09/03/2026
Aujourd’hui nous sommes très fiers de partager avec vous une interview d’un de nos ancien apprenant en Français Langue Etrangères !
Nous pouvons vous l’avouer… nous avons tous été très émus de lire les superbes mots de Lukau
Pouvez-vous me décrire votre parcours avant d’arriver à l’Aham ? Comment avez-vous découvert l’association ?
« Je viens de l’Angola où je parlais portugais, et je suis arrivé en France en 2013. J’étais au foyer, au quartier des Neiges. C’était compliqué car je ne parlais pas français. J’avais parlé de ma situation avec mon assistante sociale, qui m’a inscrit à l’Aham au quartier de l’Eure. J’ai commencé à apprendre la langue française avec Simone pendant 2 à 3 mois au quartier de l’Eure, avant d’être transféré ici.
Pour moi, l’Aham était une bénédiction. C’est ici que j’ai commencé à faire mes premiers pas dans l’apprentissage du français. Je voulais apprendre le français pour m’intégrer et montrer que j’aimais le pays. Le matin, j’allais à l’AREC (centre de formation de la langue française) pour suivre des cours, et à l’Aham l’après-midi. Je m’étais aussi fait des amis français pour parler la langue. J’ai passé des examens à l’alliance française dont j’ai été diplômé. Puis je suis allé à l’Université du Havre pour obtenir le diplôme de Langue et Civilisation Française, qui a été financé par la région. Je me suis beaucoup investi pour apprendre le français et la culture du pays. »
Qu’avez-vous pensé de l’accompagnement à l’Aham ? En quoi ça a été un tremplin pour votre insertion sociale et professionnelle en France ?
« Laoiria est quelqu’un qui m’a appris beaucoup de choses. Quand je suis arrivé, j’ai vu sa volonté de nous transmettre ses connaissances. Elle était toujours là pour répondre à nos questions, et à l’écoute de nos problèmes malgré des situations administratives pouvant être difficiles. Elle fait son métier avec amour. Je me sentais bien ici, à l’Aham. On était en famille, avec les collègues. On avait presque les mêmes situations. Et Laoiria était à l’écoute. Au niveau professionnel, elle a été la première personne à me montrer comment travailler les C.V, passer des interviews, valoriser mon parcours, etc.
À l’Aham, j’étais comme un bébé qui faisait ses premiers pas dans l’apprentissage de la langue française, et l’intégration en France. »
Pouvez-vous me parler de votre parcours depuis que vous avez quitté l’Aham ?
« Je suis passé par l’AHAM et l’Université du Havre en attendant d’avoir mon titre de séjour en France. Une fois que je l’ai eu, j’ai commencé à chercher du travail, pour poursuivre mon intégration. J’ai déposé des C.V au Havre, à Deauville, et même à Rouen.
J’ai trouvé un poste en hôtellerie à Deauville, et mon titre de séjour a été prolongé après avoir commencé à travailler. Mon directeur m’a gardé car il appréciait mon travail et ma détermination. J’ai commencé comme commis, puis j’ai été chef de rang, et je suis maintenant chef de rang expérimenté. J’ai continué de montrer ma détermination lorsqu’un nouveau directeur était arrivé, et j’avais des nouveaux contrats chez eux. J’ai fini par avoir un CDI et mon appartement. À ce moment-là, j’ai voulu avoir ma carte de résidence de 10 ans. Alors j’ai entamé la démarche avec l’association AHSETI, qui a été acceptée après 6 mois.
2 ans après, j’ai demandé la nationalité française pour pouvoir voter aux prochaines élections, être un citoyen. Je suis revenu à l’Aham pour faire mes démarches avec Fabrice. On a fait mes dossiers, qui ont été envoyés en 2023. Je suis resté positif et, le 8 janvier de l’année dernière, j’ai eu une réponse disant que j’ai obtenu la nationalité française.
Aujourd’hui, je travaille toujours à l’Hôtel du Golf à Deauville. C’est un privilège car je côtoie des personnes qui passent à la télé comme des stars, des députés, des avocats, des médecins, etc.
J’aime la France, j’aime ce pays qui m’a donné l’opportunité d’avoir ce quotidien. »
Avez-vous un message à transmettre aux personnes arrivant à l’AHAM ?
« Il ne faut pas baisser les bras même si la situation est difficile, parce qu’il y a toujours des exceptions dans la vie. C’est grâce à l’Aham que j’ai commencé à parler français. Je pense que cet endroit doit continuer à exister, car il aide beaucoup de personnes. Je suis arrivé en 2012 et je me souviens des collègues qui étaient dans la même situation que moi. Aujourd’hui, chacun fait sa vie. Courage à ceux qui sont ici, à l’Aham, et ceux qui vont venir à l’Aham. Respect à cet endroit, dont je suis le témoin vivant. »