18/10/2026
À LIRE DANS LE MARCILLIEN
Septembre 1914 : Marcilly au cœur de la bataille de l’Ourcq :
En septembre 1914, quelques semaines seulement après le début de la Première Guerre mondiale, la guerre arrive aux portes de Marcilly.
Dans le cadre de la première bataille de la Marne, les combats de l’Ourcq opposent, durant plusieurs jours, les armées française et allemande dans notre région. Dès les 4 et 5 septembre, les forces allemandes sont présentes dans le secteur de Marcilly et de Chambry. Les combats s’intensifient avec la contre-offensive française.
Le 6 septembre, plusieurs unités françaises atteignent Marcilly. Le 276e régiment d’infanterie arrive notamment dans le village sous un violent feu d’artillerie allemande. Les soldats prennent position à l’intérieur du village tandis que les combats se poursuivent dans les environs.
Le 69e bataillon de chasseurs à pied participe également aux opérations. Dans la soirée du 6 septembre, ses hommes sont déployés autour du cimetière de Marcilly et face à la râperie située au carrefour des routes d’Étrépilly et de Barcy.
Les journées des 7, 8 et 9 septembre restent particulièrement violentes. Le 69e bataillon participe notamment aux combats d’Étrépilly et subit de lourdes pertes sous les bombardements de l’artillerie allemande.
Le destin tragique du sergent Louis Barbet :
Parmi les soldats engagés à Marcilly se trouve un jeune homme de 25 ans, Louis Eugène Sylvain Barbet, connu sous son nom de plume Louis Dulhom-Noguès. Poète, il avait publié en 1914 son premier recueil, La Première G***e. Sergent au 69e bataillon de chasseurs à pied, il participe aux combats de la bataille de la Marne.
Le 8 septembre 1914, à Marcilly, un éclat d’obus le blesse mortellement alors qu’il écrit une lettre à sa mère. Transporté dans l’école du village, ses camarades rapportent qu’il trouve encore la force d’écrire à la craie sur le tableau noir un message célébrant les unités françaises engagées dans les combats :
« Le 29e chasseurs à pied, le 354e d’infanterie et le 361e ont battu les Prussiens, ici les 4 et 5 septembre. Vive la France ! »
Louis Barbet meurt à Marcilly des suites de ses blessures. Il y est d’abord inhumé avant que sa dépouille ne soit transférée en 1921 à Aventignan, dans les Hautes-Pyrénées.
Son nom figure aujourd’hui parmi ceux des 560 écrivains morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale, honorés au Panthéon.
Les archives militaires permettent aujourd’hui de retrouver les noms de soldats morts à Marcilly au cours de ces journées. Ainsi, Raymond Leboeuf, soldat du 69e bataillon de chasseurs à pied, est officiellement déclaré « Mort pour la France » à Marcilly le 7 septembre 1914.
Se souvenir de cette histoire, c’est aussi rendre hommage à ceux qui, il y a 112 ans, ont vécu et combattu ici.