07/10/2025
Édouard Philippe sur RTL
07/20/2025
Malgré la sincérité et la dignité de Sébastien Lecornu, le jeu politique que nous donnons à
voir aujourd’hui est affligeant. Je vois chez les Français un mélange dangereux de désintérêt
et de consternation. Personne n’y comprend rien, mais tout le monde voit bien les postures.
Le résultat est là, la crise partisane est devenue une crise de l’Etat. Et ça je ne le supporte
pas. Ce qui se joue, ce n’est pas simplement l’incapacité de partis de s’entendre pour former
un gouvernement et doter le pays d’un budget. Ce qui se joue, c’est la continuité et l’intérêt
supérieur de l’Etat. L’Etat se délite. La France n’est plus gouvernée et l’Etat n’est plus tenu.
Or, celui qui, sous la Vème République, est en charge de l’Etat, le chef de l’Etat, c’est le
Président de la République. Sous la Vème, c’est lui qui doit trouver la solution. Mais la vérité,
malheureusement, c’est qu’il est souvent celui qui a créé le problème. La vérité, c’est que le
président est largement responsable de cette situation de crise. Le Président, il doit servir les
institutions, pas s’en servir. Or, il a changé le premier ministre à contretemps. Il a dissous à
contretemps. Il a voulu garder le pouvoir à contretemps.
Dans ce contexte, c’est à lui de prendre une initiative. Je ne suis pas du tout sur la ligne des
Insoumis qui expliquent qu’il faut la destitution du Président. On ne contraint pas le Président
de la République à partir. Je ne suis pas pour sa démission immédiate et brutale, elle aurait
un impact terrible, elle interdirait une présidentielle dans de bonnes conditions et le débat
dont le pays a besoin. Je ne suis pas non plus favorable à une nouvelle dissolution, elle ferait
courir le risque terrible qu’il n’y ait pas de majorité et que la France soit encore plus
ingouvernable.
Mais le Président s’honorerait s’il nommait un PM qui aurait pour unique mission de faire
adopter un budget et s’il annonçait l’organisation d’une élection présidentielle anticipée à
l’issue de l’adoption du budget.
Le Président de la République a la responsabilité immense d’être le chef de l’Etat. Ça n’a rien
à voir avec l’homme : j’ai du respect et de l’estime pour lui. Mais face à la l’affaissement de
l’Etat, la décision à la hauteur de sa fonction serait de garantir la continuité des institutions
en partant de façon ordonnée.
Je vous dirais aussi qu’il y a un précédent et qu’il est digne et exemplaire. C’est ce que le
général a fait en 1969, et ça n’a pas plongé le pays dans le chaos, au contraire, cela a permis
d’avancer.
Édouard Philippe
Horizons
Xavier Bonnefont
Thomas Mesnier
Horizons Cœur de Charente