habitants.
En présentant ce dossier sous le seul angle d'une plainte individuelle, sans recueillir la parole des familles, des utilisateurs, des anciens élus ou d'autres riverains, votre reportage ne permet malheureusement pas au public de comprendre les véritables enjeux. Il transforme un débat local complexe en une opposition simplifiée entre une riveraine et une commune, au détriment de la réalité.
Informer consiste à donner les éléments permettant au public de se forger une opinion éclairée. En l'espèce, le manque de contradiction, de contextualisation et de vérification des faits conduit à une présentation incomplète de la situation, qui ne rend pas justice aux efforts consentis par notre commune pour offrir à sa jeunesse des équipements dont elle a profondément besoin.
Je regrette sincèrement qu'un sujet aussi important pour la vie de notre commune n'ait pas fait l'objet d'une investigation plus approfondie, plus équilibrée et plus conforme aux exigences d'une information complète.
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Hélène SERVAYRE