02/09/2025
Nous ne serons pas candidats pour les prochaines élections municipales
- pas de chance
Ce n'est pas le point le plus important, mais c'est celui qu'on doit aborder en premier : nous n'avons pas de chance de l'emporter. Si on se présente aux élections, c'est pour gagner, ou au moins pour influer ; or cela ne se produira pas. Bien sûr, notre campagne de 2020 n'a pas été parfaite ; bien sûr nous aurions pu faire mieux. Mais nous avons été battu dès le premier tour et même en doublant nos votes, nous n'aurions pas été un concurrent sérieux. Il faut admettre que l'équipe au pouvoir dispose de relais et d'un réseau suffisamment solide pour enlever toute chance à une véritable opposition tant que la majorité des citoyens s'abstient, ce qui ne semble pas évoluer. C'est une vraie question : les Lognots se sont habitués à déléguer la gestion de la ville à un clan et ça n'est pas prêt de changer. Ce problème est bien plus général, et Lognes n'est pas le pire exemple : Ce groupe n'a pas tous les défauts même s'il manque clairement de compétence. Nous ne pouvons nous résigner à accepter cette gestion au petit pied comme une fatalité, mais pour l'instant, nous n'avons pas de moyens de l'enlever ...
- pas de démocratie
Par un travers bien français, il n'y a aucune démocratie locale. Le clan au pouvoir n'admet aucun partage de responsabilité, aucune véritable négociation, aucune reconnaissance de ce qui n'est pas son groupe dirigeant, qui lui-même se réduit à un très petit nombre de personnes, et qui s'épure encore. Tout échange se résume à un évitement. Comme dans les négociations salariales françaises, seul le rapport de force compte, et celui-ci est figé dès l’élection. Même Steve qui s'est toujours placé dans un rôle d'opposant constructif n'a eu aucune écoute. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner que ceux qui défendent la ville contre le programme de liquidation immobilière ne reçoivent que des refus polis, quand encore on répond à leurs questions. Nous ne sommes pas en Allemagne où les décisions sont discutées ; ici, tout est déjà réglé hors du champ public. Certes, ils sont seuls, enfermés dans le mépris qu'ils ont de la population. Maigre consolation et mauvais présage pour l’avenir.
- pas d'ambition
Il y a une tentation de repli sur soi que l'on peut constater à Lognes comme ailleurs. Les affaires publiques sont abandonnées à des "spécialistes", que l'on pourra ensuite critiquer au nom d'un "ressenti". Cette attitude de consommateur n’est pas adulte. Les dirigeants ont favorisé l’infantilisation des citoyens et s’étonnent de récolter des enfants capricieux. Certains fuient les conflits en s’imaginant que ne pas voir les menaces les feront disparaître. S’imagine-t-on que l’on pourra changer de planète ? Il n'y a pas que les dirigeants pour être "hors sol". Notre niveau d’éducation baisse et cela se retrouve chez nos décideurs. Loin d'être des techniciens expérimentés comprenant la complexité des questions sociales, économiques, urbaines ou écologiques et essayant d’avoir une stratégie, ces technocrates ne sont occupés qu'à leur "communication", à l'augmentation et à la pérennisation de leur pouvoir. Cette démagogie n’est pas pour rien dans l’abstention, comme dans les addictions. Ne pas s'occuper de la politique, c'est la laisser aux pires sectaires. Un fatalisme désabusé, voire déconstruit, ne nous mènera qu'à des catastrophes, à Lognes comme ailleurs. Nous avons simplement plus à perdre à Lognes et en France.
Notre bonheur est fragile. La démocratie, la sécurité sociale, notre relative richesse, notre cohésion sociale, notre solidarité, notre éducation, notre civilisation ne se maintiennent pas tout seuls. Si une génération n’entretient pas ces liens , ils seront rompus par des gens qui ne font pas mystère de vouloir nous asservir. Nous gaspillons notre économie, notre écologie et jusqu’à notre transmission comme si seul aujourd’hui avait de l’importance. L’honnêteté, l’équilibre, la franchise, la raison sont oubliés au profit d’une sensibilité exacerbée et d’un égoïsme radical. Les gens feraient bien de faire attention à leur isolement et à cette volonté d’être pris en charge car elle peut finir par se réaliser. Des menaces extérieures réclament des citoyens responsables. Le seront-ils ?