20/09/2026
🔴Nous étions nombreux ce matin pour rendre hommage aux 218 patriotes fusillés par les Allemands dans les fossés de la Citadelle d'Arras. En grande majorité communistes, même s'ils ne l'étaient pas tous, ils sont morts pour que la France vive. Merci aux associations qui entretiennent cette mémoire et organisent cette cérémonie, année après année.
Extrait de l’ultime lettre de Joseph Delobel, mineur, membre des Jeunesses communistes et des FTPF à Noyelles-Godault, fusillé le 24 juillet 1942, lue par Serge Dreze lors de la cérémonie :
« À ma famille, à notre grand Parti et aux Jeunesses Communistes,
Ce n’est pas sans peine que je vous écris ces dernières lignes au nom de tous mes camarades victimes de la barbarie des teutons.
Nous avons tous été arrêtés fin avril, début mai. Dans les quinze premiers jours, nous avons subi interrogatoires sur interrogatoires, accompagnés chaque fois de « passages à tabac » tels qu’ils se pratiquaient il y a cent ans. A chaque interrogatoire, on était certain de recevoir sa ration de coups de bâton avec un clou au bout, de coups de cravache et de matraque, sans oublier le passage dans l’obscurité à la cave ; pendant que l’une de ces brutes nous lançait les rayons de sa lampe électrique, les autres, à deux ou trois, nous battaient.
Il fallait dire la vérité suivant le désir des bourreaux, dénoncer les camarades, autrement c’était la grêle de coups qui tombait. Je vous citerai une réflexion telle qu’elle m’a été faite. « Si vous ne dites pas la vérité, on vous passera les pieds au feu, on vous tuera aux trois quarts et vous serez conduit au poteau d’exécution ». Après cela, on me répéta plusieurs fois « Ton compte est bon ».
Mes chers camarades, soyez certains que nous avons fait notre devoir et que nous n’en éprouvons aucun regret. Nous avons été les bons soldats du Parti et de la France. Que cet exemple ne soit pas inutile, car il faut que la France vive et que notre grand Parti fasse sa place dans un régime meilleur où le peuple qui travaille doit imposer sa volonté. Nous partons avec la consolation de voir qu’Hitler n’a pas pu faire son offensive et que les vaillantes Armées Rouges le tiennent en haleine, l’usant petit à petit.
Le triomphe est certain, le nazisme et le fascisme sont à la veille de mourir pour toujours.
Camarades, mes bons amis, je vous dis adieu, vous assurant qu’avec tous les frères de misère, nous irons au poteau d’exécution la tête haute, les poings serrés en disant de toute notre force : Vive le grand Parti communiste ! Vive la France !
Chers parents, j’ai la satisfaction de vous écrire ainsi qu’aux camarades, courage et adieu ! »