27/01/2026
Bains do**hes
Nager ce n'est pas se laver, mais si aujourd'hui l'eau courante, court dans chaque logement et qu'il suffit de tourner le robinet pour se laver, ce ne fut pas toujours le cas.
Certes, a la campagne une bassine d'eau ( souvent une lessiveuse en zinc) et un savon suffisait, en ville, il était plus compliqué de se laver. Pourtant les Lyonnais qui ont de la mémoire historique ont compris depuis la peste que l'hygiène et la propreté de la cité sont de salubrité publique.
L'art de nager est une spécialité lyonnaise. Guignol dût répondre ainsi à la question: “Sais-tu nager ?”
“Pardi, je suis Lyonnais !”
On disait également qu’un gone apprenait à nager avant de savoir marcher .
En même temps, la ville est bordée d'eau et les Lyonnais faisaient des piscines (Taz n'existait pas encore, pourtant) sur la rive avec des bateaux qui coupaient le courant. Les lyonnais se baquaient dans l'Rhône et la Saône avant que l'eau n'arrive chez eux.
Au XIXe siècle, Lyon et Paris ont en effet été les berceaux des bains publics. Notamment au travers des « bèches », des bateaux recouverts d’une toile, destinés à l’origine à faire des promenades ou à traverser la Saône quand la rivière ne comptait que deux ponts. Par extension, le mot a fini par nommer ces établissements de bains. C’est en 1807 qu’un sieur Raibaud est d’ailleurs autorisé à amarrer un bateau destiné aux bains sur les quais du Rhône.
Par ailleurs, à Lyon il existait les bateaux lavoir pour la propreté du linge.
Amarrées sur les rives du Rhône et sur la Saône, les plattes étaient des bateaux à fond plat permettant de laver directement le linge au contact de l'eau froide du fleuve. À partir de 1860, ces « bateaux lavoirs » se modernisent.
Arrivent les bains do**hes et lavoirs.
Les do**hes municipales, également appelées bains-do**hes, constituent un service public d'hygiène.
En France, le bain-do**he sont inspirés du modèle anglais puis allemand.
C’est en effet en Angleterre que sont édifiés dès le milieu du XIXe siècle des bains et des lavoirs populaires dans toutes les villes minières.
Dès 1854, L. Viguier, médecin hygiéniste, est le premier en France à en exposer les avantages, en prônant une toilette très courte, économique, par aspersion sous la do**he. Les bains-do**hes associés à des lavoirs vont se développer très lentement après 1892 ; ce sont à l’origine des initiatives privées dont certaines dues à des œuvres sociales.
A Paris, c'est en 1898, que sont créés des bains-do**hes à bon marché.
Conçus pour le peuple, afin de permettre un lavage rapide et peu coûteux, voire gratuit, c'est une préoccupation politique. Mais il faudra attendre la loi du 15 février 1902 appelée Charte de l’hygiène publique, pour voir la création d’établissements municipaux.
Lyon est une ville où l’hygiène publique a toujours été considérée comme importante. A la fin du XIXe siècle, la municipalité commande à la société Madeleine-Lez-Lille huit “chalets” de bains par aspersion qui seront installés sur certaines places de la ville.
Lyon a été un pôle de l’hygiénisme en France au cours de la première moitié du XXe siècle. Une prise de conscience s’effectue peut-être lors du conseil municipal du 24 décembre 1923 où l’adjoint au maire de Lyon Antoine Charial alerte sur la situation sanitaire des quartiers ouvriers de la ville et la nécessité de créer des bains-do**hes.
Sept établissements de bains municipaux ont été construits à Lyon, dans un laps de temps très bref, entre 1929 et 1934. Une dernière construction, datée de 1967, concrétise un projet élaboré dans les années 1930. Le dernier de ces établissements municipaux demeurant en activité, est situé 4 impasse Flesselles (Lyon 1er). Il a été construit par les architectes de la Ville : Robert V. A., Marin J et A. Chollat. Il est intégré dans le périmètre UNESCO, mais malgré sa réelle valeur urbaine et patrimoniale, il a été exclu de l’Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP) qui concerne les pentes de la Croix-Rousse (Lyon 1er). On y trouvait un lavoir au rez-de-chaussée et des bains-do**hes au premier étage.
Les bains do**hes ont été définitivement fermés en 2016. D’abord réinvesti temporairement par le théâtre du “Lavoir public”, le bâtiment a été ensuite repris par l’association culturelle “Lavoir au public”.
Le lavoir se compose de deux parties : le “dégraissoir” avec un grand bassin (environ 9 m de long) couronné de 20 “planches à laver” en pierre, associées chacune à un siège numéroté, et le “rinçoir” avec un petit bassin (environ 3,50 m de long). Tout autour sont disposées une vingtaine de lessiveuses. Un séchoir, une salle pour l’essoreuse et deux WC entourent l’espace du lavoir. Sur le plan était prévu à l’origine un autre lavoir de grandes dimensions. Le plan des bains-do**hes, très fonctionnel, juxtapose de part et d’autre d’un large couloir central des alignements de 24 cabines individuelles, avec deux WC précédés de vestiaires. Les six baignoires d’origine n’existent plus.
Ce bâtiment est très bien intégré à la topographie des pentes de la Croix-Rousse. Il fait partie d’un petit ensemble urbain des années 1930 comprenant les écoles primaire et maternelle Victor Hugo, ainsi que la salle municipale Paul Garcin.
Des logements étaient prévus dans le programme de l’Ecole de tissage de Lyon réalisée à proximité par l’architecte Tony Garnier, mais n’ont pas été réalisés. Ces bains-do**hes et le lavoir étaient à l’origine fréquentés par la population ouvrière de la Croix-Rousse.
Ouvert gratuitement du lundi au vendredi de 7h30 à 18h sans interruption, le bain do**he était fréquenté majoritairement par des personnes en situation précaire (300 entrées par jour).
A côté des établissements publics municipaux, d’accès peu coûteux et destinés à une clientèle modeste, il a existé à Lyon de nombreux établissements privés, à signaler toutefois deux exemples semi-privés : celui du lavoir localisé au 99 rue Sully et celui des bains-do**hes situés au 126 grande rue de Monplaisir qui sont concédés par la Ville de Lyon à des particuliers.
Ainsi, entre 1950 et 1970, il existe une vingtaine d’établissements privés, qui portent le nom de leur propriétaire ou plus rarement des appellations plus imagées : Petites do**hes lyonnaises, Les do**hes de la Plaine, Bains-do**hes du plateau, Modern do**hes…
( Sources wikipedia, tribune de lyon, archives de Lyon...)
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